lundi 25 septembre 2017 09:05:03

Des patients de Laghouat et de BÉchar soignés à partir d’Alger : Premiers pas de la télémédecine en Algérie

Abdelaziz Ziari : “La télémédecine dans le diagnostic doit être une activité permanente”

PUBLIE LE : 14-11-2012 | 0:00
D.R

Le secteur de la santé en Algérie s’est mis à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication avec le lancement, hier, à partir du CHU Bab El-Oued de la première étape du réseau pilote de télémédecine qui relie ce Centre hospitalo-universitaire à deux Etablissements publics hospitaliers (EPH) implantés à Laghouat et Béchar.

Le coup d’envoi de cette liaison de télécommunication médicale dédiée en fibre optique de 2 mégabits/seconde à chacun des trois établissements de santé a été donné par le Pr Abdelaziz Ziari et M. Moussa Benhamadi ministres respectivement de la Santé, de la Population et de Réforme hospitalière et de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication.
Tout en insistant sur  l’étendue de la superficie du territoire national, les deux ministres ont mis en exergue le rôle de la télémédecine qui permet de « raccourcir les distances et d’éviter le transfert des malades du Sud notamment vers le nord du pays ». Ils ont par ailleurs indiqué que la technique de la télémédecine entre les centres hospitalo-universitaires (CHU) du nord du pays et les hôpitaux des régions des Hauts Plateaux et du Sud contribuera à l’amélioration de la prise en charge médicale des habitants de ces régions.
Les deux ministres ont appelé les spécialistes à travailler d’avantage pour faire marcher ce projet en le généralisant afin de faire de cette opération « une réussite exemplaire ».
Ils ont affirmé que les populations des régions du Sud et des Hauts Plateaux ont grandement besoin de la technique de la télémédecine dans l’attente de la réalisation de nouveaux centres hospitalo-universitaires à Laghouat, Béchar et Ouargla.
L’Algérie dispose de compétences médicales de haut niveau ainsi que d’équipements sophistiqués, a fait savoir le ministre de la Santé qui a ajouté que les responsables du secteur de la santé doivent veiller à l’organisation et à la coordination afin que les habitants des régions concernées puissent bénéficier de la technique de la télémédecine.
 Pour sa part, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, a précisé que la technique de la télémédecine sera élargie à tous les hôpitaux à travers le territoire national.
Il a été procédé par la suite à une conversation en directe qui a eu lieu entre les médecins du CHU Bab El-Oued et des  EPH de Laghouat et de Béchar sur différents diagnostics liés aux malades des deux régions. Une conversation qui a permis aux médecins des deux régions d’intervenir à temps tout en évitant à leurs malades de se déplacer vers les CHU.
Ce  projet intégré faisant appel à plusieurs institutions, dont le ministère de la Santé, reliera dans un proche avenir 5 centres hospitalo-universitaires (CHU) du nord du pays à une douzaine d’EPH du Sud. Il entre dans le cadre du programme e-santé qui vise l’accès à l’expertise à distance, le désenclavement des médecins.
L’Agence nationale de promotion de parc technologique (ANPT) a été chargée, par le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication de la mise en place du volet technique, à savoir un réseau de pilotage de télémédecine en Algérie. Le projet consiste à relier les centres hospitalo-universitaires (CHU) du nord du pays à des établissements hospitaliers du Sud. Il s’agit de trois CHU d’Alger (Mustapha Bacha, Bab El-Oued, Beni-Messous), de Constantine et d’Oran, lesquels prendront en charge douze établissement du Sud (Adrar, Tamanrasset, Tindouf, Illizi, El Bayadh, Ouargla, Ghardaïa, Naama, Laghouat, Béchar, Biskra et El Oued). Un site central a été désigné au sein de l’Agence en tant que plateforme technique de pilotage du réseau.
Afin  d’assurer une réussite certaine de ce projet, il a été procédé  dans un premier temps, au lancement de la présente expérience du réseau type de télémédecine constitué des  EPH du de Laghouat et Béchar, et le CHU de Bab El-Oued. La seconde étape consistera la généralisation de cette activité aux autres  établissements inscrits. Ce prototype est conçu pour offrir d’importants services, notamment en faveur des zones enclavées qui souffrent du problème du transfert des malades et de manque de médecins spécialistes. Il permettra d’assurer l’accessibilité aux soins de santé à distance, allant des transferts des données à l’action directe du praticien sur le malade. Il assurera également, les applications de téléconsultations, de téléassistance, de télédiagnostic, de télé-expertise et de formation continue à distance.
Parmi les objectifs visés par cette activité l’amélioration de la prise en charge des malades du Sud, la nécessité de palier au manque de médecins praticiens et la mise à niveau des connaissances des praticiens. Pour ce qui est des premières spécialités traitées par cette technologie, les conférenciers citent la pédiatrie, la gynécologie, la médecine interne et la chirurgie ophtalmologique.
S. Sofi

Une technique qui favorise l’égalité d’accès aux soins
Encore au stade expérimental, la télémédecine a été définie par l’OMS en 1997 comme « la partie de la médecine qui utilise la transmission par télécommunication d’informations médicales en vue d’obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, une surveillance continue d’un malade, une décision thérapeutique».
Cette technique de santé permet, entre autres, d’effectuer des actes médicaux dans le strict respect des règles de déontologie, mais à distance, sous le contrôle et la responsabilité d’un médecin en contact avec le patient par des moyens de communication appropriés à la réalisation de l’acte médical.
La télémédecine favorise le renforcement de l’égalité d’accès aux soins notamment dans les régions appauvries en la matière, le  gain de temps médical pour les professionnels de santé (diagnostics, dépistages), l’augmentation des échanges médicaux.
S. S.

Abdelaziz Ziari : “La télémédecine dans le diagnostic doit être une activité permanente”
« L’objectif visé par cette activité technologique et médicale  réside dans  l’amélioration de la qualité des soins et de la formation médicale continue notamment pour nos jeunes médecins qui se trouvent au niveau des régions isolées afin de rester en contact permanent avec les professeurs des différents CHU pour la prise en charge du malade.
Cet usage de la télémédecine, dans le diagnostic, doit être une activité permanente dans le domaine de la santé. Les médecins de l’intérieur doivent aussi bénéficier de  la téléconférence dans le cadre de la formation continue. La télémédecine encourage les jeunes médecins et les spécialistes à aller s’installer à l’intérieur du pays afin de soulager l’isolement qui caractérise la population des zones isolées. Il y a lieu de convaincre et non pas obliger les jeunes médecins à occuper les structures de l’intérieur du pays qui sont très bien équipées avec un matériel de pointe».
S. S.

M. Moussa Benhamadi : "Nous devons généraliser cette technologie”
La télémédecine sera élargie à tous les hôpitaux à travers le territoire national.  C’est une technique développée qui permet un diagnostic  et une consultation à distance et un suivi précis des malades des régions isolées. Elle contribue également à la formation continue des jeunes médecins praticiens dans les régions isolées.
La télémédecine est le plus bénéfique pour les populations vivant dans les régions éloignées. Elle est appliquée dans pratiquement tous les domaines médicaux (radiologie, cardiologie…). La télémédecine est également utile comme outil de communication entre un médecin généraliste et un spécialiste disponible à un endroit éloigné.
« Nous devons généraliser cette technologie, la simplifier et l’introduire dans la vie quotidienne du citoyen ».
S. S.

M. Rabah Bar, directeur du CHU de Bab-El-Oued : “Une première à l’échelle nationale”
« C’est une première à l’échelle nationale. Le choix de notre établissement de santé n’est pas fortuit, car l’administration et le conseil scientifique ont travaillé sur le projet de télémédecine depuis plusieurs années. Nous avons inscrit ce projet dans le  cadre du partenariat avec les hôpitaux de Marseille et dans cadre du projet d’établissement 2010-2014.
Les équipements acquis par le ministère de la Poste et des Télécommunications sont déjà sur place au niveau des salles aménagées pour la circonstance.
Le démarrage aura lieu aujourd’hui avec les wilayas de Laghouat et de Béchar.
Cette activité de télémédecine est un soutien à la formation du corps médical à l’extrême Sud et les zones éloignées. Elle permettra aux malades aussi de se soigner sur place avec un diagnostic qui se fera à partir d’Alger ».
S. S.

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