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Soirées artistiques de Ramadhan : Une bonne opportunité pour les artistes

Le mois de ramadhan est un mois béni pour les artistes.

PUBLIE LE : 27-08-2012 | 23:00
D.R

Le mois de ramadhan est un mois béni pour les artistes. C’est presque l’unique période de l’année où pratiquement tous les organisateurs de spectacles concoctent des programmes au grand bonheur d’abord des artistes, des chanteurs surtout qui ont un plan de charge durant toute cette période et ensuite pour le public algérien qui a l’opportunité de sortir et d’assister aux soirées artistiques. Le grand retour de Takfarinas après vingt ans d’absence a sans doute crée l’événement du mois de Ramadhan.

Le mois sacré de la saison 2012 a encouragé les organisateurs et promoteurs de l’activité culturelle,  privés ou publiques, à concocter des programmes bien ficelés au contenu riche et diversifié qui semble avoir trouvé écho auprès des spectateurs algériens.  
La capitale comme toutes les villes du territoire national a vécu, donc cette année un mois sacré bien riche en activités culturelles, bien que le mois de ramadhan soit synonyme de piété, mais aussi de sortie nocturnes et de distractions. Le soir, après la rupture du jeûne, les familles aiment sortir et se déplacer en grand nombre pour respirer et pour se distraire, en ces longues et chaudes soirées d'été. Pour accompagner ce besoin d'évasion, les différentes espaces et établissements culturels ont élaboré un programme riche et varié. C'est ainsi que des soirées musicales et théâtrales, des rencontres littéraires, des ventes dédicaces, des hommages aux grands artistes qui ont écrit leurs noms en lettres d’or dans le milieux musical ont eu lieu tout au long de ce mois sacré au palais de la culture Moufdi Zakaria, complexe culturel Laâdi Flici (ex-théâtre de verdure), la salle El Mouggar, Ibn Zeydoun, l’Institut national de musique, l’espace mille et une news du quotidien Algérie news, la fondation Casbah… et bien d’autres espaces étaient bien à l’accueil et au service du public.  

Riche programme pour la capitale

Les programmes culturels et artistiques de ce mois embrassent plusieurs disciplines et se déploient selon plusieurs formes. Mais il est certain que dans cette offre diversifiée, la vraie musique occupait une place privilégiée que lui octroient à la fois, l’été, saison propice à cet art et le mois sacré dont les circonstances incitent davantage à l’écoute et l’appréciation des mélodies, des rythmes et des chants.
Le palais de la culture, considéré comme étant le cœur battant de la culture dans la capitale, était un vrai espace de famille.  Tout au long de ces soirées, on pouvait apercevoir le sourire et l’enchantement des personnes qui côtoient  le lieu et qui étaient d’un certain âge. Le Palais de la culture a bien connu une animation riche et varié, en vibrant aux rythmes de styles musicaux de tous genres,  présentés par les artistes bien connu sur la scène musicale, à l’instar de Hassiba Abderraouf, Samir El Assimi, Radia Adda, El Hassnaoui Amachtouh, Lamia Maadini, Kamel Igmen, le groupe El Ferda de Béchar…
Selon les organisateurs, le but était de faire revivre au public le plaisir des rencontres conviviales, une pratique que les opérateurs culturels veulent impulser au maximum.
Pour sa part le complexe culturel Laâdi-Flici a placé cette année ses animation sous le thème générique « Layali Mezghana » qui se proposait de donner au public un panorama du patrimoine national, un programme qui répondait bien à ses besoins et qui comble ses goûts et met la lumière sur tous les genres musicaux algériens. Il faut bien noter que cet établissement a l’habitude de mettre le paquet en n’oubliant aucun style : hawzi andalou, gnawi, jazz, rock, chaâbi, kabyle, mais aussi d’animer des soirées littéraires tel que la rencontre avec l’auteur et journaliste Hamid Grine qui a porté sur l’importance de l’écriture. L’espace culturelle mille et une news du quotidien Algérie news  se distingue par une large palette d’animations culturelles par laquelle il a touché toute les catégorie de la société  avec au menu, en plus des récitals musicaux, il y avait des représentations théâtrales, dont l’organisation de la semaine du monologue avec huit spectacles, des projections de longs et courts  métrages, ainsi que plusieurs hommages à des personnalités algériennes à l’instar du cheikh Amokrane Agawaw en partenariat avec le Haut commissariat à l’amazighité. L’art du conte sera également au menu de ces soirées ramadanesques avec plusieurs déclamations de contes par des conteurs venus des quatre coins du pays. Ces programmes étaient presque les mêmes  pour l’Office national de la culture et de l’information et l’office Riad El Feth, sans oublier bien sur le festival national de la musique chaâbi. Avec à sa tête Abdelkader Bendamache, le festival a honoré son contrat. Le festival démontre au fil des ans, qu’une relève est bien assurée pour ce style de musique qui est beaucoup aimé est qui a une grande popularité
ous ces établissements ont un seul but,  offrir les meilleurs programmes avec des activités à but récréatif, relaxation et éducatif, mais aussi pour leur donner le goût des sorties  familiales au lieu de rester à la maison. L’organisation de ces programmes était une façon de juguler la peine  de toute une journée de jeûne, de chaleur et de fatigue.
 
Quaadate aux rythmes traditionnels et fêtes branchées

Après la rupture du jeûne, ils étaient nombreux à être enthousiastes et heureux de se préparer à sortir chaque soir pour des soirées animées. Principale préoccupation, s’amuser, simplement,  se changer les idées ou encore retrouver ceux avec qui on se sent bien.
Ambiances bel et bien uniques que celles des soirées bien remplies  et les familles et jeunes n’ont pas de quoi se plaindre. L’animation culturelle bat son plein à chaque fois et le choix est au rendez-vous, qu’on soit sédentaire ou plutôt fêtard.
Une ambiance vraiment assurée, chose que nous avons constatée chaque fois que nous nous rendons sur les lieux des animations, on apercevait bien cet enchantement et ce bonheur sur les visages de l’assistance qui a profité bien de l’air frais, des spectacles de qualité, mais aussi de la compagnie  tandis que les autres avaient les yeux rivés sur la scène.  Ce plaisir était bien dégagé par des gens que nous avons interviewés à l’instar de Sarah une jeune étudiante de 23 ans qui dit que « c’est vraiment un plaisir de sortir avec la famille pour assister a des concerts dans un cadre familial. C’est une occasion pour moi aussi de découvrir des artistes méconnus  pour moi et de m’approcher de mes favoris. Je souhaite que ces activités se poursuivent après le ramadhan » a-t-elle déclaré. Pour sa part Ahmed, ingénieur et père de famille  rencontré au palais de la culture Moufdi-Zakaria lors de la clôture des soirées ramadanesques qui nous a fait savoir « j'ai assisté à la cérémonie d'ouverture et je suis venu aujourd'hui pour la clôture. J’ai aussi assisté à d’autres activités dans d’autres espaces, je salue vraiment l'esprit de diversité dans la programmation de ces soirées. Je salue également ce genre d'initiatives d'animation de proximité qui nous permet de récupérer notre énergie, de renouer avec  les  anciennes traditions de sorties familiales, de spectacles  perdues hélas au fil du temps. Je remercie beaucoup les initiateurs et qu’il y ait une continuité durant toute l’année et non pas seulement durant le mois sacré ».

Le retour des stars

Le ramadhan 2012 a été bien marqué par le retour en force de certains artistes qui ont marqué la scène musicale algérienne à une certaine époque, mais aussi mondiale et qui étaient obligés de quitter leur pays en raison de la décennie noire qu’a connue l’Algérie, a l’instar du célèbre chanteur kabyle Takfarinas. Ce dernier a renoué avec son public de Tizi Ouzou après 21 ans d'absence. Il a animé un autre grand gala artistique, le 9 août au stade Oukil Ramdane dans  la capitale du Djurdjura. Bien d’autres rendez-vous l’attendent  avec son public dans d’autres wilayas. Cela sera sans  aucun doute des rendez-vous exceptionnels, très attendus par les fans de l'artiste qui ne veulent certainement pas rater l'occasion de voir leur idole se produire sur la scène locale. Takfarinas tient, en effet, à sillonner les villes du pays pour rencontrer ceux qui ne désespèrent toujours pas de voir et d’écouter les messages de paix, d’amour, de joie et d’espoir que véhiculent les chansons de leur idole. On a entre autres, noté lors de ce mois de ramadhan, le retour d’autres artistes qui ont pu défiler sur les différentes scènes, animant de belles nuits estivales, offrant des recréations lyriques de bonne facture. Ce fut aussi le cas pour Abderrahmane Djalti et Mohamed Polyphene, deux artistes qui se sont produits, au complexe culturel Laâdi-Flici dans le cadre de « Layali Mezghana». Ces deux grandes figures de la chanson algérienne moderne, qui se sont illustrés  notamment - et par la voix et par sa musique - dans les années 1980 quand le ton était à la chanson moderne.  De nouveau sur scène au théâtre de verdure, Abderrahmane Djalti et Polyphene ont fait voyager  l’assistance dans la nostalgie des années 80 et 90 en interprétant leurs  meilleurs succès. C’est aussi le cas pour le chanteur kabyle Kamel Igmen qui signe un bon retour à la scène, bien que cela fasse des années qu’il ne s’est pas produit en Algérie, il a toujours gardé un public fidèle qui trouve toujours plaisir à assister à ses concerts.  A croire que les années qui passent lui font de plus en plus de bien. Décontracté, sa bonne humeur réconfortante, avec une grande gentillesse, Kamel Igmen sait que le public était là pour lui alors ce qui lui donne beaucoup d’assurance sur scène. Un bon retour a été aussi remarqué de la chanteuse  Nardjess et d’un artiste souvent comparé au défunt maître cheikh El Hasnaoui. Il s’agit d’El Hasnaoui Amachtouh qui a laissé une très bonne impression parmi le public comme à chacun de ses passages.

Des spectacles  à des prix symboliques

Le mois de ramadan a connu une grande variété de programmes culturels. Ce qui a nécessité une grande concurrence entre les établissements culturels afin d’offrir le meilleurs programme au grand public.  Bonne surprise cette année en termes de prix et  ticket d’accès aux différentes salles, les prix étaient abordables. Des tarifs qui varient  entre 200 et 400 da et qui ont permis à un grand nombre du public d’assister aux différents concerts. Cette décision n’est pas fortuite. Elle permet de donner au large public la possibilité de renouer avec les spectacles et d’ancrer de nouveau,  des traditions qui ont pu être négligées de part le passé. Les pouvoirs publics ont voulu de cette manière démocratiser l’accès à la culture en veillant à ce que l’animation  ne soit pas un luxe réservé aux plus fortunés.  
    Kafia Aït Allouache

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