mercredi 18 septembre 2019 08:04:20

Christopher Ross : «La situation au Sahel rend le règlement de la question sahraouie plus urgent que jamais»

La situation au Sahel rend le règlement de la question sahraouie plus urgent que jamais, a affirmé lundi à Alger l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross.

PUBLIE LE : 02-04-2013 | 23:00
D.R

La situation au Sahel rend le règlement de la question sahraouie plus urgent que jamais, a affirmé lundi à Alger l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross. "La situation dangereuse dans la région du Sahel et son voisinage rend une solution plus urgente que jamais", a déclaré M. Ross à la presse à l'issue de l'audience que lui a accordée le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Il a indiqué que sa visite en Algérie entre "dans le cadre d'une nouvelle tournée consacrée à la recherche d'une solution à la question du Sahara occidental conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu". "A cet égard, j'ai eu des entretiens avec le président Bouteflika ainsi qu'avec le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, et le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel", a-t-il dit. "J'ai discuté avec eux du meilleur moyen de faire avancer le processus de négociations (entre le Front Polisario et le Maroc) et je présenterai les conclusions de ma tournée au Conseil de sécurité le 22 avril prochain", a-t-il précisé. L’envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, à Alger depuis dimanche, avait entamé le 20 mars dernier une tournée dans la région, qui l'avait conduit notamment au Maroc, dans les territoires occupés du Sahara occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis. Le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique que le Maroc occupe depuis 1975.

En réponse à une affirmation de l’AFP
Amar Belani, porte-parole du MAE : «Affirmer que l'Algérie et le Maroc se disputent le Sahara occidental est un fourvoiement déconcertant»

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, a qualifié lundi soir l’affirmation de l’AFP que l’Algérie et le Maroc se disputaient le Sahara occidental de "fourvoiement déconcertant". "Affirmer que l'Algérie et le Maroc se disputent le Sahara occidental est un fourvoiement déconcertant et je m'étonne d'une telle aberration", a-t-il dit dans une déclaration à l’APS, en réaction à une dépêche, datée de Paris, annonçant la visite de François Hollande au Maroc. "La position de l'Algérie est connue", a-t-il ajouté, rappelant que l’Algérie "n'a aucune prétention ou revendication sur le territoire du Sahara occidental dont elle recherche la décolonisation authentique par l'exercice du peuple sahraoui de son droit inaliénable à l'autodétermination".

Procès de Gdeim Izik
Le rapport accablant d’Human Rights Watch

L’organisation des droits de l’homme Human Rights Watch a publié lundi un rapport accablant sur le procès des 24 prisonniers civils sahraouis de Gdeim Izik, condamnés en février dernier, à de lourdes peines par le tribunal militaire de Rabat, soulignant que ce procès a été "entaché d’irrégularités" et que la justice marocaine "a sapé la crédibilité de son propre procès". Pour cette ONG, basée à New York, "le Maroc devrait libérer les Sahraouis condamnés ou bien leur accorder un nouveau procès, équitable cette fois, devant un tribunal civil". Dans son rapport détaillé sur cette affaire, elle soutient que le Maroc "devrait également mettre en £uvre la recommandation récente de son Conseil national des droits de l’Homme, celle de mettre fin aux poursuites de civils devant les tribunaux militaires en temps de paix", rappelant que le roi Mohammed VI s’était, pourtant, "félicité" de cette recommandation le 2 mars. La décision de traduire des civils devant un tribunal militaire "a violé les principes de base internationaux relatifs aux procès équitables", a déclaré Human Rights Watch. Apparemment, note le rapport, "le tribunal a accepté les aveux des accusés comme preuves, sans enquêter sur les affirmations des accusés selon lesquelles ces aveux résultaient de la torture". "Ils ont déclaré être innocents de toutes les charges contre eux. Les autorités devraient accorder aux accusés le droit d’être rejugés par un tribunal civil et les placer en liberté provisoire tant qu’il n’a pas établi de motifs valables pour justifier leur détention provisoire", a déclaré Human Rights Watch. "Le jugement écrit du tribunal ne détaille pas les preuves sur lesquelles il s’est fondé pour déclarer coupables tous les accusés. Vu qu’il ne mentionne aucune autre pièce à conviction, le verdict semble bien reposer sur les aveux contestés des accusés à la police", observe le rapport. Or, "le tribunal a rejeté les requêtes présentées par la défense d’enquêter sur les allégations des accusés, selon lesquelles les policiers les ont torturés et forcé à signer des procès-verbaux qu’ils n’avaient pas lus", a souligné l'organisation. Lors d’un éventuel nouveau procès, "le tribunal devrait enquêter sur les allégations de torture faites par les accusés et garantir, conformément au droit international et marocain, qu’aucune déclaration obtenue par la violence ou sous la contrainte ne soit acceptée comme preuve", a aussi déclaré Human Rights Watch. Par ailleurs, Human Rights Watch rappelle que le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, M. Juan Mendez, avait déclaré dans son rapport sur le Maroc, publié en février dernier, qu’en ce qui concerne le Sahara occidental, "la torture et les mauvais traitements sont pratiqués pour extorquer des aveux et que les agents de la force publique marocains font un usage excessif de la force à l’égard des manifestants sahraouis". A partir de toutes ces données, Human Rights Watch a émis plusieurs recommandations exhortant les autorités marocaines concernées de "soit libérer, soit faire rejuger rapidement les accusés sahraouis par un tribunal civil". Avant tout nouveau procès, insiste-t-elle, "il convient de partir du principe que les accusés seront en état de liberté jusqu’à ce qu’ils soient jugés". Quand les accusés seront rejugés, "le tribunal devra étudier leurs allégations de torture et garantir, conformément au droit international et marocain, qu’aucune déclaration obtenue par la violence ou sous la contrainte ne soit admise comme preuve", souligne-t-elle. "Si le tribunal décide d’admettre comme preuve une déposition de police dont l’accusé affirme qu’elle a été extorquée sous la torture, il devra expliquer dans son jugement écrit pourquoi il a décidé que ces allégations de torture ou de contrainte abusive n’étaient pas crédibles", recommande-t-elle encore. De surcroît, "les législateurs devraient amender le Code de justice militaire de façon à ce que les civils accusés soient toujours jugés par des tribunaux civils et non militaires, comme l’a récemment recommandé le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc". Pour sa part, la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson, a noté que "le ministère public du Maroc n’a pas su établir de façon crédible, après 26 mois de détention provisoire pour la plupart des accusés, que ces derniers soient responsables des violences".

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions