Ph. : Wafa
À l’issue de la projection presse du nouveau film consacré à un héros de la guerre de Libération nationale, Zabana, Saïd Ould Khelifa, réalisateur, Azzedine Mihoubi, scénariste, et Yacine Laloui, producteur (Laith Media), Imad Benchenni, Abdelkader Djeriou les deux acteurs principaux du film, ont animé une conférence de presse à la salle El-Mouggar.
“Le film évoque l’histoire d’un homme. Je n’ai pas voulu parler de sa légende. A travers cette histoire, c’est aussi le procès du colonialisme qui, dans ce cas précis, a exécuté un homme de manière illégale. Nous n’avons pas voulu réécrire l’histoire. D’ailleurs l’écriture de l’histoire revient aux historiens. Nous avons choisi de parler de la personnalité d’un militant qui agissait énormément et qui parlait peu. Mais le film se concentre sur une cause pas sur une personne. Un film doit certes susciter de l’émotion. Mais il s’adresse aussi à la raison”, explique le réalisateur avant que le scénariste enchaîne en disant «le film ne s’adresse pas seulement au cœur des spectateurs, mais aussi à leur esprit. Nous avons mis en avant, dans ce long métrage, Ali Zamoum, et Mohamed Saïd Mazouz”, expliquera M. Mihoubi.
Concernant la part de la fiction, le scénariste dira que “le côté fiction est très infime et que tous les faits sont des réalités. le scénario a été écrit sur la base des témoignages de la famille, des amis et des compagnons de cellule, dont Saïd Stambouli, du premier martyr guillotiné afin d’en assurer la précision historique tout en axant cette fiction sur l’individu qui est l’un des héros les moins connus de la révolution si ce n’est le fait d’être le premier martyr de la guillotine.”. Et Saïd Ould Khelifa de ajouter “qu’un film a une durée limitée, et c’est aussi une question de choix. L’histoire d’Ahmed Zabana se termine le 19 juin 1956. Sa légende, par contre, a commencé le même jour. S’il n’y a pas d’émotion, il n’y a pas de cinéma. On voulait rester dans l’émotion et dans le témoignage”. Par ailleurs, et répondant à une question relative à la non-retenue du film au Festival de Cannes, le réalisateur estimera qu’”on ne va pas jouer les victimes, un festival est souverain, mais le spectateur peut deviner pourquoi un festival nord-américain (Toronto) le sélectionne et pas un festival français”. Avec Zabana, ajoute Saïd Ould Khelifa, “nous proposons notre vision des choses au débat et au dialogue”
Pour ce qui est du choix des comédiens le réalisateur a précisé que le film a réuni environ 450 jeunes comédiens dont quelques uns ont été retenus. Notre interlocuteur soulignera, encore que ce long métrage sera plus tard transformé en feuilleton de 6 épisodes. Il a également précisé que cette œuvre veut rendre un hommage à ce personnage historique qu’est Ahmed Zabana en se basant sur des effets réels.
Kafia Ait Allouache
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