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Hollande se rendra à la place baptisée du nom de maurice Audin : La veuve du militant veut une condamnation ferme par la France

Interrogée par l'APS sur ce qu'elle attend du geste du président François Hollande qui a prévu de se rendre à la place baptisé du nom de Maurice Audin, dans le cadre de la visite qu'il entamera aujourd’hui en Algérie, la veuve de Maurice Audin a indiqué qu'elle n'attendait pas "des excuses pour des actes qui ne sont pas excusables, mais une condamnation ferme par la France" de l'assassinat de son époux enlevé et torturé par les parachutistes en juin 1957 pendant la "Bataille d'Alger".

PUBLIE LE : 19-12-2012 | 0:00
veuve de Maurice Audin

Interrogée par l'APS sur ce qu'elle attend du geste du président François Hollande qui a prévu de se rendre à la place baptisé du nom de Maurice Audin,  dans le cadre de la visite qu'il entamera aujourd’hui en Algérie, la veuve de Maurice  Audin a indiqué qu'elle n'attendait pas "des excuses pour des actes qui ne sont pas excusables, mais une condamnation ferme par la France" de l'assassinat de son époux enlevé et torturé par les parachutistes en juin 1957 pendant la  "Bataille d'Alger".  Elle a estimé que le chef de l'Etat français devrait également "condamner tous les crimes perpétrés en Algérie" pendant la colonisation.
"Cette condamnation a commencé avec la reconnaissance des massacres d'Algériens sortis manifester pacifiquement le 17 octobre 1961, il serait bien qu'il reconnaisse aussi que pendant la guerre d'Algérie, les militaires français avaient torturé et assassiné des militants de la cause algérienne", a-t-elle dit. "Le président Jacques Chirac l'a fait pour condamner la rafle du Vél'd'Hiv,  j'espère que le président Hollande le fera au nom de la France", a-t-elle ajouté. "Il est temps, plus de cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie,  que la vérité soit connue et reconnue", a-t-elle souligné. Mme Josette Audin a indiqué, en outre, qu'après la lettre qu'elle avait récemment adressée au président Hollande, lui demandant l'accès des historiens aux archives de toutes les personnalités civiles et militaires "en charge du maintien de l'ordre" durant la guerre d'Algérie, elle avait reçu lundi passé un message du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour lui remettre, au mois de février prochain, les archives que son département détient en sa  possession "pour que soit rétablie, a-t-elle dit, la vérité sur ce qui s'est passé au nom de la France". Plutôt sceptique, elle a estimé qu'"il n’est pas évident que dans ces archives qui nous seront remises, on trouvera ce qu'on cherche, car pour connaître la vérité, il faudra consulter toutes celles qui ont couvert la guerre d'Algérie".  
Contacté à son tour, le trésorier de l'Association Maurice Audin, Gérard Tronel, a indiqué à l'APS avoir reçu une dérogation pour accéder aux archives du  ministère de la Défense pour connaître la vérité sur l'assassinat de Maurice Audin, mais qu'il n'avait pas trouvé ce qu'il cherchait. "J'ai eu accès à deux boîtes d'archives au ministère de la Défense. La première était vide, dans la deuxième par contre, il y avait beaucoup de documents, mais datés seulement à partir de 1958", a indiqué Tronel, ajoutant qu'"on ne trouvera rien de ce qu'on cherche, car ceux qu'on cherche, ont été soit détruits, soit, ils n'existent pas et je ne vois franchement pas ce que la Défense va remettre à Mme Audin".  
"En voulant sortir des archives du ministère de la Défense, je suis  tombé en revanche sur une lettre du général Massu, qui soulignait que l'affaire Audin  « n'est pas une affaire civile  mais militaire»", a-t-il précisé. "Je ne perds pas espoir de trouver une lumière quant à la vérité sur  le fait que Maurice Audin ne se soit pas évadé mais est mort sous la torture. La stratégie aujourd'hui est de mener un travail avec tous ceux qui ont été mêlés à l'affaire Audin", a estimé M. Tronel.   Maurice Audin, assistant de mathématiques à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien, (PCA),  anticolonialiste convaincu, fut  arrêté  le 11 juin  1957, par les parachutistes du général Jacques Massu, au cours de la fameuse Bataille d’Alger. Il a disparu sans que les circonstances de sa mort ne soient élucidées et encore moins communiquées à ce jour. Seul son camarade Henri Alleg, appréhendé le lendemain, le reverra vivant, mais sauvagement torturé.  
Selon des allégations de l’armée, Maurice Audin se serait évadé le 21 juin, déclenchant sur le vif,  l’« Affaire Audin », à laquelle Pierre Vidal-Naquet, historien réputé, aujourd’hui décédé,  consacra dès 1958 un livre. La plainte déposée par sa femme n’aboutira jamais — lois d’amnistie obligent — même après que le général Aussaresses aura avoué, en 2001, avoir ordonné au lieutenant Charbonnier d’« interroger » Audin. Josette Audin avait annoncé en 2001, avoir porté plainte contre X dans l’affaire de cette disparition, mais du fait des lois d’amnistie, une action en justice était impossible. En juin 2007, juste après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, Josette Audin lui avait envoyé une lettre ouverte dans laquelle elle lui demandait de mettre fin à "la dissimulation honteuse de cette mort" et expliquait qu'il lui était "insupportable de ne pas connaître cette vérité". Sans résultat, rappelle-t-elle. François Hollande assure que la France "doit faire face à ses responsabilités et au devoir de vérité qui lui incombe envers vous et votre famille d'abord, mais également envers l'ensemble des citoyens. Maurice Audin rêvait d’une Algérie libre, d’un monde plus humain, d’une vie meilleure pour ceux qui travaillent.
M. Bouraib

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