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Elles préparent un plaidoyer commun pour l’année 2013 : Des associations veulent s’impliquer dans la vie politique

Appelant à aller vers un travail professionnel, le président du réseau Nada, Abderrahmane Arar, estime que les intervenants dans le tissu associatif « doivent impulser une dynamique et un goût collectifs à leur action ».

PUBLIE LE : 22-02-2013 | 23:00
Ph : Billal

Appelant à aller vers un travail professionnel, le président du réseau Nada, Abderrahmane Arar, estime que les intervenants dans le tissu associatif « doivent impulser une dynamique et un goût collectifs à leur action ».  

L’heure de l’implication associative dans les élections serait-elle arrivée ? Quel sera l’apport du mouvement associatif en ce genre de rendez-vous ? Ce sont, en substance, les questions auxquelles ont tenté de répondre, jeudi, les participants au séminaire consacré à « la société civile : perspectives et échanges d’expériences ».
En effet, les associations algériennes veulent initier un mouvement commun. Après avoir activé chacune à sa manière, pendant une dizaine d’années, elles « ont décidé de nouer des coalitions civiles afin de promouvoir la vie politique, renforcer les valeurs de la citoyenneté et consolider la pratique démocratique », fait savoir Noureddine Benbraham, président d’Adwaa Rights lors de cette rencontre qui s’est déroulée à l’hôtel d’El Biar. Par cette nouvelle dynamique, le tissu associatif aspire à « bénéficier d’une possibilité d’observer les différents scrutins ». La charte d’éthique lancée hier réunit plusieurs associations. Le Réseau Nada, le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme, l’Association nationale pour l’emploi et la protection des chômeurs, l’association femmes en communication, la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme, pour ne citer que celles-là, font de l’année 2013, « l’année de lancement et de préparation d’un plaidoyer pour insister sur cette présence lors des élections ».  Le dialogue, dit-il, se fera, notamment, avec les deux chambres du Parlement et les élus. M. Benbraham fait part de l’importance des échanges d’expériences. « Chaque pays a ses expériences, caractéristiques et valeurs », note le président Adwaa Rights. Outre le vote, le mouvement associatif algérien compte également apporter sa plus value dans la gouvernance locale.  Lui emboîtant le pas, Me Nadia Aït Zaï, fait savoir que par leur plaidoyer commun, « les membres de la société civile peuvent être des observateurs et pourquoi pas des contrôleurs, comme c’est le cas dans certains pays.» A cet effet, elle assure que cette démarche « ne sera entachée d’aucune sensibilité politique.»  Une chose est sûre : pour Me Aït Zaï, cette démarche garantira « davantage de transparence aux élections, à travers la modification de la loi électorale dans son chapitre du contrôle des élections.» Les différents acteurs doivent « défendre une cause commune même si leurs idées politiques divergent.»
Saluant le travail effectué par tout un chacun lors des deux consultations précédentes, à savoir les législatives et les élections locales, l’avocate juge qu’il est grand temps de composer avec le tissu associatif, pas uniquement avec les partis. Le Ciddef qu’elle dirige depuis des années a, de son côté, composé un plaidoyer pour « la participation de la femme et aussi pour l’égalité dans l’héritage.»
Dans une rétrospective qui l’a mené jusqu’à l’indépendance, Me Aït Zaï affirme que l’année 1989, celle du multipartisme, était « le tournant libéral qui a permis à notre pays de dépasser la théorie collective du bloc de l’Est.» Les coalitions auxquelles appellent aujourd’hui le mouvement associatif « nous permettent de mieux porter notre message.»
Si regret il y a, la présidente du Ciddef pense notamment à la période du terrorisme qui a freiné l’élan démocratique en Algérie. « Durant une dizaine d’années, les efforts étaient concentrés sur la sauvegarde de nos institutions et de l’Algérie.» Passée cette parenthèse les Algériens, souligne-t-elle, sont plus que jamais conscients de « construire leur démocratie dans la paix et ne plus revenir à ces années de violences.»
Quant à Abderrahmane Arar, président du réseau Nada, il déplore le fait qu’« uniquement 14% des associations prennent en charge la jeunesse, et celles qui disposent de leur propre projet et d’une présence permanente sur le terrain, ne dépassent pas les 120.»  Ce que M. Arar reproche à la majorité des associations, c’est l’absence de vision et de stratégie, tout en faisant de l’aspect financier leur seul souci.
Dans cette même optique, il affirme l’urgence de « tracer une feuille de route à terme, allant jusqu’à 20 ans, afin de renforcer nos capacités ». Comme il est question, ne cesse-t-il de rappeler, d’« aller vers un travail professionnel car, l’observation des élections n’est pas un jeu mais un exercice qui demande d’être à la hauteur.» A ce travail, les intervenants dans le tissu associatif « doivent impulser une dynamique et un goût collectifs.»  Quant à Nafissa Lahrèche, elle a mis en relief les bienfaits que peuvent apporter « une stratégie de communication avec la société et les pouvoirs publics.»        
FOUAD IRNATENE


Il répond aux préoccupations sociales et juridiques  des citoyens
Un centre d’appel téléphonique gratuit prochainement en service


En marge de l’ouverture du séminaire sur l’implication du tissu associatif dans la vie politique en générale et les élections en particuliers, Nouredine Benbraham, président de l’association Adwaa Rights a fait part de la « création prochaine d’un centre d’appel téléphonique gratuit pour recueillir et répondre aux préoccupations sociales et juridiques des citoyens ». Des « équipes pluridisciplinaires seront mobilisées en coordination avec les associations activant dans le domaine et les parties concernées», fait-il savoir
F. I.


 

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