samedi 22 septembre 2018 17:02:29

Autres temps, autres mœurs

Le constat est sans appel. Le mois sacré d’antan n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui, si l’on se fie aux comportements des plus condamnables que l’on observe au sein de notre société.

PUBLIE LE : 06-08-2012 | 0:00
D.R

Pour le Dr Bennabi, c’est une évidence et il ne sert à rien de l’ignorer ou de l’occulter si l’on veut rectifier le tir et rattraper le temps perdu. «C’est une condition sine qua non pour espérer mettre fin aux nombreuses disparités qui marquent la société algérienne durant le Ramadhan», atteste cet enseignant universitaire qui a animé, mercredi dernier, au Centre culturel islamique d’Alger (CCI), une conférence-débat sur le Ramadhan et les maux chroniques.                                                                                                    
Bureaux de travail vides, dégradation du cadre de vie (absence d’hygiène), violences verbale et physique, anarchie dans nos rues et quartiers… autant de comportements qui rongent notre société et qui, surtout, s’inscrivent en faux avec les valeurs inestimables du mois sacré. «C’est le paradoxe qu’on vit en Algérie, alors que tout le monde connaît que le Ramadhan est le mois de piété, du Coran et du travail», fait remarquer le Dr Bennabi qui estime, à ce propos, qu’une grande partie des citoyens véhiculent et utilisent les vertus du mois sacré et ses slogans à des fins personnels, chose qui traduit, ajoutera-t-il, la «double casquette» de ces Algériens. «Ce qui est sûr, c’est que le mois de Ramadhan dévoile les tares et défauts des Algériens», affirme-t-il. Et d’enchaîner : «Pourtant, avant les mosquées n’étaient pas pleines à craquer comme c’est le cas aujourd’hui, et il n’y avait pas autant d’universités et d’écoles. L’Algérie comptait plus d’analphabètes mais on vivait mieux, c’est incontestable.»  Cependant, ceci ne veut pas dire, comme le souligne le Dr Bennabi, qu’il n’existe pas de gens de bonne foi. «Attention, faut pas mettre tout le monde dans le même sac car vous trouverez toujours des gens bien, honnêtes et sincères», relève-t-il.                                                                                                            Selon le conférencier, il existe deux catégories de gens qui souffrent le plus des disparités observées entre les deux époques du mois sacré dans notre pays. Il s’agit des personnes qui ont vécu par le passé le mois sacré et celles qui ont séjourné pendant une période à l’étranger, notamment à l’Occident. «Ce sont ces gens-là qui ressentent le plus ces maux et fléaux et éprouvent du coup beaucoup plus de mal à accepter cette réalité», souligne-t-il devant une assistance parsemée. Citant à cet effet des exemples vivants qui illustrent la détérioration de la société algérienne, le Dr Bennabi regrette que l’on se cache à chaque fois derrière les effets du jeûne pour justifier l’injustifiable et se dit «outré» par les agissements irresponsables de certaines personnes. «Les mosquées sont transformées en dortoirs, les grillades empoisonnent la vie des riverains, les tables de dominos pullulent dans nos quartiers, les commerçants ambulants barricadent presque les trottoirs et même les routes, les rues sont sales, les bagarres, accompagnées d’insultes et de grossièretés, sont observées à longueur de journée. Et après ça, on vient nous dire que le Ramadhan est le mois de piété et du Coran», lâche-t-il sans concession, regrettant dans la foulée la non-implication de notre élite et son absence dans la sensibilisation des citoyens. «En tous les cas, chacun de nous est responsable de cette situation, de la famille aux pouvoirs publics en passant par l’école, la mosquée et les citoyens», tranche le Dr Bennabi.
SAM
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions