dimanche 23 septembre 2018 16:14:32

Inauguration au Mama de l’exposition «Le cabinet de curiosités de maitre B. S.» : Un voyage initiatique dans le monde des arts

Une importante et remarquable exposition rassemblant des œuvres d’art et des pièces précieuses, faisant partie de la collection particulière de Salim Becha, se tient depuis lundi dernier au Musée d’art moderne et contemporain (MAMA) de la ville d’Alger.

PUBLIE LE : 05-03-2013 | 0:00
Ph : T. Rouabah

Une importante et remarquable exposition rassemblant des œuvres d’art et des pièces précieuses, faisant partie de la collection particulière de Salim Becha, se tient depuis lundi dernier au Musée d’art moderne et contemporain (MAMA) de la ville d’Alger. L’inauguration par Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, d’un  événement jusqu’ici inédit dans son genre, et dont les visiteurs ne se lasseront certainement pas d’admirer dans un attirant jeu de lumières et de couleurs les objets d’art de qualité et de valeur, disposés avec, on le pressent, beaucoup de soin et une touche artistique qui cadre bien avec le décor dans des niches. Les organisateurs — et à leur tête M. Mohamed Djehiche, directeur du musée, de cette exposition qui attire d’emblée le regard du tout-venant auront, pour la réussite de cette manifestation culturelle, su mettre en valeur et en relief cette collection qui comporte plus de 2.000 pièces glanées çà et là lors des nombreux périples à l’étranger de ce donateur algérien qui les conservait dans son cabinet depuis une vingtaine d’années : «C’est une exposition qui sort quelque peu du cadre du musée. Si on l’a acceptée, c’est parce qu’elle présente un aspect particulier et qu’elle nous donne une vision sur l’évolution des arts et des techniques puisqu’il y a un peu ici de tou», nous dira le directeur du MAMA en guise d’explication avant d’ajouter à propos du titre : «Cabinet de curiosités, c’est ainsi que l’on a surnommé cette exposition parce que vraiment, elle obéit aux mêmes principes que les cabinets des XVIIe et XVIIIe siècles, ceux qui font partie de l’art de la renaissance dans une époque où les amateurs occidentaux découvraient les objets rares, de nouveaux modes, de nouvelles façons de vivre.» Il faut sans doute rappeler ce que l’on entendait autrefois par l’expression «cabinet de curiosités». C’était, comme le mentionne M. Djehiche dans son introduction, « le lieu où des objets collectionnés, avec un certain goût pour l’hétéroclisme et l’inédit, étaient entreposés et exposés par les aristocrates, les savants et les amateurs d’art. En amassant les objets les plus bizarres, ces collectionneurs avaient la sensation de pouvoir saisir, de surprendre et de comprendre le processus de la création du monde. Le visiteur peut, en effet, jeter un regard circulaire sur l’ensemble des pièces exposées et constater d’un étage à un autre qu’il a réellement l’embarras du choix lorsqu’il contemple l’incroyable éventail des objets de toutes catégories et genres  entre  célèbres tableaux de peinture, miniatures, calligraphie, céramique, médaillons, masques, bronze, bois, armes, poissons fossiles, pierres, industries lithiques, cuivres et manuscrits sur l’astronomie arabe et livres saints du Coran, dont les feuilles sont décorées d’or ou encore traitant de son exégèse par un grand penseur, sans compter l’époque de l’âge préhistorique auquel tous ces objets en très bon état de conservation correspondent. A ce sujet, le directeur du musée dira à propos de ce collectionneur : «Maître Salim Becha a amassé toutes ces pièces en fonction de ses goûts, des coups de cœur qu’il avait. Dès qu’il trouvait un objet qui lui plaisait même s’il ignorait ce que c’était, c’était pour lui une pièce rare qui interpellait sa curiosité. Donc, il l’acquérait en payant le prix, juste pour son plaisir. Quand il se promenait dans les villes du monde, sa passion était de rendre visite aux brocanteurs et autres antiquaires. A un moment donné, sa collection a pris une telle ampleur qu’il a décidé de l’offrir au musée plutôt que de la garder chez lui.»  Et d’ajouter : «Cette importante donation sera par la suite attribuée à tous les musées parce qu’il n’y a pas mal d’objets qui relèvent de leur typologie et non du nôtre.» Pour notre collectionneur qui a tenu à nous préciser humblement que son seul mérite est d’avoir pu rassembler tous ces objets de valeur et œuvres d’art, il a précisé qu’il a pendant près d’une vingtaine d’années beaucoup voyagé dans plusieurs pays du Moyen-Orient et particulièrement en Suisse, France et Espagne : «J’ai pu rassembler l’ensemble de ma collection à travers cette exposition. Cela va de la peinture moderne aux antiquités et jusqu’à l’époque sumérienne ; il y a aussi des antiquités chinoises, phéniciennes et romaines. Je m’adonne à cette passion depuis mon plus jeune âge et aussi grâce aux instituteurs de l’école de Biskra où j’ai grandi. Depuis ma deuxième année moyenne, j’ai commencé à collectionner les papillons, puis en vieillissant, j’ai eu un peu plus de moyens pour acheter ces pièces. J’ai pu retrouver certains objets chez un antiquaire français à Montreux, ainsi qu’un autre dans la ville de Paris et une bonne partie dans les salles de vente à Genève.»
    Lynda Graba
 

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