dimanche 18 aot 2019 12:36:43

Finale, Nigeria 1 - Burkina Faso 0 : Les super Eagles sur le toit de l’Afrique

Et de trois ! Le Nigeria de Stephen Keshi a décroché son troisième titre de champion d’Afrique et retrouvé son rang du début des années 1990 en battant en finale de la CAN-2013 le Burkina Faso, équipe surprise du tournoi, dimanche à Johannesburg.

PUBLIE LE : 11-02-2013 | 23:00
D.R

A Johannesburg (FNB Stadium). Spectateurs : 40.000 ;
Arbitre : D. Haimoudi (ALG)  But : Nigeria : Mba (40’)          
Avertissements : Nigeria : Onazi (38), Omeruo (57), Mikel (57), Oshaniwa (71), Ideye (90+3)     Burkina : Rouamba (33)          
Les équipes :     
Nigeria : Enyeama (cap) - Ambrose, Oboabona, Omeruo, Elderson (Oshaniwa 67),  Mba (Yobo 89), Mikel, Onazi - Ideye, Uche (Musa 54), Moses.
Entraîneur : Stephen Keshi          
Burkina Faso : Diakite - Koffi, B.Koné, Koulibaly (Dagano 84), Panandetiguiri, Nakoulma, Rouamba (Sanou 65), Kaboré (cap), D. Kone (Ab.Traore 90), Pitroipa- Bancé.
Entraîneur : Paul Put


Et de trois ! Le Nigeria de Stephen Keshi a décroché son troisième titre de champion d’Afrique et retrouvé son rang   du début des années 1990 en battant en finale de la CAN-2013 le Burkina Faso, équipe surprise du tournoi, dimanche à Johannesburg. Les Nigérians, qui succèdent à la Zambie et disputeront leur première Coupe des Confédérations (15-30 juin au Brésil), renouent avec une histoire glorieuse, celle des titres de 1980 et surtout 1994, lorsque les Eagles étaient devenus les Super Eagles à la faveur du titre continental et d’une première participation à une Coupe du monde.     C’était alors la génération en or des Okocha, Amokachi, Yekini, et... Stephen Keshi, actuel sélectionneur et qui a donc remporté la CAN comme joueur et entraîneur, le seul dans ce cas avec l’Egyptien Mahmoud El Gohary. Une beau come-back pour le «Big Boss» à l’aura écornée par des expériences mitigées au Togo et au Mali, et d’autant plus savoureux qu’en dépit de son pedigree et de son record de population en Afrique (162 millions d’habitants), le Nigeria avait abordé cette CAN-2013, pour une fois, en outsider, après avoir été absent de l’édition précédente. L’équipe, délestée de monstres sacrés (Odemwingie, Martins), se présentait comme un amalgame entre joueurs du cru (Oboabona, Mba), jeunes qui montent en Europe (Moses, Emenike) et expatriés chevronnés (Obi Mikel, Enyeama). Et comme un symbole de la patte Keshi, c’est le milieu inconnu, Mba, déjà auteur du but décisif contre la Côte d’Ivoire en quart (2-1), qui a matérialisé la victoire finale d’un superbe enchaînement : coup du sombrero pied droit sur   Koffi et reprise lobée pied gauche venant se déposer dans le petit filet   opposé, sous les yeux d’un Diakité statufié dans la cage burkinabè (40e, 1-0).

Pitroipa transparent     
Le Nigeria a confirmé dimanche la puissance souveraine qu’il dégageait au fil des matches à élimination directe. Il n’avait guère brillé au premier tour, avec des nuls contre le Burkina et la Zambie (1-1) et une victoire sur l’Ethiopie arrachée in extremis sur deux penalties (2-0). Puis était singulièrement monté en régime en battant le favori ivoirien (2-1) avant de   souffleter le Mali en demi-finale (4-1). Le Burkina, qui avait joué deux prolongations en quart (1-0 a.p. contre le Togo) et en demi-finale (1-1 a.p., 3-2 t.a.b. face au Ghana), n’avait plus vraiment de jus. Vendredi à l’entraînement, « c’est vrai que tout le monde avait les jambes lourdes », avait relevé son sélectionneur Paul Put, en pestant contre la dizaine d’heures passées la veille à l’aéroport de Nelspruit. Et le Nigeria, au gré d’un rythme assez lent et dans une partie peu  spectaculaire, n’a donc pas eu à forcer, tant il a étouffé les Etalons, qui ne se sont révoltés que dans la dernière demi-heure seulement, à l’image de ce tir de Sanou rasant le montant (74e). De bien inoffensifs Etalons : Pitroipa était sur le terrain, autorisé à jouer après la levée de son carton rouge injustement reçu en demi-finale, mais   il n’était pas vraiment là, transparent et producteur d’un rare déchet   technique.
Et les tentatives de Bancé n’ont jamais inquiété Enyeama (25e, 28e, 59e). Et tant pis pour le Nigeria s’il fallait faire sans Emenike (touché à une cuisse en demi-finale et forfait dimanche), le meilleur buteur du tournoi à égalité avec le Ghanéen Wakaso (4 buts), et que son remplaçant Uche n’a rien fait, lui-même remplacé dès la 48e minute. Peu importe le caractère chiche des situations nigérianes, avec cette frappe excentrée d’Ideye et détournée par Diakité comme seule occasion nette  (48e). Moses s’est démené, mais sans précision dans le dernier geste, là où Obi Mikel au milieu était précieux. Ideye et Musa n’ont pas davantage été   tranchants. Mais le milieu et la défense nigérians étaient supérieurs. Les Super Eagles avaient pris le match dans leurs serres. Et ainsi le trophée, direction... Lagos.

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Malgré le forfait d’Emenike
L’attaquant du Nigeria Emenike, touché en demi-finale à une cuisse, n’a pas pris part à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN-2013) contre le Burkina Faso ce dimanche (19h30  heures algériennes), tandis que l’ailier Moses, qui était lui aussi incertain, avait joué tout en donnant un plus à son équipe. Emenike, qui évolue au Spartak Moscou, est le meilleur buteur du tournoi  avec quatre buts, à égalité avec Wakaso, milieu du Ghana qui a perdu le match pour la 3e place (3-1 face au Mali). Emenike comme Moses avaient été touchés lors de la demi-finale mercredi  contre le Mali (4-1) et n’avaient pu terminer la rencontre. Du côté du Burkina, le sélectionneur Paul Put a aligné sans surprise le même onze vainqueur du Ghana en demi-finale (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.), avec comme prévu l’attaquant Pitroipa, dont le carton rouge reçu mercredi a été levé samedi par la Confédération africaine (CAF).

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Déclarations

Le président du Nigeria félicite l’équipe
Le président du Nigeria, Goodluck Jonathan,  a félicité les Super Eagles, surnom des joueurs de l’équipe nationale, sacrés champions d’Afrique 2013 après leur victoire (1-0) sur le Burkina Faso, en finale dimanche au Soccer Stadium de Johannesbourg.  « Le président Jonathan remercie le coach Stephen Keshi et tous les membres  de la sélection qui ont travaillé durement pour que le Nigeria soit à nouveau fier d’être champion après dix-neuf années d’attente », a déclaré la  présidence dans un communiqué. « Le président espère également qu’après avoir conquis l’Afrique, les nouveaux Super Eagles peuvent se couvrir encore plus de gloire à la Coupe du  monde au Brésil l’année prochaine », ajoute le communiqué.

Paul Put   (sélectionneur du Burkina Faso) :
« Je suis très fier, très content. Peut-être   qu’on a montré trop de respect pendant les 45 premières minutes, mais en deuxième mi-temps, on a tout donné. Je dois féliciter mes joueurs. On a eu quelques petites occasions, et un peu de malchance, mais il faut être grand quand tu gagnes, et petit quand tu perds. Félicitations au Nigeria et à mes joueurs, je suis très fier, très content de mes joueurs. La fatigue a joué, bien sûr, parce qu’on a joué deux prolongations, mais ils ont montré une bonne mentalité, joué avec beaucoup de volonté, ils étaient peut-être un peu moins frais, mais c’est le foot, il faut l’accepter. Le Burkina peut être très fier de ses Etalons. C’est mérité pour le Nigeria, c’est une très grande équipe avec de grands joueurs, qui ont progressé, et méritent d’être champions. Si vous gagnez, il n’y a pas de discussion. Pitroipa ? Je suis content de Pitroipa, mais encore plus de l’équipe, qui a fait un très grand tournoi. Pitroipa, on sait qu’il est important mais je félicite toute l’équipe. L’une est plus technique que l’autre, mais tout le monde s’est donné à fond.»        

Charles Kaboré (milieu et capitaine du Burkina Faso) :
« Il nous a manqué un peu de conviction dans le jeu. En première mi-temps, on était un peu crispés, on voulait défendre, attaquer, et on ne savait pas comment le Nigeria allait évoluer. On n’a pas de regrets, on a joué à fond. On peut faire mieux les années à venir. C’était inespéré pour nous d’arriver à ce stade. Il faut féliciter le Nigeria pour leur mentalité et leur jeu. On n’a pas de regret.»        

Moumouni Dagano (attaquant du Burkina Faso) :
« Ce n’est que du bonheur. Il y a trois-quatre   semaines, personne ne croyait qu’on puisse se retrouver en finale. Notre objectif était surtout de remporter un match et de passer le premier tour. Se retrouver en finale, ce n’est que du bonus. On va savourer ça. Cette finale, pour moi, on l’a emportée mais félicitations au Nigeria. On va nous accueillir au pays comme des héros.»  

Jonathan Pitroipa (attaquant du Burkina Faso) :
« Il y a beaucoup de regrets mais le fait d’arriver en finale est déjà le signe d’un bon parcours. On a tous travaillé, tous ensemble. Je félicite tous mes coéquipiers. On a montré un bel état d’esprit, c’est pour ça qu’on a fait un beau parcours. On est déçu mais on ne va pas se prendre la tête. On est content d’être arrivé là mais on peut encore faire mieux. Maintenant, on sera attendu et ce ne sera pas facile pour nous. Mais c’est intéressant de voir qu’on va être considéré comme une bonne équipe. On a progressé. »

Joseph Yobo  (défenseur central et capitaine du Nigeria) :
« Je suis heureux. Dans ma carrière internationale de football, c’est un rêve qui devient réalité. C’est ma 6e CAN, et j’avais déjà dit que ce serait ma dernière, pas parce que je ne peux plus en jouer, mais parce qu’il est temps de laisser la place. Je remercie Dieu de m’avoir donné cette victoire pour ma dernière CAN.»         

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Le tableau d’honneur
Vainqueur : Nigeria     
Deuxième : Burkina Faso     
Troisième : Mali          
Meilleurs buteurs (4 buts) : Emmanuel Emenike (NGR) et Mubarak Wakaso (GHA)         
 Récompenses attribuées par la CAF :     
Meilleur joueur du tournoi : Jonathan Pitroipa (BUR)     
Joueur le plus fair-play du tournoi : Victor Moses (NGR)     
Plus beau but du tournoi : Youssef El Msakni (Tunisie)         

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Scènes de liesse au Nigeria

Les Nigérians ont laissé éclater leur joie lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations remportée par les   Super Eagles aux dépens du Burkina Faso 1-0 dimanche à Johannesburg, dans un  pays gangréné par la corruption et divisé entre chrétiens et musulmans. « Cela faisait si longtemps » exulte Walter Samuel, 32 ans, au milieu de la   foule à Lagos. «Voilà comment on veut voir jouer les Super Eagles ! », s’enthousiasme-t-il. Des milliers de Nigérians s’étaient rassemblés à proximité du stade national de Lagos pour regarder la finale sur deux écrans géants, espérant voir leur équipe fétiche soulever une troisième fois la CAN, après les titres de 1980 et 1994. Ils ont entonné le compte à rebours dans les dernières secondes de la partie et lancé des feux d’artifice. Nombre d’entre eux portaient l’habit traditionnel Yoruba, le visage peinturluré aux couleurs du drapeau national vert et blanc. L’histoire est d’autant plus belle que le Nigeria n’était pas parvenu à se qualifier pour l’édition 2012 et qu’elle n’était pas la favorite des   pronostiqueurs au début de l’épreuve. A Enugu, dans l’Est du pays, Dibia Okey laisse lui aussi éclater sa joie. « Le Nigeria est le vrai champion d’Afrique. La rencontre a été équilibrée, mais nous avons su concrétiser nos nombreuses occasions et c’est ce qui a fait la différence. » « Les Burkinabè nous ont facilité la tâche aujourd’hui et Sunday Mba a mis un sacré but », ajoute Jude Anaele, homme d’affaires.  

« Confiance en nous »     
Ce succès dans la compétition continentale met du baume au cœur à un pays déchiré entre un Nord musulman et un Sud chrétien, souvent secoué par des violences interreligieuses. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants, est également frappé par la corruption et la majorité des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. « Le football  nous redonne confiance », estime Kunle Francis, 33ans. « Cela montre que l’on peut y arriver », poursuit-il. Après ce triomphe, de nombreux fans veulent que les joueurs ne s’arrêtent pas en si bon chemin.  « On va continuer », dit Samuel, apprenti cordonnier. « Et cette équipe va aller au Brésil », glisse-t-il en référence au mondial brésilien de 2014, pour lequel le Nigeria est en bonne voie de qualification.  
Les festivités devraient se poursuivre la semaine prochaine avec l’accueil mardi des champions à Abuja, la capitale du pays, par le président Goodluck Jonathan, qui a félicité dimanche soir les Super Eagles. « Le président Jonathan remercie le coach Stephen Keshi et tous les membres de la sélection qui ont travaillé si durement pour que le Nigeria soit à nouveau fier d’être champion après dix-neuf années d’attente », a indiqué la présidence dans un communiqué

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Palmarès

Pays titrés, lieux du tournoi et scores des finales :     
1957 : Egypte (au Soudan), 4-0 contre l’Ethiopie     
1959 : Egypte (en Egypte), première de la poule finale     
1962 : Ethiopie (en Ethiopie), 4-2 a.p. contre l’Egypte     
1963 : Ghana (au Ghana), 3-0 contre le Soudan     
1965 : Ghana (en Tunisie), 3-2 a.p. contre la Tunisie     
1968 : Congo-Kinshasa (actuelle RDC) (en Ethiopie), 1-0 contre le Ghana     
1970 : Soudan (au Soudan), 1-0 contre le Ghana     
1972 : Congo (au Cameroun), 3-2 contre le Mali    
1974 : Zaïre (actuelle RDC) (en Egypte), 2-0 contre la Zambie    
1976 : Maroc (en Ethiopie), premier de la poule finale     
1978 : Ghana (au Ghana), 2-0 contre l’Ouganda     
1980 : Nigeria (au Nigeria), 3-0 contre l’Algérie     
1982 : Ghana (en Libye), 1-1 a.p., 7-6 t.a.b. contre la Libye     
1984 : Cameroun (en Côte d’Ivoire), 3-1 contre le Nigeria     
1986 : Egypte (en Egypte), 0-0 a.p., 5-4 t.a.b. contre le Cameroun     
1988 : Cameroun (au Maroc), 1-0 contre le Nigeria     
1990 : Algérie (en Algérie), 1-0 contre le Nigeria    
1992 : Côte d’Ivoire (au Sénégal), 0-0 a.p., 11-10 t.a.b. contre le Ghana     
1994 : Nigeria (en Tunisie), 2-1 contre la Zambie     
1996 : Afrique du Sud (en Afrique du Sud), 2-0 contre la Tunisie     
1998 : Egypte (au Burkina Faso), 2-0 contre l’Afrique du Sud     
2000 : Cameroun (au Ghana et Nigeria), 2-2 a.p., 4-3 t.a.b. contre le Nigeria     
2002 : Cameroun (au Mali), 0-0 a.p., 4-2 t.a.b. contre le Sénégal     
2004 : Tunisie (en Tunisie), 2-1 contre le Maroc    
2006 : Egypte (en Egypte), 0-0 a.p., 4-2 t.a.b. contre la Côte d’Ivoire    
2008 : Egypte (au Ghana), 1-0 contre le Cameroun     
2010 : Egypte (en Angola), 1-0 contre le Ghana     
2012 : Zambie (au Gabon), 0-0 a.p., 8-7 t.a.b. contre la Côte d’Ivoire     
2013 : Nigeria (en Afrique du Sud), 1-0 contre le Burkina Faso          .

Ont gagné la compétition :    
7 fois : Egypte    
4 : Cameroun et Ghana    
3 : Nigeria    
2 : République démocratique du Congo (RDC)     
1 : Afrique du Sud, Algérie, Congo, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Maroc, Soudan, Tunisie

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