Reprise partielle de la production gazière sur le site de Tiguentourine

M. Zerguine : “Un challenge réussi”
PUBLIE LE : 25-02-2013 | 0:00

lOutre une nouvelle procédure, dite la R18,  de lutte contre la corruption, la fonction audit a été  aussi confortée au sein du groupe, en la rendant indépendante des organigrammes  usuels de Sonatrach, a annoncé son PDG.

«C’est un challenge réussi », c’est en ces termes que M. Abdelhamid Zerguine, PDG de Sonatrach, a qualifié la reprise partielle de la production gazière sur le site de Tiguentourine.  Celui-ci, et après avoir confirmé, hier matin, sur les ondes de la Chaîne 3 de la radio nationale, la nouvelle de la reprise partielle de la production à Tiguentourine, a précisé que le train n°1 a été mis en marche depuis deux jours, soit à la veille du 24 février. « Donc  nous bénéficierons d’une production de 3 milliards de mètres cubes par  an. C’est déjà en soit un challenge qui a été réussi. Je voudrais en cette occasion, rendre hommage à tout le personnel qui a conjugué tous les efforts pour arriver à ce résultat qui n’est pas facile », a notamment déclaré M. Zerguine.
Au sujet des récentes propositions en vue d’une meilleure sécurisation des sites de production, l’invité de la rédaction, qui signalera de prime abord que les mesures relèvent de la réglementation et de la loi, rappellera ensuite que la Sonatrach a toujours veillé à respecter ses dispositions avant d’ajouter : « Il est vrai que nous avons procédé à une revue de l’ensemble de ses dispositions pour essayer de voir dans quelles mesures nous allons pouvoir les renforcer. Nous avons fait des propositions aujourd’hui. Mais nous ne pourrions les mettre en place, qu’une fois adoptées au plan réglementaire. Cependant la révision de l’ensemble de nos dispositifs avait permis de diagnostiquer certaines  insuffisances que nous avons étudié et que nous sommes en train aujourd’hui de mettre à niveau. »
Mais quelles sont donc ces insuffisances ? Le PDG citera à titre d’exemple que le dispositif interne ne permettait pas d’avoir du personnel armé. Et de souligner : « Dans la nouvelle proposition, nous voudrions systématiquement demander du personnel armé pour surveiller les sites situés dans les régions reculées. »
S’exprimant sur le programme de développement 2012-2016 de Sonatrach, lequel programme est estimé, faut-il le rappeler, à 80 milliards de dollars, M. Zerguine soutient le poids de Sonatrach est de par ses réserves et non pas de par ses ventes. « Un pétrolier n’a de sens et n’a de place de choix que s’il dispose de réserves importantes », a-t-il affirmé, mettant en relief que l’effort d’exploration doit être la pierre angulaire du développement de Sonatrach.

Tripler le budget réservé à l'exploration
Par ailleurs, M. Zerguine nous apprendra que Sonatrach  prévoit de tripler le budget réservé à l'exploration en vue d'augmenter le potentiel énergétique national.
« Nous travaillons pour élargir le potentiel algérien de réserves que  ce soit en ressources conventionnelles ou en ressources non conventionnelles.  L'effort d'exploration est incontournable dans  notre plan de développement,  c'est pourquoi, nous proposons de tripler à moyen terme le budget à ce niveau », a déclaré M. Zerguine.      
Rappelons dans ce contexte que le nombre de forages prévus est de 160 puits par an. Or, actuellement, la moyenne se situe entre 70 et 80 puits.
M. Zerguine qui concède qu’une légère diminution a été enregistrée au niveau de notre production globale depuis 2008, rassurera toutefois : « Nous pensons la redresser pour arriver en 2017 à 225 millions de TEP (tonnes équivalant pétrole).» Aujourd’hui, la moyenne est de 200 millions de TEP.
Il est à retenir, par ailleurs, que les  exportations de Sonatrach sont — comparativement avec l’an dernier — pratiquement au même niveau, soit 72 milliards de dollars.
A une question relative à un éventuel assèchement de nos réserves, le responsable a estimé qu’ « on épilogue beaucoup sur les réserves, alors qu’on n’a pas de données réelles. La preuve en est que durant la dernière décennie, on a toujours dit qu’on allait vers un assèchement de nos réserves.  Cependant, l’effort d’exploration nous met pratiquement en tête des pays qui réalisent beaucoup de découvertes. Ces découvertes restent modestes. Elles ne sont pas en adéquation avec le recouvrement total de ce que nous produisons. Cependant, je dirais que notre domaine minier reste prometteur, ne serait-ce que par le nombre de découvertes qui ont été faites », affirme M. Zerguine.
Il fera savoir, dans ce cadre, qu’en 2012, « nous avons réalisé 31 découvertes dont 7 à peine par des partenaires et 24 par des efforts propres de Sonatrach.  Il est vrai que nous avons pu recouvrer autour de 30% de nos réserves. Nous aurions aimé trouver plus, mais nous travaillons à densifier et à multiplier l’effort d’exploration », a-t-il souligné.
Actuellement, le potentiel est à 4 milliards de TEP. Il se décline comme suit : un peu plus de la moitié, en réserves gazières, 1,3 milliard en brut et le reste en GPL et en condensé.
Il a, en outre, relevé l'augmentation sensible de la consommation nationale du gaz, appelant les pouvoirs publics à une « politique de rationalisation un  peu plus forte. » « Notre production de gaz est de 80 milliards de m3, nous exportions 60 milliards de m3. Nos exportations de gaz sont en train de diminuer, c'est  une réalité, car nous privilégions toujours la consommation nationale, mais nous considérons que la consommation nationale n'est pas rationalisée », a-t-il regretté.       
Abordant un autre domaine d’investissement, celui du raffinage, en l’occurrence, M. Zerguine indique qu’il a été décidé d’augmenter la capacité de raffinage.

5 nouvelles raffineries et un port en offshore
La réhabilitation de la raffinerie d’Arzew devrait la ramener à « 27 millions de tonnes », a-t-il indiqué, annonçant la réalisation  de 4 nouvelles raffineries de 5 millions de tonnes chacune et qui devront entrer en production à partir de 2016 et 2017.          
Une autre raffinerie de 10 millions de tonnes est en projection, a encore ajouté le premier responsable de Sonatrach qui a annoncé également la réalisation d'un port en offshore.         
 Selon M. Zerguine, l'Algérie importe, actuellement, plus de 3 millions de tonnes de gasoil pour le marché national, alors qu’elle prévoit de dépenser environ  20 milliards de dollars pour développer l’industrie pétrochimique           
En effet, dans le cadre du développement de la base nationale de l’industrie pétrochimique, « plus de 20 milliards de dollars de projets intégrés » sont inscrits à horizon  2016, a-t-il poursuivi. Par ailleurs, les premières livraisons d'urée sur le marché national  produites par Sonatrach en association avec le groupe Orascom, sont mises sur le marché national.          « Nous avons mis sur le marché 48.000 tonnes d'urée à des prix défiant toute concurrence. Nous les offrons à nos paysans à 30.000 dinars la tonne contre plus de 50.000 dinars la tonne sur le marché », a-t-il fait savoir.   
 La pétrochimie est prise en compte, assure M. Zerguine qui relèvera : « Nous avons accusé un retard très important depuis voilà maintenant quelques décennies. Donc nous avons considéré qu’il existe beaucoup de produits qui mériteraient d’être valorisés par la transformation locale. »
 Par ailleurs et à  propos des scandales de la gestion de Sonatrach, M. Zerguine a condamné ses agissements individuels. « Ces scandale que nous avons enregistrés sont malheureux. Nous ne pouvons que les condamner. Il n’en demeure pas moins que la Sonatrach est bien plus forte que cela. » Il fera état dans cet ordre d’idées, d'une nouvelle procédure pour lutter davantage contre ce fléau qu’est la corruption. Outre cette nouvelle procédure, dite la R18, la fonction audit a été aussi confortée au sein du groupe, en la rendant indépendante des organigrammes usuels de Sonatrach, a enfin précisé le PDG.          
Soraya Guemmouri


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