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Don d’organes : Un grand geste pour la vie

Aujourd'hui, les progrès de la science permettent de sauver de nombreuses vies grâce à un don de sang, de tissus ou d'organes. Les besoins sont grands et les receveurs potentiels figurent sur de longues listes d'attente. Ils sont près de 16.000 insuffisants rénaux en hémodialyse et en attente d’une greffe en Algérie.

PUBLIE LE : 27-03-2013 | 0:00
D.R

Aujourd'hui, les progrès de la science permettent de sauver de nombreuses vies grâce à un don de sang, de tissus ou d'organes. Les besoins sont grands et les receveurs potentiels figurent sur de longues listes d'attente. Ils sont près de 16.000 insuffisants rénaux en hémodialyse et en attente d’une greffe en Algérie.

La demande de transplantation rénale n’est satisfaite qu’à hauteur de 10% à l’échelle nationale.  Les appréhensions vis-à-vis de ce geste, le manque d’informations  sont des obstacles majeurs pour le développement du don d’organes. Pourtant, l'Etat n'a ménagé aucun effort en vue de mettre en place les cadres juridiques liés au don d'organes, autant que le ministère des Affaires religieuses qui a prononcé une fetwa à ce sujet. Cependant, la culture algérienne et les préjugés de notre société n'encouragent pas assez un tel acte de bienfaisance. De quelle manière alors rebooster cette activité ? Et comment peut-on balayer l’appréhension du donneur ? L’Association nationale pour la sensibilisation des citoyens au don d’organe, créée en ce mois de mars, ambitionne justement de tenter de briser les tabous concernant cette question .
Sous le slogan  «Le don  enrichit autant celui qui reçoit que celui qui donne», l’association Biloba travaillera à la sensibilisation des citoyens à  l'importance du don d'organes durant leur vie ou après leur mort. D’un autre côté, on ressent également une nouvelle volonté des pouvoirs publics  d’encourager le don d’organe, et ce, en installant le 7 février dernier le conseil scientifique de l’Agence nationale de transplantation d’organes,  une année après la promulgation du décret exécutif portant la naissance de cette structure. Présidé par le Pr Zerhouni, chef du service de réanimation de l’hôpital Mohand-Amokrane-Maouche (CNMS), ce comité est composé de 29 membres, toutes spécialités confondues, des professeurs en médecine et maîtres assistants des différents centres hospitaliers à travers le pays. Une première réunion a eu lieu le 27 février dernier et une feuille de route a été adoptée, projet de coopération est en cours avec l’Agence française de biomédecine, axée principalement sur la formation. Par ailleurs, des groupes de travail liés aux différents organes, à savoir la cornée, les reins, les tissus, le foie... ont été constitués afin de faire un travail exhaustif sur la réalité du terrain. Il est question de faire un état des lieux qui permettra de donner une nouvelle dynamique à la transplantation d’organes en Algérie tant prônée par les spécialistes.
Une activité qui semble avoir pris du retard alors que la demande est en forte progression.
Il faut rappeler que cette agence a pour but de veiller à réunir toutes les conditions pour le développement de l’activité de greffe d’organes, en assurant la disponibilité des greffons au profit de tous les services de santé publics et libéraux. Le prélèvement de cornée sur cadavre est une des priorités des pouvoirs publics. Les spécialistes estiment, en effet, qu’il est important de faire le grand pas vers le prélèvement sur les morts encéphaliques et tenter d’abandonner petit à petit le donneur vivant qui reste une spécificité au Maghreb. La situation du don d'organes en Algérie depuis l'indépendance n’est pas très conséquente avec la greffe de 933 organes différents, précisant que la première opération concernait la greffe d'un rein donné par une personne vivante et effectuée  en 1986 au CHU de Constantine. 98% des opérations de greffe en Algérie concernent des organes donnés par des personnes vivantes, à l'exception de la greffe d'un rein au CHU de Blida en 2010, prélevé d'une personne qui venait de décéder et une autre opération similaire effectuée au CHU de Constantine en 2002, a-t-elle affirmé.
La première opération de greffe d'un foie a eu lieu en 2003 au CPMC,  tandis que la dernière s'est déroulée au CHU d'Oran en 2012. Concernant la greffe de la cornée, plus de 6.000 cornées, importées des  Etats-Unis d'Amérique, ont été greffées entre 2001 et 2012. S'agissant de la greffe de la moelle, la première opération a eu lieu en 1998 au CPMC. 1.966 opérations de greffe de moelle ont été effectuées jusqu'à présent, suite à des dons de personnes vivantes ou par autogreffe.     
Farida Larbi


 

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