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Conjoncture économique mondiale : Les pays émergents, un rôle moteur

Rachid Sekak : “On peut anticiper un afflux d’investissements étrangers en Algérie”

PUBLIE LE : 13-02-2013 | 0:00
Ph : Nacéra

Puis, elle a indiqué que la crise financière a eu des effets sur la sphère économique réelle, notamment aux Etats-Unis, où ont été relevés un resserrement du crédit, la dégradation de la confiance, une baisse du niveau d'emploi et une réduction des perspectives d'activité. En zone euro, la crise, touchait, essentiellement, le marché interbancaire, par la suite de l'augmentation des coûts de refinancement et des primes de risques. Il y a eu, également, un frein aux exportations constitué par le niveau de l'euro au regard du dollar, du ralentissement de la demande, et du ralentissement de l'investissement des entreprises lié au resserrement du crédit. C’est ce qu’a expliqué Mathilde Lemoine, hier, à l’hôtel Sofitel, lors d’une conférence débat sur la conjoncture économique mondiale. Occasion au cours de laquelle ont été abordés d’autres sujets liés à la croissance mondiale, la crise en Europe et son impact, comme la plus grande menace pour l'économie de la planète. L’autre question abordée a trait aux pays émergents, les moins affectés par la récente crise économique mondiale et leur croissance qui devrait rester forte au cours des années à venir. Ont été abordées aussi les réformes décidées en Europe et leurs effets, soulignant que la crise est encore loin d'être surmontée. Les tendances sur le long terme, telles que la mondialisation et les changements technologiques, continueront de constituer des défis pour de nombreuses économies, est-il indiqué. Pour sa part, abordant la question de l’’’allocation des ressources et développement en économie ouverte : le cas algérien’’, Abdellatif Benachenhou, professeur agrégé de sciences économiques et ancien ministre des Finances de l’Algérie, souligne, après avoir analysé certains indicateurs économiques dans le détail, qu’il existe un problème d’affectation de la ressource souveraine, tiré principalement des hydrocarbures, lequel problème est à l’origine d’une croissance molle bien que le pays investit 35% du PIB. Pour y remédier, il préconise un retour de l’Etat, mais très rapidement, à son rôle de contrôleur et de ne plus intervenir en tant que gestionnaire, dans le secteur économique public.
Le professeur Benachenhou trouve anormal que l’Algérie qui jouit d’un fort taux d’épargne de 45%, presque ‘’comme celui de la Chine’’ n’investi pas assez. Il est tout aussi anormal que le secteur privé, dont certaines activités connaissent une prospérité singulière, à l’instar de l’agroalimentaire, n’investit pas pour donner du tonus à la croissance du pays. Aussi, il a exprimé sa préoccupation quant au recul enregistré depuis 2007 dans la production du secteur des hydrocarbures, que certains spécialistes attribuent à un retard dans les investissements. Lors du débat, des intervenants ont expliqué qu’en plus du problème d’affectation des ressources, il y a un réel problème de gouvernance et de transparence, soulignant qu’il est urgent d’améliorer la gouvernance à tous les niveaux. En conclusion, libéraliser une économie ne suffit pas, il existe un véritable problème d’allocation des ressources qui freine la compétitivité de notre économie, fait valoir Benachenhou.
Farid B.

Rachid Sekak : “On peut anticiper un afflux d’investissements étrangers en Algérie”
''Avec la conjoncture difficile à l’international, l’Algérie apparaît comme relais de croissance pour les multinationales, on peut même anticiper un afflux d’investissements étrangers en Algérie'', a dit M. Rachid Sekak lors d’un point de presse.
La politique financière menée par l’Algérie, notamment la politique de gestion du taux de change, a permis au pays d’être ''naturellement protégé par rapport à ce qui se passe dans le monde'', a-t-il soutenu. Sur 25 milliards de dollars (environ 2.000 mds de dinars) d’investissements hors hydrocarbures réalisés en Algérie entre 2007 et fin 2011, un tiers (8,25 milliards de dollars) étaient des IDE (investissements directs étrangers),  selon les données officielles. Interrogé sur une éventuelle répercussion de la crise économique mondiale sur les besoins de financements des entreprises algériennes, M. Sekak a répondu que ''nous n’avons jusqu’à présent constaté aucune conséquence dans ce sens, ni négative, ni positive''.  
Il a, par contre, fait remarquer que les augmentations salariales en Algérie ont eu ''un effet positif sur les entreprises, en boostant la consommation de leur produits''. Lors d’une conférence qu’elle a animée juste avant le point de presse, Mme  Mathilde Lemoine, directrice des Etudes économiques et de la stratégie des marchés à HSBC-France, a avancé que l’année 2013 '' s’ouvre sous de meilleurs  auspices pour la zone euro et le reste du monde'', soulignant que les équilibres  financiers mondiaux resteraient ''instables'ws' encore pour longtemps.          

Subventions des produits énergétiques en Algérie
Passer par le Parlement
Les subventions des prix des produits énergétiques, dites "subventions implicites" ou indirectes, non incluses, actuellement, au budget de l’Etat en Algérie, devraient être soumises au vote du Parlement dans le cadre  de la présentation des budgets annuels, a proposé, hier, un économiste algérien.  "Pourquoi ne pas soumettre ces subventions au vote du Parlement, pourquoi  ne pas les restituer au secteur de l’énergie, sous forme d’une enveloppe budgétaire ?",  s’est interrogé M. Abdelatif Benachenhou, économiste et ancien ministre des Finances dans une conférence à Alger organisée par la banque HSBC-Algérie. Les exonérations fiscales profitant aux prix des produits énergétiques,  estimées selon le PNUD (Plan des Nations unies pour le développement) à 6% du  PIB algérien, rappelle M. Benachenhou, "devraient être soumises au débat des parlementaires pour arriver à responsabiliser les sociétés nationales produisant  ces produits", a-t-il insisté. Selon une récente étude du PNUD ayant exploité les données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l’Algérie figure parmi les pays arabes qui subventionnent le plus les produits énergétiques avec 10,59 milliards de dollars (800 milliards de dinars) consacrés à la subvention des prix de l’énergie en 2010. L’électricité a profité de 2,13 milliards dollars (150 milliards de dinars) de subventions, tandis que les carburants ont coûté 8,46 milliards de dollars  (650 milliards de dinars). Ces subventions représentent, selon l’organisme onusien, 6,6% du PIB algérien en 2010. D’autre part, l’économiste a plaidé pour une "nouvelle forme de subventions des prix" en Algérie, ciblant la personne démunie et non pas le produit lui-même,  en appelant les autorités à procéder à une évaluation des résultats de la politique de subvention pour en tirer les conclusions. Outre les subventions implicites, la dépense sociale budgétisée en Algérie représente presque un quart du budget de l’Etat et 13% du PIB national. L’autre secteur qui compte "trop" sur les subventions de l’Etat est  le logement, d’après M. Benachenhou. "Comment peut-on expliquer que 3% du PIB sont consacrés à la politique du soutien du logement dans le cadre du budget de l’Etat alors que les banques, qui croulent sous les surliquidités, ne consacrent que 1,2% du PIB pour financer le logement", s’est-il indigné.               
APS

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