samedi 17 novembre 2018 02:18:33

Projection en avant-première de « Zabana » à la salle El-Mouggar : la mémoire de l’histoire

Une coproduction Leith Media qui a nécessité le concours et le soutien de plusieurs institutions pour mener à bien le projet de réalisation cinématographique basé sur l’histoire de la guerre de Libération a été projeté hier en avant-première devant la presse.

PUBLIE LE : 30-08-2012 | 0:00
D.R

Une coproduction Leith Media qui a nécessité le concours et le soutien de plusieurs institutions pour mener à bien le projet de réalisation cinématographique basé sur l’histoire de la guerre de Libération a été projeté hier en avant-première devant la presse.

Ce long-métrage qui porte à l’écran la figure héroïque d’Ahmed Zabana guillotiné  sous l’inculpation de l’assassinat d’un garde-forestier français au lendemain du déclenchement de la lutte armée met la lumière, en brossant le portrait émouvant et courageux du martyr, sur les circonstances de cette exécution sommaire en 1956 à la prison de Barberousse du militant de la cause nationale, l’une des premières  exécution pour l’exemple qui fut ni plus ni moins qu’un assassinat politique qui vient corroborer l’idée que la guerre que menaient les militants du FLN contre le colonialisme français produisait l’effet escompté. Sur un scénario et une adaptation à l’écran de Azzedine Mihoubi et la mise en scène de Said Ould-Khelifa qui tente de restituer la part de vérité sur le cheminement des faits survenus dans le parcours de ce héros, le film apparait au visionnage comme un essai audacieux de reconstitution de l’histoire avec cette touche à la fois contemporaine qui donne une certaine véracité à l’image puisqu’il faut signaler que le rôle des tortionnaires et militaires est campé par des acteurs français ce qui donne à cette fiction où la répartition des scènes avec les acteurs algériens dans la diversité de leurs origines, ce côté proche de l’authenticité. Mise à part des inclusions fictives dans l’histoire qui dénotent de l’imagination parfois exacerbée du scénariste, le film arrive à surprendre sous des angles de vision à la fois historiques et politiques le spectateur par l’interprétation des personnages,  personnelle, engagée et imbriquée dans la thématique de base. On assiste ainsi dans ces images dont on aura apprécié des plans d’ensemble, certains gros plans, à une sorte de second procès de l’histoire qui met en accusation en équilibrant les répliques les protagonistes des deux camps.
Le réalisateur aura pris soin de donner à ces personnages, qui pour certains collent parfaitement à la grande histoire et font ressortir les violents affrontements entre opprimés et oppresseurs, un cachet humaniste à la psychologie des personnage qui n’apparait forcement dans la première lecture, mais de manière sous-jacente avec de petits détails comme ces dialogues qui s’interpénètrent entre les langues arabes, kabyles ou françaises à l’instar de ce passage d’une chanson de Chérifa «  B’ka alla khier aya, Akbou » (Adieu Akbou) que fredonne un des prisonniers. Par ailleurs le caractère impitoyable et la position des tortionnaires français face à la patiente dignité des combattants — beaucoup de scènes à cet effet ont pour objectif de montrer la grande souffrance physique des militants torturés de la manière la plus sauvage et qui pourtant n’abdiquaient pas gardant en eux le courage de leur foi musulmane aux cris d’Allah Akbar ! — montre à un point inimaginable le rapport de force dans cette guerre où il fallait choisir son camp à l’exemple d’Henry Maillot a atteint son point culminant dans cette lutte effrénée que menaient les colonialistes contre ce qu’il appelaient « les terroristes », d’autant plus effrénée que les combattants du FLN étaient très proches de la victoire finale. C’est en ce sens que la dernière scène qui relate l’exécution d’Ahmed Zabana dans le moindre détail et en se référant constamment aux faits qui se sont réellement produit comme cette guillotine qui aux premières heures du matin n’a pas voulu fonctionner. Ironie du sort ou présage d’une victoire prochaine, l’instrument tranchant a fait lui aussi défection donnant raison au sens juste d’un combat qui aura nécessité bien des sacrifices humains pour des nationalistes qui ont à cœur de libérer l’Algérie et de proposer un avenir constructif pour leurs compatriotes. Le film Zabana est dans cette optique une tentative cinématographique qui met en tout cas en avant dans le personnage principal l’idée d’une témérité qui fut exemplaire pour les artisans du 1er Novembre 54.
    Lynda Graba

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