mercredi 13 novembre 2019 14:28:30

El Moudjahid rend hommage aux militantes de la Fédération de France du FLN : Les femmes courage de la 7e Wilaya

« L’ écriture de l’histoire ne doit pas être seulement la mission des historiens, mais elle doit être l’affaire tous. » Les propos du ministre des Moudjahidine à l’occasion de l’hommage que le quotidien El Moudjahid a rendu aux militantes de la Fédération de France du FLN et aux femmes de l’émigration

PUBLIE LE : 10-03-2013 | 0:00
Ph. : Nesrine

« L’ écriture de l’histoire ne doit pas être seulement la mission des historiens, mais elle doit être l’affaire  tous. » Les  propos du ministre des Moudjahidine à l’occasion de l’hommage que le quotidien El Moudajhid a rendu aux militantes de la Fédération de France du FLN et aux femmes de l’émigration, résume la modeste prétention de notre journal de mettre au grand jour le combat et la lutte des Algériens et Algériennes qui ont participé à la libération de l’Algérie du joug colonial. Une action qui s’inscrit dans le cadre du  travail de mémoire, une des plus nobles entreprises pour une équipe journalistique.

C’est un fait établi que l’écriture de l’histoire du peuple algérien pendant la période coloniale a été l’apanage des écrivains et historiens de la puissance occupante. L’écriture de l’histoire a même pris avec certains auteurs les allures d’élucubrations tendant à justifier le fait colonial. C’est pourquoi, il est du devoir des acteurs de la Révolution et tous le témoins d’apporter leurs témoignages pour contrecarrer la falsification de l’histoire et la scotomisation d’une partie de l’histoire. Et surtout ce parti pris appartenant à une grande entreprise de déculturation  propre à l’idéologie coloniale. A l’occasion du 8 mars, journée internationale de la Femme, le quotidien El Moudjahid a, dans le sillage d’une nouvelle tradition, consacré une édition spéciale dédiée aux militantes de la Fédération de France du FLN et aux femmes de l’émigration. Sous l’intitulé générique «  moudjhidate de la 7e Wilaya », cette édition spéciale est revenu sur le parcours exceptionnel de ces moudjahidate qui ont sombré dans l’oubli. A l’occasion de la présentation de ce numéro, une cérémonie a été organisée, hier, au centre de presse d’El Moudjahid.  La rencontre avec les moudjahidate a été rehaussée par la présence du ministre des Moudjahidine, des sénatrices, des femmes officiers de la police nationale…  Zina Harraïgue, Akila Ouared, Salima Bouaziz, Malika Benchenouf, Guermia  Ferria, Mekki Lila, Bendissari Fatma Zohra Bendissari, Macha Louisa… sont revenues, hier, sur leur engagement, elles qui ont sacrifié leur prime jeunesse à la patrie.  Mme Akila Ouared, fille de syndicaliste a  expliqué qu’elle, et toutes celles qui ont milité au sein de la  Fédération  de France du FLN ont très vite compris qu’il fallait combattre le colonialisme.  Elles ont été agent de liaison, porteuses de valises et même poseuses de bombes contre des cibles stratégiques.  L’objectif n’était pas de s’attaquer au peuple français, mais d’attirer l’attention sur les souffrances du peuple algérien spolié de ses terres,  de son identité. Ces femmes sous la bannière du FLN ont mené leur front sur le sol français comme elles ont réussi à faire adhérer à la cause algérienne des intellectuels et des artistes français.  
Nora Chergui


ils ont dit

M. Mohamed Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine :
“Notre authentique archive est ici”

« Nous marquons une halte pour rendre hommage aux moudjahidate, une louable initiative de Mme la P-DG du quotidien El Moudjahid.  Il y a 20 ans de cela, les rencontres à caractère historique consacrées aux thèmes de la résistance et de la guerre de Libération nationale ne se déroulaient qu’au niveau des institutions. Personnellement, j’ai toujours milité pour que l’histoire appartienne à tous. C’est pourquoi, je voudrais remercier, aujourd’hui, et rendre un vibrant hommage à toute personne ayant contribué à l’écriture de l’histoire, à travers la rédaction de mémoires. Pas moins de 500.000 personnes  engagées,  ont participé à la guerre de Libération nationale du début jusqu’à la fin. Et deux millions d’Algériennes et d’Algériens ont été emprisonnés durant la guerre de Libération nationale. Si chacun de ces 2 millions écrivait ne serait-ce que 200 pages, imaginez toute la matière première qu’on aura ainsi pour l’écriture de notre histoire.
On a souvent reproché aux historiens et aux écrivains spécialisés de ne pas contribuer à l’écriture de l’histoire, mais avec quels matériaux crédibles peuvent-ils bien le faire ?
D’aucuns disent que les archives sont en France et qu’il faut les restituer. Nous, nous leur disons, notre authentique archive est ici, en Algérie. »

Mme Nouara Saâdia Djaâfar, membre du  Conseil de la Nation :
“La jeunesse algérienne a besoin de connaître son histoire”

« L’hommage, aujourd’hui, est rendu aux femmes de l’émigration et aux militantes de la Fédération de France du FLN. Et les sœurs moudjahidate qui ont exporté la glorieuse Révolution sur le terrain même de l’ennemi méritent un grand hommage.
Par ailleurs, je pense que la jeunesse algérienne a besoin de connaître son histoire, en particulier, en ce qui concerne la participation de la femme algérienne durant la glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954 »

Mme Akila Ouared, Moudjahida :
“Les Algériennes ont prouvé qu’elles étaient capables de mettre à genoux le colonialisme français”

« Je voudrais de prime abord à remercier le journal El Moudjahid. C’est un très grand honneur pour nous d’être distinguées par le journal de la lutte de Libération nationale. Nous sommes très fières d’être, aujourd’hui, ici, avec mes sœurs qui sont présentes et que je salue du fond du cœur.
Ce que je voudrais dire, c’est que l’histoire nous appartient à tous. Nous sommes Algériennes. Nous faisons partie de cette société algérienne. C’est pourquoi, il n’était pas question pour nous de rester à l’écart du combat pour notre pays. En fait, c’était tout à fait normal qu’on s’engage pour libérer notre pays car c’était un objectif pour tous les Algériens. Nous étions jeunes, c’est vrai. Nous n’avions jamais milité, parce qu’on avait une certaine barrière à ne pas dépasser à l’époque. C’est vrai qu’on allait à l’école, mais c’était l’école-famille, la famille-l’école. C’était quelque chose d’extraordinaire de sortir de cet environnement clos, pour nous, qui étions jeunes, mais qui croyions en notre pays.
Nous sommes arrivées à participer à la lutte pour la Libération nationale parce que nous étions dans un environnement familial et social qui nous permettait d’acquérir certaines connaissances et de pouvoir militer comme nos frères les hommes. C’est vrai que les frères ont une avancée sur nous, puisqu’ils ont milité avant nous au PPA, MTLD, parti communiste français, des Oulémas. Nous, nous étions encore jeunes ; nous étions en formation, ébahies par les exploits de nos ainés.
En ce qui concerne la Fédération de France, je voudrais dire que c’était une école pour nous, parce que nous avons appris à vivre dans la clandestinité. Nous avons appris à être très sévères, mais à être fraternelles entre nous. Et la fraternité, nous l’avons acquise à  ce moment-là parce qu’on ne savait pas ce que cela veut dire, avant la lutte de Libération nationale. Lorsqu’un frère était recherché, l’on se devait de lui trouver refuge. En fait, cela se faisait de manière instinctive, sans réfléchir. Nous, nous n’aurions jamais quitté notre pays, mais nous sommes partis en France, je parle de mon cas, en catastrophe. Il faut dire que mon père était syndicaliste et a un niveau bilingue arabe et français. Et la main rouge a décidé de l’abattre, de le tuer. Et c’est comme cela que nous sommes partis, dans la précipitation.
Une fois sur le sol français, on s’est mis en contact avec le FLN. A l’époque, le FLN avait besoin de femmes parce que la mentalité du colonialisme français était que les femmes algériennes n’étaient pas éduquées et n’avaient pas de niveau et qu’elles ne pouvaient pas se déplacer toutes seules. On nous appelait des Fatma. On disait que l’environnement des femmes algériennes c’était le domicile et le marché. Pour eux, c’est tout ce qu’elles savent faire, mais les femmes algériennes ont démontré qu’elles étaient au dessus de ces choses là et qu’elles étaient capables de mettre à genoux le colonialisme français. »
S. G.

M. Youcef Benaddouda, fils de la moudjahida Zina Harraigue :
“Ma mère nous a élevés dans le respect des femmes”


« Je tiens à remercier le journal El Moudjahid pour cette louable initiative. Zina Harraïgue n’est pas présente aujourd’hui dans cette salle où un hommage lui ai rendu, mais je suis sûre qu’elle est désolée de ne pas pouvoir être là, aujourd’hui, avec nous. Peut être que ce qu’il lui arrive sont les séquelles de la torture de la guerre, de la frustration  de l’assassinat de son frère Rachid Harraïgue et aussi de la mort de son frère Omar. Ce que je voudrais dire, c’est que ma mère nous a habitués et nous a élevés à respecter toutes les femmes, quelles qu’elles soient, et de ne pas faire de différence entre elles. Et je suis très fier d’être le fils de parents intègres qui, au mépris du danger et de leur vie, ont défendu cette nation. Ma mère m’a toujours raconté, que pendant qu’elle transportait des bombes, de l’argent, etc., la peur au ventre, elle le faisait avec cette conviction qu’un jour l’Algérie deviendrait indépendante. Et c’est grâce aux moudjahidate et moudjahidine et à d’autres gens qui sont partis que nous, aujourd’hui, nous pouvons commémorer la mémoire de ces gens hors du commun, qui ont cru en une chose impossible à l’époque et qui était celle de vivre libres, tout à fait libres. »
Propos recueillis par Soraya Guemmouri










 

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