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Le phénomène du suicide en Algérie : Plaidoyer pour la création d’un observatoire

Inquiétante évolution du phénomène du suicide en Algérie . Les chiffres sont effarants et les causes demeurent, toutefois, mystérieuses alors que les méthodes de suicide s'avèrent multiples.

PUBLIE LE : 10-12-2012 | 0:00
D.R

Inquiétante évolution du phénomène du suicide en Algérie . Les chiffres sont effarants et les causes demeurent, toutefois, mystérieuses alors que les méthodes de suicide s'avèrent multiples. Ces dernières années, et particulièrement durant la décennie en cours, le nombre des personnes qui choisissent de se donner la mort enregistre une augmentation inquiétante dans notre pays. En finir avec la vie pour fuir une réalité trop dure à supporter.  On se suicide parce que on en a ras le bol, pour un emploi impossible à trouver, par injustice, pour contester ou réclamer un logement … On se se donne la mort de plus en plus facilement et pourtant le suicide reste un péché, une source de honte et de blasphème insupportable envers Dieu et l’Islam. D’ailleurs, en Algérie, quand une personne met fin à ses jours, elle laisse rarement une lettre pour expliquer les raisons de son renoncement, parce qu’ici et dans tous pays musulman le suicide est l’un des pires sujets tabous qui soit. Les spécialistes et experts veulent considérer ce phénomène dans son aspect social, psychique et relationnel. Ils appellent à la mise en place d'un ob- servatoire national du suicide afin de mieux cerner et suivre ce phénomène. Pour le Pr Mohamed Taleb,  président de la Société franco-algérienne de psychiatrie, «cet observatoire doit englober aussi bien les praticiens (psychiatres, psychologues et autres spécialistes) que les autres intervenants (magistrats, police, sociologues) confrontés à ce problème».          
Cet organe aura pour mission de recueillir toutes les données relatives  à ce phénomène pour les mettre à la disposition de la communauté scientifique pour mieux comprendre et l’expliquer. «L’apparition du suicide en Algérie comme préoccupation de santé publique est récente. Il reste encore difficile d’en évaluer l’ampleur, et seule une cinquante de pays dans le monde disposent de chiffres fiables», estime M. Talbi qui insiste sur la nécessité de mettre en place des équipes pluridisciplinaires pour étudier ce problème, et de lancer des filières en addictologie et en suicidologie  dans les cursus de la formation médicale. M. Taleb a mis en exergue l’importance de la prévention, estimant que  la création de l’Office national de lutte contre la drogue a été une démarche «primordiale» dans ses volets de lutte et de répression. «Mais restent les volets  médical et scientifique qui doivent être pris en charge». Rappelons que le professeur Ridouh, l’éminent psychiatre, avait de son vivant appelé à l’urgence de mettre en place cet observatoire qui constituerait, selon lui, une base de  données sur les suicides et les tentatives de suicide à partir des statistiques et informations détenues par les différents organismes». 2 191 cas de suicide dont 335 suicides effectifs et 1 856 tentatives de suicide ont été recensés par les éléments de la Gendarmerie nationale à travers tout le territoire national pendant la période allant du 1er janvier 2011 à mai 2012. Les enquêtes de la Gendarmerie nationale ont révélé également l’existence d’un phénomène nouveau, à savoir «le suicide des enfants» et des jeunes de moins de 18 ans. La situation est donc grave et l’appel à la création de cet observatoire est plus qu’urgent.
Farida Larbi
 

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