mercredi 13 novembre 2019 14:48:03

Meziane Meriane (coordinateur du Snapest) : “Il faut revoir les objectifs pédagogiques à long terme et non à court terme”

"Avant de parler du Bac à deux sessions, il faut parler de passerelles entre les secteur de l’éducation nationale et de l’enseignement et de la formation professionnels."

PUBLIE LE : 03-02-2013 | 0:00
D.R

M. Meriane, le ministre vous a invité en tant que partenaire social, à l’évaluation de la réforme du système éducatif. Comment appréciez-vous cette décision ?
C’est une louable initiative. La tâche est très importante.  Après dix années d’application il y a lieu d’aborder le chapitre évaluation afin d’apporter des correctifs au volet pratique. Un grand travail a été accompli dans le cadre de la réforme de M. Benzaghou qui n’a pas été appliquée dans sa totalité. La question est posée est de savoir pourquoi il y a eu une application partielle et non pas totale de la commission de Benzaghou ?
Personnellement, j’aurais aimé qu’il y ait installation des commissions d’évaluation et de réflexion qui prennent en charge la question. Une fois que les commissions auront terminé leur travail, on passera à une journée de synthèse pour tirer toutes les conclusions inscrites.

Que pensez-vous de la surcharge des programmes au niveau du cycle primaire ?
Pour ce qui est de cette question, il faut procéder à la révision de certain objectifs pédagogiques et démarches pédagogiques qu’il faut absolument corriger. Malheureusement certains s’entêtent à avoir des têtes trop pleines au lieu d’avoir des têtes bien faites. Ils s’acharnent à atteindre un objectif pédagogique au bout d’une année. Avec cette méthode inefficace, on ne fera que surcharger l’enfant qui a besoin de jouer, de pratiques du sport, de récupérer et de se reposer.
Donc il faut revoir les objectifs pédagogiques à long terme et non pas à court terme afin de donner l’essentiel pour nos enfants, sans toutefois les priver de leur enfance.

L’enseignement des langues est l’une des priorités du secteur. Existe-t-il un moyen d’introduire  plus d’une langue étrangère dans le programme du cycle primaire ?
Pourquoi pas ? D’ailleurs les pédagogues qui ont fait les études sur l’apprentissage des langues disent que l’âge de la prédisposition de l’enfant à apprendre des langues, c’est à partir de 8 ans, soit à la troisième année primaire. Donc, on peut introduire l’anglais à partir de la quatrième année primaire, bien sur en supprimant certaines matières qui surchargent le quotidien du cycle primaire telle que la technologie et qui peuvent être enseignées au niveau du cycle moyen et secondaire. Cette action permet à l’enfant de se familiariser avec cette langue, la première sur le plan international et mieux la maîtrise, tout comme la langue française.   

S’agissant du cycle moyen, est ce logique qu’un enfant de 14 ans passe l’examen du Brevet d’Enseignement Moyen en composant dans 9 matières en trois jours seulement ?
Il y a beaucoup de choses à revoir. Parce que si on se réfère à l’ancien système des années 60 et 70, l’école algérienne a formé l’intelligentsia, mais on se souvient bien, on n’avait pas autant de matières dans le programme d’enseignement. L’élève à l’époque était presque spécialisé dans le collège et le lycée. C'est-à-dire le nombre de leçons et des matières était limité mais l’élève était bien formé car, il a l’essentiel à apprendre. Avec cette méthode, on a atteint un niveau appréciable et on a vraiment à envier aux pays développés. Pour preuve on participait aux olympiades des mathématiques et l’Algérie était classée toujours parmi les premiers. On est classé derniers. Il faut renverser cette tendance.

Qu’en est-t-il du baccalauréat à deux sessions ?
Avant de parler du Bac à deux sessions, il faut parler de passerelles entre les secteur de l’éducation nationale et de l’enseignement et de la formation professionnels. Parce que si on revient à deux Bac, on confrontera un grand barrage et on aura beaucoup de déperditions scolaires. Cette déperdition ne doit pas être livrée à la rue, mais elle doit trouver un débouché au niveau du secteur de l’enseignement et de la formation professionnels qui doit jouer un rôle primordial. Une fois ces passerelles installées d’une manière automatique, sans que l’élève court après un débouché, là on pourra parler de concours aux grandes écoles et pourquoi pas avec le Bac à deux sessions.  

Une dernière question sur les conditions socioprofessionnelles de l’enseignant, où on est-on avec les revendications syndicales ?
Contrairement à ce qu’on dit que tout est réglé, je réponds non. Il y a qu’une seule revendication satisfaite, celle du glissement dans l’échelon, en passant d’une catégorie vers une catégorie supérieure. Mais pour ce qui est des primes et des indemnités du Sud, les enseignants concernés continuent toujours d’être payés par rapport à l’ancien salaire de base. C’est une aberration. L’enseignant du technique souffre par rapport à sa situation actuelle avec la suppression de l’enseignement technique au niveau du secondaire. Ces deux revendications nous tiennent beaucoup à cœur et c’est pour cette raison que nous poursuivons notre action.  
 Propos recueillis par S. Sofi
 

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