vendredi 16 novembre 2018 09:34:49

Le Ministre sahraoui des Affaires étrangères : “La question sahraouie est une urgence”

Procès des 24 détenus sahraouis, Amnesty International : “Il y a maldonne dès le départ”

PUBLIE LE : 04-02-2013 | 0:00
D.R

Les 24 prisonniers politiques sahraouis dits «groupe de Gdeim Izik», dont le procès a débuté, il y a deux jours,  à Rabat devant un tribunal militaire, doivent être jugés en appliquant « le droit international.»


«La résolution du problème sahraoui est une urgence, il n’y a plus de temps à perdre. » C’est par ces termes que s’est exprimé, hier, Mohamed Salem Ould Essalek, chef de la diplomatie sahraouie, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’ambassade de la RASD. Les «exactions», et «dépassements dangereux» dont a fait preuve le Royaume chérifien, depuis 1975, «doivent cesser dans l’immédiat» n’a-t-il cessé de tonner.  Dans ce contexte des voix se sont élevées partout à travers le monde pour dénoncer cet état de fait, la dernière est celle du Parlement suédois. L’«intransigeance marocaine dans sa stratégie de «gagner du temps», bute contre le «rejet catégorique» de ces atermoiements, par les pays européens notamment, qui «se solidarisent» avec la République sahraouie. La tenue «rapide» d’un référendum d'autodétermination, «pour permettre aux Sahraouis de décider librement de leur avenir, s’impose plus que jamais» a spécifié le chef de la diplomatie sahraouie. «Déjà en 1983, l’Organisation de l’unité africaine était disposée à organiser toute seule ce référendum» a-t-il rappelé, signalant que le Maroc «s’y opposait farouchement à l’époque ». Outre le rôle que peuvent jouer les Nations unies, M. Ould Essalek mise également sur la détermination et la démarche de l’Afrique. Si aujourd’hui les pays africains, déterminés depuis toujours à aider le peuple sahraoui, reviennent à la charge, «c’est un message fort sur le plan politique».  Ce rappel à l’ordre renseigne sur la nature de la cause sahraouie, laquelle est «africaine avant qu’elle ne soit onusienne», explique le ministre sahraoui des Affaires étrangères. Au cours du débat sur le rapport sur la paix et la sécurité devant la 20e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, Mohamed Abdelaziz, a soutenu que «la liberté, la démocratie, la justice et la paix ne sauront intervenir en Afrique et dans le monde tant que le peuple sahraoui reste privé de ses droits naturels et légitimes».  Dans son intervention, M. Ould Essalek rappelle que les Sahraouis se préparent pour fêter, 20 mai prochain, le 40e anniversaire du déclenchement de la lutte armée, et veulent que le «respect des droits de l’homme soit élargi aux missions de la Minurso». «Il y a des indicateurs positifs à même de presser les forces marocaines à s’incliner devant la légalité internationale», se félicite le ministre. Cependant, poursuit-il, les grandes puissances sont appelées à passer à une autre vitesse.  A ce propos, M. Ould Essalek déplore l’attitude de l’Etat français qui «soutient le Maroc en dépit de ses abus multiples».  Admettant que la politique française n’a pas changé avec le nouveau gouvernement, le chef de la diplomatie sahraouie affirme, tout de même, que la France «peut jouer un rôle pionnier pour mettre toute la lumière sur la question sahraouie.» Dans le même ordre d’idées, il fait part de sa satisfaction de voir l’envoyé spécial des Nations unies, consulter, pour la première fois, des pays comme la Suisse et la Russie. Il s’agit pour Christopher Ross de «chercher un soutien plus élargi».  Ces consultations, qui dureront jusqu’au 15 février prochain, «visent à établir un soutien international supplémentaire pour les négociations sur le Sahara occidental en vue de la prochaine phase d’engagement avec les parties au conflit (Front Polisario-Maroc) et les pays voisins, prévue pour mars». D’autre part, l’intervenant revient sur le «sort ambigu» des 24 prisonniers politiques sahraouis dit «groupe de Gdeim Izik», dont le procès a débuté, il y a deux jours, à Rabat devant un tribunal militaire. Et appelle à «l’application du droit international dans ce dossier.» Avant lui, Me France Weyl, avocate au barreau de Paris et membre de l’Association internationale des juristes démocrates et de l’association française Droits et Solidarité, a souligné que ce qui est «frappant» dans cette affaire, réside en «la violation généralisée et systématique du droit international et du droit marocain».  Aussi, selon elle, « l’incarcération des 24 Sahraouis s’est faite «sans aucune décision judiciaire et au mépris du droit international et des dispositions du code de procédure pénale marocain». Abordant le volet régional, M. Ould Essalek réaffirme le soutien de la RASD au Mali «jusqu’à ce que ce pays retrouve son intégrité territoriale».  Les efforts de l’ensemble des pays «doivent s’orienter vers une solution politique et démocratique». L’instabilité que vit la région du Sahel, relève-t-il, est causée par les «dérives» du Maroc, pays «producteur de la drogue par excellence». Les autorités marocaines «doivent respecter les frontières qu’elles partagent avec les pays voisins».              
Fouad IRNATENE

Procès des 24 détenus sahraouis
Amnesty International : “Il y a maldonne dès le départ”
Le procès des 24 détenus sahraouis qui doit se dérouler devant un tribunal militaire marocain « ne répond pas aux normes internationalement reconnues d’un procès équitable » et est «faussé dès le départ», a indiqué dimanche l’organisation pour les droits de l’homme Amnesty International. « Le procès de civils devant un tribunal militaire ne répond pas aux normes internationalement reconnues d’un procès équitable. Les 24 accusés doivent être traduits devant un tribunal civil avec toutes les garanties des droits de l’homme que cela suppose et, en aucun cas, les détenus ne doivent être condamnés à mort », a déclaré Philip Luther, directeur d’Amnesty International au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Pour lui, les autorités marocaines doivent également ouvrir une « enquête indépendante et impartiale » sur les événements de Gdeim Izik qui ont eu lieu il y a plus de deux ans.
 

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