mercredi 26 avril 2017 18:35:15

François Hollande rend hommage à Maurice Audin : Devoir de mémoire

Il régnait en cette matinée du jeudi une ambiance peu coutumière à la place Maurice- Audin. Une foule compacte s’était massée aux alentours pour assister à un événement d’une portée symbolique, et prendre acte du recueillement du Président François Hollande à la mémoire de Maurice Audin, militant anticolonialiste.

PUBLIE LE : 22-12-2012 | 0:00
D.R

Il régnait en cette matinée du jeudi une ambiance peu coutumière à la place Maurice- Audin. Une foule compacte s’était massée aux alentours pour assister à un événement d’une portée symbolique, et prendre acte du recueillement du Président François Hollande à la mémoire de Maurice Audin, militant anticolonialiste.

Maurice Audin, jeune mathématicien opposé à la guerre, arrêté à Alger un mardi 11 juin 1957 dans son appartement  par les militaires du  1er régiment étranger de parachutistes (1er REP), fut séquestré et torturé à mort dans un centre de détention. Sa veuve Josette Audin n’a cessé de réclamer la vérité sur son assassinat.  
Le Président François Hollande lui a rendu hommage en se rendant à la place qui porte son nom.  
C’est une étape à forte charge symbolique inscrite sur le programme de la visite d’État du Président français en Algérie.
Un acte significatif qui remue un passé douloureux et rompt un tabou sur les circonstances de la mort de ce mathématicien, disparu il y a 55 ans en pleine bataille d’Alger.
Le Président français, accompagné du Premier ministre algérien M. Abdelmalek Sellal,  a rendu un hommage au martyr Maurice Audin, sur la place éponyme, devant la plaque apposée en guise de reconnaissance envers celui  qui avait milité pour l’Algérie indépendante.
C’est un geste attendu par les intellectuels, les anciens militants de la cause nationale. Comme Fernand Yveton, Henri Maillot et tant d’autres combattants européens morts au combat pour l’honneur de la France, selon l’expression de Francis Jeanson.  Mme Josette Audin, veuve du militant Maurice Audin, avait plaidé pour une «condamnation ferme» de la France de l’assassinat de son époux en juin 1957 par les parachutistes, ainsi que de tous les crimes perpétrés en Algérie pendant la colonisation.  
 François Hollande s’est ensuite rendu au cimetière européen de Bologhine, du nom du quartier de l’ex- Saint-Eugène, qui abrite des centaines de tombes de Français d’Algérie, de consuls de la période ottomane, le tombeau de la reine malgache exilée à Alger, Ranavalona. Cette halte commémorative a aussi inclus les Algériens morts pour l’indépendance.  
Dans une cérémonie solennelle au monument des Martyrs, sur les hauteurs d’Alger, François Hollande a déposé une gerbe de fleurs sur la stèle érigée à leur mémoire.   Les questions mémorielles ont été aussi au centre du discours prononcé jeudi par le Président français, M. François  Hollande, devant les membres des deux chambres du parlement algérien, reconnaissant, à cette occasion, le caractère «profondément injuste» d’un système colonial qui a infligé des souffrances pendant 132 ans aux Algériens.          
Le président Hollande a notamment déclaré, dans son discours, «reconnaître les souffrances infligées par la colonisation française à la population algérienne», affirmant que «ce système a un nom, c’est la colonisation».          
Parmi les souffrances que le peuple algérien a endurées durant cette  page noire de son histoire, le Chef de l’état français a cité, plus particulièrement, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du  8 mai 1945 qui demeurent «ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français».          
 «Connaître, établir la vérité, c’est une obligation qui lie les Algériens et les Français. C’est pourquoi il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives.»  C’est la raison pour laquelle il a plaidé  pour que cette vérité «puisse être connue de tous».          
Le Président Hollande avait estimé que le passé «ne doit pas empêcher les deux pays de travailler pour l’avenir, (...) d’aller plus vite et plus loin».          
Rappelons que le 17 octobre dernier, François Hollande avait affirmé que la République reconnaissait «avec lucidité» la «répression sanglante» qui s’était abattue sur les Algériens le 17 octobre 1961 à Paris.          
Toutefois, des  historiens pensent que le Président français peut aller plus loin en annonçant officiellement une reconnaissance de la France de tous les crimes qu’elle avait commis contre le peuple algérien durant la période coloniale.         
 Pour  Benjamin  Stora, il y a, aujourd’hui, une nécessité «absolue» d’aborder la nature répressive du système colonial. «Il y a encore beaucoup de choses à dire, à faire sur la période de la colonisation, mais ce travail a déjà commencé, depuis de nombreuses années, par les historiens des deux rives, et surtout par les nouvelles générations de chercheurs qui dévoilent les vérités sur cette histoire».
M. Bouraib

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