dimanche 20 octobre 2019 12:55:34

Aid El Fitr, Les bénévoles arpentent les hôpitaux : Le sourire de l’espoir

Lourdement chargées, Louiza et Fouzia Maâzouz confient qu'elles accomplissent le travail de bénévolat depuis plus d'une dizaine d'années pour, disent-elles, rendre le sourire aux malades qui n'ont pas pu passer l'Aid el Fitr en compagnie de leurs familles.

PUBLIE LE : 20-08-2012 | 23:00
D.R

Aïd El Fitr :
Piété, recueillement et solidarité

En dépit d’une chaleur caniculaire intense et moite, les Algériens ont fêté dimanche l’Aïd El Fitr dans la joie et la piété. Tôt le matin, la prière fut accomplie dans un climat de franche dévotion.

Le rituel des visites familiales, des proches et des amis, des malades et des personnes convalescentes s’instaura durant toute la journée dans une atmosphère de solidarité et de sincère compassion à l’égard des franges les plus vulnérables de notre société. La fête de l’Aïd El Fitr se distingue par ce sentiment d’altruisme et de solidarité si propre à l’esprit et à la lettre de notre  religion. Nos compatriotes se sont rendus en masse vers les  cimetières pour se recueillir, en cette circonstance bé-nie,  à la mémoire des chers disparus.  La prière de l’Aïd à eu lieu à travers toutes les mosquées du territoire national  et les hommes du culte n’ont pas manqué d’exhorter  dans leurs prêches et leurs sermons,  les fidèles à s’imprégner des  valeurs et  des enseignements de l’Islam, qui prônent le pardon, la mansuétude  et  l’entraide  pour s’inscrire dans le sillage de la foi authentique, la piété  et  l’attachement  aux sains principes  observés durant le mois sacré de Ramadhan.  
L’Aïd El Fitr est l’occasion idoine pour mettre à profit et renforcer les règles de la générosité envers les nécessiteux, en versant  la Zakat  el Fitr avant la prière de l’Aïd, dont le montant  a été fixé cette année à 100 DA par personne.  
Les visites familiales et conviviales sont les traits les plus caractéristiques et les plus saillants d’une célébration  qui incite au rapprochement, à la consolidation des liens fraternels entre les membres d’une communauté unie par les enseignements de l’Islam, une religion de tolérance, de paix et de coexistence pacifique. Les Algériens  se congratulent et se saluent cordialement  en apportant des gâteaux préparés à l’occasion, et souvent, accompagnés par les enfants tous vêtus d’habits neufs, et dont la plupart avaient les mains ornées de henné,  une tradition qui n’est pas près de disparaître de la société. Dans les quartiers et les rues,  des flopées de gamins exultent et   s’amusent, dans un climat de joyeuse communion, conférant à cette fête une atmosphère d’une délicate et gamine  effervescence.   
 Les Scouts Musulmans Algériens (SMA) et d’autres représentants du mouvement associatif et de nombreux citoyens bénévoles se sont  mobilisés notamment  dans  les services pédiatriques de tous les hôpitaux du pays, pour dispenser aide et réconfort aux   enfants malades, en  leur offrant des gâteaux et des cadeaux, en cette journée si propice au don de soi, aux témoignages d’affection et de sincère philanthropie.
  Pour  ne pas faillir aux nobles traditions d’accueil et de chaleureuses retrouvailles, l’espace d’une fête aussi réjouissante soit-elle,  à la mesure de cet événement, des  mets et des plats spéciaux sont préparés par les familles dans l’attente de recevoir dignement des invités et des convives autour d’un  couscous, plat très prisé en cette circonstance.            
La nostalgie a sa place en cette circonstance avec l’incontournable chanson  fétiche «Saha Aidkoum»  du défunt chanteur Abdelkrim Dali, que les chaînes de télévision  et de radion’omettent jamais  de diffuser en pareille journée. Un petit bémol est à faire.  Hormis les quelques bureaux de tabac, les cafés,  taxiphones et vendeurs  de jouets pour enfants, les magasins, et c’est bien dommage, demeurent hermétiquement clos, surtout durant la  matinée. Les commerçants ont certainement préféré passer l’Aïd  au sein de leurs familles, puisque aucune loi ne leur impose la permanence.             
La fête n’exonère pas du respect de la continuité du service public et c’est à ce titre que les transports, les stations- service de Naftal étaient aussi en fonction  pour assurer  aux citoyens les déplacements nécessaires et l’approvi- sionnement en carburant. Par contre, très peu de boulangers ont assuré la permanence. Certains ont vendu  leurs pains en gros et ont aussitôt baissé rideau, laissant le citoyen acquérir ce produit de large consommation auprès de revendeurs dont la plupart ne respectent  pas les règles d’hygiène.   
Il y eut en somme des désagréments dont les citoyens auraient pu faire l’économie. En cette occurrence, l’augmentation  durant  un mois de jeûne vécu dans une chaleur étouffante, des prix  des produits alimentaires et vestimentaires, ainsi que des coupures  du courant électrique ont été des points noirs qui ont terni ce mois de Ramadhan.
M. Bouraib 

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Les bénévoles arpentent les hôpitaux d'Alger
Le sourire de l’espoir

Sourire aux lèvres, portant différents produits dans des sacs, deux jeunes sœurs bénévoles confiaient hier, deuxième jour de l'Aïd El Fitr, qu'elles se rendent régulièrement dans les hôpitaux d'Alger pour apporter aide, assistance et soutien moral aux malades. Lourdement chargées, Louiza et Fouzia Maâzouz affirment qu'elles accomplissent le travail de bénévolat depuis plus d'une dizaine d'années pour, disent-elles, rendre le sourire aux malades qui n'ont pas pu passer l'Aïd el Fitr en compagnie de leurs familles. Dès leur entrée dans les chambres des malades au service oncologie de l'hôpital Mustapha-Pacha, les visages des patients s'éclairent, reflétant ainsi la joie de voir deux «inconnues» leur rendre visite, munies de surcroît de toutes sortes de cadeaux. «Personne ne nous a initié à cette action de bienfaisance. Nous avons commencé le travail de bénévolat dans le village SOS enfants de Draria (sur les hauteurs d'Alger) et ensuite nous nous sommes habituées à nous rendre régulièrement dans les structures hospitalières pour apporter notre contribution, surtout en faveur des personnes âgées qui sont sensibles au moindre geste, aussi minime soit-il», raconte à l'APS Louiza, étudiante en littérature française. «Nous puisons dans nos propres économies pour acheter tous ces cadeaux pour les malades. Discuter avec eux, écouter leurs doléances dans l'espoir de voir se redessiner un sourire sur leur visage, cela bien sûr nous remplit de satisfaction et nous procure le sentiment du devoir accompli», ajoute-t-elle. Allongée sur son lit, vêtue de sa robe kabyle, Aït Kaïd Fatma, sexagénaire, se dit heureuse et «extrêmement émue» de voir des bénévoles venir s'enquérir de sa situation, en ce jour de fête. «On est attentif au moindre signe d'attention quand on est loin des siens. Cela donne du baume au cœur de voir des gens qui ne sont pas de votre famille venir vous voir, discuter avec vous et soulager vos douleurs. C'est très important. Passer l'Aïd sans ma famille m'a paru une éternité, d'ailleurs je n'ai pas répondu à tout le monde au téléphone, l'émotion était trop forte», indique Mme Aït Kaïd. Khaldi Zoubida, septuagénaire, se réjouit, quant à elle, que depuis le début du mois de Ramadhan, les visites de bénévoles, rivalisant de bonté à l'égard des malades, n'ont pas cessé au service oncologie. «Depuis le début du Ramadhan, des bénévoles me rendent régulièrement visite, à tel point que je les considère désormais comme des membres de ma famille. Ils m'ont apportéé un soutien moral considérable», assure Mme Khaldi.

Mon handicap m'a inculqué le devoir d'assistance
Abdellah Toubaili, 30 ans, bénévole, muni d'une fiche technique sur laquelle sont consignés tous les détails concernant les malades de l'hôpital Nefissa-Hamoud (ex-Parnet), est apprécié des malades et du personnel médical et paramédical. Il coordonne avec d'autres bénévoles et des associations le travail d'assistance en faveur des malades, notamment les enfants. «Je suis né avec un retard mental, et ce handicap ainsi que ma fréquentation des hôpitaux m'ont inculqué le devoir d'assistance à toutes les personnes malades. Je ressens à la vue d'un malade ses souffrances. Avec l'aide d'associations, nous essayons de trouver le meilleur moyen de lui venir en aide», poursuit-il. Des membres des Scouts musulmans algériens et de l'Association des oulémas algériens ont apporté en ce jour de l'Aïd des jouets et des vêtements neufs pour les enfants du service pédiatrique. Regards innocents, visages rayonnant de grâce, Nouha et Hayat, respectivement 7 et 8 ans, atteintes de diabète, chaussent leurs sandales à la vue de leur proche venu leur rendre visite, croyant que c'était le moment de quitter l'hôpital. «Nous avons reçu beaucoup de cadeaux la veille et le jour de l'Aïd. Ma mère et mon père me manquent énormément. J'ai hâte de les revoir ainsi que mes frères», s'impatiente Nouha. Des mères qui passent leurs nuits depuis plusieurs jours en compagnie de leurs enfants atteints pour la plupart de cancer, constatent avec satisfaction l'ambiance conviviale qui règne dans cet hôpital. «C'est très pénible de passer un jour de fête sacré loin de chez soi avec son enfant malade. Mais que voulez- vous, c'est le destin. Toutefois, avec les bénévoles et les associations qui nous ont apporté plein de cadeaux et un précieux soutien moral, nos souffrances ont été largement atténuées», admet Malika, 45 ans, originaire de Chlef. «J'ai laissé mes autres enfants seuls avec leurs père. Je ferais tout pour la guérison de mon fils. Dès que je le vois, j'ai le cœur qui se serre», se désole-t-elle, les yeux embués de larmes.

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Bilan de la solidarité ramadhan
Plus de 10.500 familles démunies ont bénéficié de couffins dans les 48 willayas
Plus de 10.500 familles démunies dans les 48 wilayas du pays ont bénéficié d'aides alimentaires durant le mois de Ramadhan, a indiqué vendredi un communiqué de l’agence de développement social (ADS). Selon un bilan de la première décade du mois de Ramadhan, l’opération de distribution des couffins «a touché quelque 10.610 familles démunies dans les 48 wilayas du pays», a précisé la même source. L’assistance aux personnes démunies s’est également étendue à l’assistance aux malades chroniques et personnes âgées vivant seules, aux visites des centres spécialisés, aux collectes de médicaments et à la distribution de chaises roulantes, a-t-on ajouté. L’opération a été effectuée par quelque 105 cellules de proximité et de solidarité sur le territoire national.
Ainsi, les cellules de proximité et de solidarité (CPS) ont mis au point pendant le mois sacré des opérations de collecte des aides en collaboration avec des associations caritatives, l’organisation d’opérations de circoncisions au profit d’enfants de familles démunies. Les CPS ont notamment participé à l'organisation de tournois sportifs au profit des jeunes des quartiers populaires, mais aussi à des campagnes de sensibilisations en direction des malades chroniques autour de l’hygiène de vie, précise la même source. Ces activités ramdhanesques n’ont pas occulté les missions et activités principales des cellules de proximité qui ont effectué des consultations médicales, psychologiques et d’assistance sociale au profit des familles des sites de prédilection et d’autres hors sites.
 

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