mercredi 08 avril 2020 17:47:45

Journée internationale de la femme : Non à la banalisation de la violence

La commémoration de la journée internationale de la Femme ne se déroulera pas, cette année sans évoquer la maltraitance de la gent féminine et les différentes formes de violence qu’elle subit au quotidien qui fera d’ailleurs l’objet d’une conférence

PUBLIE LE : 10-03-2013 | 0:00
Ph : Louiza

La  commémoration de la journée internationale de la Femme  ne se déroulera pas, cette année sans évoquer la maltraitance de la gent féminine et les différentes formes de violence qu’elle subit  au quotidien qui fera d’ailleurs l’objet d’une conférence, organisée par «  Rachda », à l’hôtel  Hilton, en présence de militantes de la cause  féminine et de députées. La présidente de Rachda, Mme Dalila Aouad tiendra à relever, lors de l’ouverture des travaux de cette journée de sensibilisation que la femme algérienne n’est pas épargnée par le phénomène de la violence,  chez elle, dans la rue et sur les lieux de son travail, rappelant que les statistiques des services de sécurité,  ne laissent plus un doute sur le recours à la  force qui caractérisent  les rapports entre le  mari,  le frère,  ou le responsable hiérarchique avec la femme.
Même  si la Constitution et les textes de loi confèrent aux femmes les mêmes droits  dont jouissent les hommes, la réalité est  tout autre tant il existe un déphasage flagrant, soulignant que les amendements  apportés au code de la famille en 2005, restent insuffisants, d’où les nombreuses injustices auxquelles sont confrontées un nombre non moins important de femmes. Intervenant dans le même sillage la syndicaliste Mme Soumia Salhi, sur le harcèlement sexuel au travail, estimera que le 8 Mars est une halte qui permet d’évaluer ce qui a été réalisé en matière de lutte contre la violence à l’égard des femmes mais elle est aussi  une aubaine  pour réfléchir à des actions pour juguler ce fléau qui prend de l’ampleur.
Il s’agit aujourd’hui, dira-t-elle de  mobiliser les militantes pour stopper la violence qu’elles subissent. C’est dans ce cadre que s’inscrit en fait,  selon  Mme Salhi, la campagne  menée par la section féminine de l’UGTA, il y a quelques années, et qui s’est soldée, par l’élaboration  d’un  projet de loi en 2011 criminalisant la violence contre les femmes.  La conférencière soutiendra que de nombreuses femmes souffrent en silence sur les lieux du travail tant elles sont accablés de harcèlement qui s’exerce à huis clos, donc sans preuves. Etrange paradoxe, le harceleur  peut même  déposer plainte contre  la victime  et demander  des dommages et intérêts. La conférencière, revenant sur la campagne lancée par l’UGTA,  dira qu’elle s’articule sur l’appel au respect  des travailleuses mais aussi  la poursuite de l’auteur du harcèlement,    rappelant que le harcèlement sexuel  dont sont victimes les femmes sur les lieux du travail est la résultante des préjugés  qui font  qu’aujourd’hui, que la femme est traitée comme un être inférieur à l’homme, usant de son autorité de responsable, avant d’ajouter que l’article 241 bis, qui pénalise l’acte de harcèlement est une victoire pour la femme, toujours est-il qu’une révision de ce dernier est nécessaire. Elle ne manquera pas de souligner enfin que  suite   à la mobilisation   des associations féminines une clause pénalisant le harcèlement sexuel est prévue dans  la nouvelle mouture du code du travail.

3 à 4 femmes sont battues quotidiennement

Le Pr Merrah de la médecine légale de l’hôpital de Béni Messous  dans une intervention sur la violence conjugal  affirmera que  la violence à l’égard des femmes reste le premier motif de consultation, recevant 3 à 4 femmes séquestrées, intimidées et violentées,  par jour. Deux femmes ont été égorgées en 2012 par leur mari, en instance de divorce.  Elle  enchaînera que  28% des consultés sont des femmes pour coups et blessures de la part de leurs maris, dont 68% ont une moyenne d’âge de 35 ans et deux tiers sans profession et 70 % des victimes gardent le certificat du médecin légiste et ne vont pas plus loin et seuls 3% déposent plain tes pour coups et blessures, plaidant pour une thérapie du groupe pour freiner ce fléau.
 S’exprimant pour sa part, la commissaire divisionnaire, Mme Kheira  Messaoudène, chargée de la protection de l’enfance à la sûreté nationale, notera que durant les dernières années,  une prise de conscience est relevée  chez les victimes de la violence  qui viennent déposer plaintes. La  commissaire notera que le bilan de 2012 fait ressortir 8.718 femmes victimes de  la violence, dont 6.446  physiques, rappelant qu’une légère régression est signalisée par rapport à 2011, estimée à 3,2%.  Parmi celles-ci 90,6% ont été enregistrés sur la voie publique. Le même bilan démontre aussi que  46% des agressions touchent les femmes au foyer.
Les conférences ont été suivies d’un débat   autour de la thématique  en question plaidant en faveur d’une égalité des chances  entre les deux sexes.
    Samia D.

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