samedi 21 septembre 2019 09:51:40

Le nouveau médiateur international arrête sa priorité : Le peuple syrien «passera avant tout», affirme Brahimi

L’aviation syrienne a pilonné hier plusieurs quartiers de la ville d’Alep où les violences redoublent d'intensité, le nouveau médiateur international Lakhdar Brahimi se disant «effrayé» par sa difficile mission.

PUBLIE LE : 25-08-2012 | 23:00
D.R

Après l'expiration dimanche dernier du mandat de la mission des observateurs de l'ONU, son chef, le général Babacar Gaye, a quitté hier  Damas, a-t-on appris auprès de ses assistants. La mission, chargée depuis avril de surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été appliqué, avait déjà dû interrompre ses patrouilles en juin en   raison de la recrudescence des violences.     
M. Brahimi, nouveau médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe pour  la Syrie, a déclaré vendredi être "flatté, touché" mais aussi "effrayé" par la   mission qui l'attend, lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'ONU,  Ban Ki-moon.     
Selon Ban Ki-moon, Lakhdar Brahimi aura pour "tâche essentielle d'apporter  en Syrie la paix, la stabilité et la promotion des droits de l'Homme". M. Brahimi a en outre assuré que le peuple syrien serait sa priorité.     
Le peuple syrien "passera avant tout. Nous mettrons ses intérêts au-dessus  de tout. Nous tâcherons d'apporter de l'aide autant que nous pourrons", a-t-il   dit.     Depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad   en mars 2011, les violences ont fait 25.000 morts, en grande majorité des   civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et poussé   plus de 200.000 Syriens à fuir dans les pays voisins, selon le Haut   Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Aucune issue au conflit n'est en vue, la communauté internationale étant  toujours aussi divisée entre les Occidentaux d'une part qui réclament le départ  de M. Assad et la Russie, la Chine et l'Iran d'autre part qui prônent un  dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Sur le terrain, régime et rebelles sont engagés dans un conflit de plus en  plus dur, notamment à Alep, poumon économique du pays ravagé par plus d'un mois  d'une bataille cruciale pour les belligérants.     Dans la vieille ville de cette métropole du Nord, "la plupart des gens sont   partis", soutient un combattant rebelle. "Nous essayons d'aider un peu ceux qui sont restés. Ils nous soutiennent tous", assure-t-il. Hier, l'aviation pilonnait plusieurs quartiers tenus totalement ou partiellement par les rebelles. D'autres bastions hostiles au régime étaient de même bombardés comme la ville de Deraa, berceau de la contestation dans le Sud, des localités de la  province d'Idleb (nord-ouest) et de Hama (centre), selon l'OSDH. Signe que le conflit s'est durci, l'OSDH a fait état de plus de 4.000 morts ces trois dernières semaines. Malgré l'escalade, les Syriens sont descendus par milliers dans les rues vendredi pour crier leur colère face à l'incapacité de   la communauté internationale à mettre fin au bain de sang. Les violences ont fait vendredi 185 morts (115 civils, 36 soldats et 34   rebelles) à travers le pays, selon un bilan de l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins. Il n'est pas possible de confirmer ces bilans de manière indépendante en raison des restrictions imposées aux médias étrangers.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a   rappelé vendredi que même si les projecteurs médiatiques étaient tournés vers Alep, la situation de Homs (centre), "assiégée depuis 80 jours" restait dramatique, des milliers de civils manquant de nourriture et de médicaments. Devant le blocage au Conseil de sécurité de l'ONU sur une résolution condamnant le régime d'Assad, Paris et Berlin ont fait ensemble pression pour que cette instance prenne des décisions au moins sur l'aspect "humanitaire".  La France a évoqué la possibilité d'instaurer, à des fins humanitaires, une zone d'exclusion aérienne le long de la frontière en Syrie. Des experts insistent toutefois sur la nécessité d'un mandat de l'ONU. L'opposition syrienne réclame la mise en place d'une telle zone en particulier dans le Nord, limitrophe de la Turquie, tout en évoquant le modèle de celle qui a aidé, à la fureur de Moscou et Pékin, à renverser le dirigeant Mouammar Kadhafi en Libye.

Le président Bachar Al-Assad ne quittera pas son poste
Par ailleurs le ministre syrien de l'Information Amrane Azobi, a déclaré hier que le président Bachar Al-Assad ne quittera pas ses  fonctions, estimant que seul le peuple syrien pourrait décider de son départ.
"Le président Al-Assad ne démissionnera pas et toute discussion sur  son départ est liée à la volonté du peuple syrien", a déclaré M. Azobi, cité  par des médias. Le ministre syrien a souligné que "les urnes sont le seul moyen par lequel le peuple exprimera son choix sur la personne qui dirigera le pays". Il a tenu à rappeler que le président syrien bénéficie d'"une base populaire",  ajoutant que les discussions concernant son départ ne sont que des "rêves de  l'opposition à l'étranger". Ces propos tenus par le ministre syrien de l'Information interviennent quelques jours seulement après que le régime syrien eut exprimé sa disposition à discuter d'un éventuel départ de Bachar Al-Assad dans le cadre de négociations avec l'opposition. Lors d'une visite mardi à Moscou, le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil avait exprimé la disposition de Damas à discuter d'une "démission" du  président Bachar Al-Assad dans le cadre d'un "processus de négociations avec  l'opposition".   M. Jamil avait toutefois estimé que l'idée "d'une démission comme  condition pour mener un dialogue, cela signifie de facto qu'il est impossible  d'ouvrir ce dialogue".

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions