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Nationalisation des hydrocarbures : Les premiers cadres se souviennent

Les techniciens et ingénieurs algériens qui se trouvaient dans les installations pétrolières désertées subitement par les techniciens étrangers en 1971, ont relevé le défi et ont réussi.

PUBLIE LE : 24-02-2013 | 0:00
D.R

Les techniciens et ingénieurs algériens qui se trouvaient dans les installations pétrolières désertées subitement par les techniciens étrangers en 1971, ont relevé le défi et ont réussi. Pourtant ils étaient peu nombreux, et les responsabilités opérationnelles étaient exigeantes, ne laissant aucune marge à l’erreur.
L’ancien ministre de l’Energie, Noureddine Aït Laoussine, et l’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, ainsi que d’autres responsables et techniciens de cette société mythique, étaient présents hier à une rencontre organisée à l’hôtel Sheraton, par le cabinet Emergy pour célébrer l’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures.
Dans son intervention, M. Mourad Preure, expert pétrolier international et président du Cabinet Emergy, a dit ne pas trouver les mots adéquats pour parler de cet événement. Lui-même était cadre du secteur à l’époque. M. Mourad Preure a détaillé les étapes de cette épopée. Le 24 février 1971, l’Algérie nationalise 51 % des intérêts des compagnies pétrolières concessionnaires dans les gisements algériens, 100 % des intérêts liés aux gisements gaziers ainsi que ceux détenus par les sociétés de transport d’hydrocarbures. Il s’agit, selon lui, d’une décision historique survenue onze années après la naissance de l’OPEP et qui va inaugurer une vague de nationalisations décisives dans les pays producteurs. «C’est la fin des contrats de concessions qui prévalaient dans les relations entre compagnies internationales et pays producteurs et qui réduisaient le rôle de ces derniers au seul prélèvement des royalties et des impôts pétroliers, les excluant de toute gestion de leur domaine minier».
Selon lui, la naissance des compagnies pétrolières nationales sera le grand acquis de cette transformation historique. «Ce sont elles qui, désormais, incarneront l’Etat souverain dans ses relations avec les compagnies pétrolières internationales. Elles vont acquérir une compétence et s’imposeront comme un acteur-clé dans l’industrie du pétrole. Le grand acquis pour l’Algérie de cette décision stratégique prise par Houari Boumediene, c’est le rôle nouveau assigné à Sonatrach, née en 1963 avec l’indépendance algérienne». Pour M. Mourad Preure, le grand acquis «était la culture du challenge, qui participe et a participé par le passé aux réussites et à la construction de la puissance américaine, par exemple», s’est-il exclamé. «Lorsque nous parlons avec des techniciens et ingénieurs qui étaient dans les installations pétrolières désertées subitement par les techniciens étrangers en 1971 par mesure de représailles contre les nationalisations, ils nous disent combien ils sont encore surpris par le fait qu’ils aient réussi à contrôler ces installations et à les faire fonctionner sans dommages», dit-il.
M. Preure a ensuite donné la parole à son collègue M. Nazim Zouiouèche qui était également à la tête de la Sonatrach. Il rappelle qu’à l’Indépendance, il n’y avait presque pas d’ingénieurs dans le domaine des hydrocarbures. Il évoque une histoire plus reculée, celle du prolongement de la Guerre d’Algérie à cause des richesses du sous-sol du Sahara. Puis il y eut les Accords d’Evian et les négociations sur l’exploitation de ces ressources après l’Indépendance. Des aménagements dans l’application des Accords d’Evian sont aussi intervenus quelques années plus tard. « Le général De Gaulle était encore au pouvoir lorsque le compromis est trouvé avec la France», ajoute le conférencier. « Par la suite, le gaz est repris en main par les Algériens ainsi que le pétrole ce qui fait de l’Algérie le premier pays d’Afrique à entrer en possession de ses richesses».  Selon lui, « la France ne voulait pas avoir l’Algérie comme ennemi car sa préoccupation était la rivalité avec les autres pays européens et les Etats-Unis», ajoute le conférencier. Puis vint très vite la question de savoir quoi faire de la rente. Le débat préoccupe toujours économistes et classe politique. Les participants ont été unanimes à souligner que l’un des défis à avoir été relevé est celui d’avoir continué à faire fonctionner la machine après les nationalisations. «C’était là l’un des grands acquis ».
A la fin de la rencontre, une distinction instituée dans le cadre du Forum d’Alger, appelée «Le Derrick d’or», a été décernée, à trois anciens cadres pétroliers de Sonatrach qui ont été d’un apport indéniable au secteur des hydrocarbures Ce sont entre autres, M. M. Kassis Bachir, chef département Production, Rebouh Youcef et Djenane Smail, tous malheureusement décédés aujourd’hui.
Salima Ettouahria

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