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Agence nationale de greffe d’organes : 970 opérations réalisées en 2011

Mme Malika Rahal: “L’ANGTC favorisera le développement du prélèvement et de la transplantation d’organes”

PUBLIE LE : 04-08-2012 | 0:00
D.R

Sur les 1 165 greffes de tissus prévues par les services de santé, selon le bilan du 1er semestre 2012, on compte 375 accomplies, soit un taux de réalisation qui avoisine les 32,18%, a indiqué jeudi le Dr Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, lors de la cérémonie d’installation de la directrice de l’Agence nationale de greffe d’organes.

Le ministre de la Santé a affirmé que 970 greffes d'organes ont été réalisées en 2011 et ont concerné le rein, la cornée et la moelle osseuse, tout en précisant que l'Algérie a déployé des efforts importants depuis la promulgation de la loi sur la santé 85-05 de 1985 pour mettre en place les cadres juridiques relatifs au prélèvement et à la transplantation d'organes.
Il a, à cette occasion, brossé un tableau exhaustif sur le programme de transplantation d’organes, tout en mettant en exergue le rôle de l’Agence nationale de greffe d’organes qui traduit, a-t-il précisé, une «décision et un engagement politique» correspondant à une préoccupation de la société.
Le ministre n’a pas manqué de rappeler le décret exécutif n° 12-167 du 5 avril dernier portant création et organisation de l’agence nationale de transplantation d’organes. Il a rappelé le texte législatif, qui stipule que l’Agence est chargée, en matière de transplantation et de greffe d’organes, de tissus et de cellules du corps humain (entre autres), d’enregistrer les patients en attente de transplantation et de greffe ; assurer la gestion des registres nationaux du consentement et du refus des prélèvements d’organes, tissus et cellules ; assurer la gestion du registre national d’attribution des greffons prélevés ; élaborer et proposer les règles de répartition et d’attribution des greffons ainsi que de promouvoir le don et le prélèvement d’organes, de tissus et de cellules auprès des professionnels de santé et du grand public. Selon le ministre, les conditions sont «désormais favorables» pour développer la transplantation d’organes en Algérie. Tout en insistant sur la mise en place du registre de transplantation d’organes pour recenser le nombre de personnes qui attendent une greffe, le ministre a indiqué que  la création de l’Agence est une grande avancée dans la prise en charge du prélèvement et de la greffe de tissus. Cet établissement contribuera, sans nul doute, à l’allégement des souffrances des malades. Il est investi d’une mission de régulation, comme il assure la coordination entre les établissements hospita- lo-universitaires qui procèdent à la greffe d’organes à travers tout le territoire national. Tout en rappelant la première opération du genre qui remonte à 1986, le premier responsable du secteur, n’a pas omis de rendre un hommage particulier aux efforts consentis par les spécialistes du secteur pour assurer la pérennité de ce procédé en dépit des obstacles, d’ordre socioculturel notamment, qui entravent son développement.

99% des greffes rénales réalisées grâce aux donneurs apparentés
Tout en évoquant les différents centres référents qui prennent en charge les greffes de tissus et cellules effectuées depuis de longues années, le ministre a rappelé que depuis la première greffe de rein réalisée il y a 26 ans, on dénombre 116 opérations effectuées en 2010 et 137 autres en 2011. La  greffe de la cornée, pour sa part, est passée de 81 opérations en 2010 à 590 en 2011. Par contre, la greffe du foie effectuée notamment par le centre anti-cancer Pierre-et-Marie-Curie, n'a pas enregistréd’ évolution par rapport à la transplantation du rein et de la cornée. Le nombre des opérations est passé de 5 en 2010 à 0 en 2011 car aucune opération de ce genre n’a été effectuée l’année précédente. La greffe de la moelle osseuse réalisée également par le même établissement de santé a connu une hausse de 176 opérations en 2010 à 253 en 2011.
S’agissant du suivi des patients durant la période 2006-2011, le ministre a fait remarquer que sur 2.146 greffes de cornée, on relèvera 164 rejets, soit un taux de 7,6%. La greffe rénale enregistre pour sa part 21 rejets sur 640 interventions, soit un taux de 3,3% et 16 décès (2,5%). Par ailleurs, la greffe hépatique a connu un seul décès sur 17 opérations, soit un taux de 5,9% ; par contre les 1043 greffes de moelle osseuse n’ont connu aucune complication.
Cela dit, 99% des greffes ont été réalisées en 26 ans grâce aux donneurs apparentés, huit seulement par des donneurs décédés. Selon les néphrologues, le prélèvement sur donneur décédé représente un rapport de 7 sur 1 000 greffes. Malgré les déclarations des imams rendant licite l’opération de don d’organes après le décès, la société reste frileuse, d’où la nécessité d’engager une véritable campagne de sensibilisation au niveau des structures de santé. Les chiffres avancés font état de près de        15 000 insuffisants rénaux, dont         7 000 en attente de greffe.
S’agissant du coût de la greffe, le ministre a affirmé que la transplantation du rein, de la cornée, de la moelle osseuse et du foie revient à l'Etat à 87,5 millions de dinars. «Une greffe de rein à l'intérieur du pays revient à plus de 40 000 dollars contre plus de 130 000 dollars à l'étranger. Pour la cornée, la greffe réalisée dans le pays coûte 3 000 dollars contre plus de 5 000 dollars pour les opérations réalisées à l'étranger. Pour le foie et la moelle osseuse, l'opération prise en charge dans le territoire national coûte respectivement 96 000 et 27 000 dollars contre plus de 412 000 et 130 000 dollars à l'étranger », a-t-il notamment indiqué.
Pour conclure le ministre n’a pas manqué de rappeler l’importance du développement des greffes en Algérie qui doit se baser sur l’affirmation et les édits religieux favorables aux dons et prélèvement d’organes d’un sujet décédé, aux dispositions juridiques autorisant cette pratique et aux budgets consacrés annuellement par le gouvernement à cette thérapie qui s’élève à près de 630 millions de dinars pour la seule année 2011, soit près de 0,3% du budget de la santé.
Sarah SOFI   

Mme Malika Rahal:
“L’ANGTC favorisera le développement du prélèvement et de la transplantation d’organes”
Créée en vertu du décret exécutif 12-167 du 05 avril 2012 l’Agence nationale de greffe de tissus et cellules est chargée de veiller à l’application des décisions et recommandations scientifiques et déontologiques en matière de prélèvement et de greffe d’organes. Opérationnel depuis le mois d’avril dernier, l’établissement, à caractère scientifique et administratif, qui a pour tâche l’évaluation continue des résultats de la greffe d’organes, le développement de la formation et de la recherche dans ce domaine et la promotion de la coopération avec les instances similaires à l’étranger, consiste à réunir toutes les conditions pour le développement de l’activité de transplantation d’organes en assurant la disponibilité des greffons au profit de tous les services de santé publics et privés. Il est doté de comités scientifique et bioéthique, d’une banque de données et d’une banque d’organes pour réguler sa gestion. Lors de son installation à la tête de l’agence, la  directrice de l’établissement, Mme Malika Rahal, ex-directrice de l’hôpital Nefissa -Hamoud, a affirmé que cette structure favorisera le développement du prélèvement et de la transplantation d’organes en Algérie. Elle a exprimé sa disposition à promouvoir cette noble mission, appelant les compétences nationales dans toutes les spécialités à apporter leur concours.                     
S. S.

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