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Débat sur la débureaucratisation de l’entreprise au CARE : Constat et remèdes

Le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) a organisé hier, dans l’enceinte de l’hôtel Hilton, avec le soutien de la Fondation Friedrich Neumann, un débat ayant pour thème : « Amélioration du climat des affaires : volet débureaucratisation ».

PUBLIE LE : 04-02-2013 | 23:00

Le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) a organisé hier, dans l’enceinte de l’hôtel Hilton, avec le soutien de la Fondation Friedrich Neumann, un débat ayant pour thème : « Amélioration du climat des affaires : volet débureaucratisation ».  A ce propos, M. Maher Ameur, consultant et  ancien élève de l’Ecole nationale des ponts et chaussées de Paris, a analysé  la problématique  en tant que levier évident de compétitivité de notre économie.
Le conférencier a fait remarquer qu’il  suffit juste de compter le nombre de personnes présentes une matinée ou une journée   dans un palais de justice pour retirer  un extrait de casier judiciaire ou dans une APC pour un extrait de naissance, pour réaliser que ces personnes ne produisent pas pendant ce temps-là et ne créent pas de richesse. Par conséquent, l’impact sur notre productivité et sur le  PIB est direct. « Tout le temps qui n’est pas consacré à créer de la richesse, affecte notre productivité ». Les indicateurs macro-économiques comme le PIB et la productivité qui paraissent à priori, théoriques prennent leurs racines dans notre quotidien. « L’indicateur que nous pouvons estimer est celui de notre emploi du temps », affirme-t-il. Combien de temps consacrons-nous à la production de la richesse, et combien de temps est- il dédié directement ou indirectement à des procédures bureaucratiques, s’interroge-t-il. Pour l’expert, la réponse coule de source.   C’est donc sur la base de ce constat, que la  réflexion sur et par des actions sur la débureaucratisation en tant que facteur incapacitant et en tant qu’obstacle majeur qui se dresse devant les entrepreneurs doit s’opérer notamment au niveau des administrations dans sa corrélation avec toutes les parties prenantes. Cette réflexion, pour peu qu’elle soit efficace, doit commencer par l’évaluation des coûts de chaque procédure administrative en conformité et le mettre en conformité avec l’utilité et les bénéfices de cette procédure, la même réflexion devant engager les actions de ré-engineering  et d’études des processus permettant d’optimiser les  performance de l’administration, ajoute M. Maher Ameur.
Cette approche est illustrée par le cas particulier du processus de démarrage d’une entreprise en Algérie, car c’est celui qui est le plus documenté et analysé, selon M. Ameur. Elle a été conduite en 2007-2008 dans le cadre d’une démarche conjointe entre le ministère des Participations et de la Promotion des investissements et la SFI, filiale de la Banque mondiale, à l’effet d’impulser un processus de création d’entreprises qui implique plusieurs administrations publiques,  chacune avec ses procédures internes, ses exigences et  son système d’information. Le conférencier a présenté pour illustrer sa réflexion sur le    parcours d’un créateur d’entreprise,  les perspectives d’analyse des possibilités de rationalisation de ce parcours par le moyen de la convergence de pratiques permettant  d’aborder la généralisation systématique de la dé-bureaucratisation à tous les niveaux d’élaboration d’un plan rationnel de création de l’entreprise. M. Maher Ameur a insisté sur la nécessaire implémentation de pratiques et procédures administratives simplifiées pour alléger au maximum le poids d’une bureaucratie qui demeure du point de vue de cet expert, extrêmement tatillonne, « documentivore » et paperassière à l’excès.   
« Les procédures administratives qui assaillent l’entrepreneur algérien ou le créateur d’entreprise sont très redondantes, nécessitant d’inutiles déplacements, importants et fréquents,  générant  des démarches  fastidieuses (80 documents sont demandés au créateur d’une entreprise) ».
La débureaucratisation doit s’adosser à  des principes directeurs. Pour ce faire, le  conférencier cite d’abord l’émergence d’une  administration « orientée client » et facilitatrice, car l’entrepreneur est en face, pour l’instant, d’une administration cloisonnée et de contrôle. Le 2e principe concerne la collecte de l’information et non pas de documents. Le 3e principe concerne la non-redondance. L’investisseur transmet une fois,  l’ensemble des informations nécessaires à l’administration. Il faut aussi un interlocuteur unique qui soit mis en face à l’investisseur. Enfin, M. Maher Ameur évoque la mise en place d’un « workflow » ou canal de  transmission  de  l’information entre les administrations. Le consultant propose des  axes d’amélioration dits opérationnels fondés essentiellement sur  un dossier investisseur bien identifié, sur le formulaire unique, la  domiciliation, un paiement unique, et un archivage électronique des données. En conclusion, débureaucratiser l’acte de naissance de l’entreprise sans perte de temps et d’énergie excessive, sans avoir à subir le parcours du combattant, c’est gagner un temps précieux dans le traitement des dossiers dans le cadre d’une gestion assouplie au mieux, plus cernée, et donc forcément plus cartésienne, c’est faire en sorte que l’administration retrouve sa raison d’être.
M. Bouraib

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