mardi 12 novembre 2019 13:13:55

Festival international de Timgad : Houria Aïchi et Najat Atabou en super stars

Najat Atabou, grande star de la chanson chaâbi au royaume chérifien et l'interprète chaouie Houria Aïchi, ont animé un beau concert inscrit au programme de la première soirée du festival international de Timgad après son ouverture officielle samedi.

PUBLIE LE : 10-07-2012 | 0:00
D.R

Liberté, paix, amour, beauté, patrie furent chantées avec émotion dimanche soir à Batna par deux interprètes qui nous viennent du cœur des montagnes berbères d’Algérie et du Maroc. Najat Atabou, grande star de la chanson chaâbi au royaume chérifien et l'interprète chaouie Houria Aïchi, ont animé un beau concert inscrit au programme de la première soirée du festival international de Timgad après son ouverture officielle samedi.
Les deux chanteuses à la voix puissante et envoûtante ont offert au public, présent en force au nouveau théâtre de la ville antique Timgad, un spectacle riche et  varié, un voyage au cœur des montagnes des Aurès et du Maroc. Cette invitation musicale n’a pas manqué de sonorités, de rythmes ancestraux, avec des chansons extraites du répertoire traditionnel arabo-berbère, de la musique chaouïa, rendues éternelles grâce à Ali El Khencheli, Aïssa El Djarmouni et Beggar Hadda et consorts.
 Najat Atabou, comme à son habitude, a entraîné le public dans son univers fait de complaintes qui dégagent à la fois de la tristesse et d’où affleure de la joie.
La soirée débute avec le passage de Najat avec sa voix magnifique, chargée d’émotion. Elle a chanté les douleurs des femmes marocaines, dénoncé l’inégalité entre hommes et femmes, le poids de la tradition ou encore l’absence de liberté. Un phénomène, Najat Atabou l'est dans tous les sens du terme. Depuis ses débuts, dans les années 80, elle a étonné par un style original et une personnalité très forte. Ce n'était certes pas facile pour cette jeune fille du Moyen Atlas de convaincre sa famille de son désir de chanter. « Une femme qui chante faisait la honte de la famille. Elle est toujours maudite et exclue du giron et de sa famille.»    
D'ailleurs, son histoire avec le chant avait débuté bien avant, car son entourage, à l'école surtout, avait découvert un talent indéniable et une voix puissante « depuis mon jeune âge j’aimais chanter. Bien que je souhaitais aussi devenir avocate, mais je n’ai pas eu la chance de le devenir, alors j’ai tracé ma carrière d’artiste en me réfugiant à Casablanca loin de ma famille qui m’a écartée durant plusieurs années. »  
Depuis, elle a peaufiné son style et intégré des sonorités nouvelles et surtout, elle a traité de sujets sociaux très actuels avec une audace rare.
Elle a dénoncé le machisme, l'hypocrisie sociale et chanté très haut ce que la majorité pense en silence. Sa personnalité n'a fait que se renforcer au fil du temps et des expériences. Ses coups de gueule ne se comptent plus, mais c'est toujours pour se défendre et défendre la situation des chanteurs marocains. Même sa vie familiale, elle en parle sans réserve expliquant comment elle s'est mariée avec telle personne et pourquoi elle a divorcé de telle personne. C'est ce qui lui donne un cachet particulier.  
Najat Atabou s'est entourée de musiciens qu'elle a presque modelés à sa façon surtout qu'elle écrit ses propres chansons et n'hésite pas à s'immiscer dans les affaires du compositeur. A ce propos, elle explique que la thématique de la plupart de ses chansons, évoque surtout les conditions de la femme. Elle se veut donc, une avocate de la condition féminine. Ce qui l’a encouragée, c'est la réaction plutôt positive du public, ce qui l'a poussée à adopter le style qu'on lui connaît aujourd'hui.
« Les gens me répètent souvent qu'ils sont contents de retrouver, enfin, une artiste qui exprime parfaitement leurs douleurs et émotions. Ils me disent qu'ils vivent exactement ce que je chante et que je suis leur voix», précise-t-elle encore. Elle a gratifié le public  d’une série de ses plus belles chansons telles que Alach Ya Moumti, J’en ai marre, Maâandi Zhar, Wah a lala… et Vive l’Algérie et vive le Maroc qu’elle a partagées avec le public dans un élan artistique digne de la fraternité de nos deux peuples.
Cela, on le constate, la chanteuse est, en effet, très sollicitée et bien connue chez nous. Son passage était attendu avec impatience. Elle n’a pas déçu car elle a remué la scène et les foules. Houria Aïchi a de nouveau célébré, à Timgad, non loin de Batna, sa ville natale, la force de la tradition du chant chaoui qu’elle s’attache depuis des années, à faire partager aux quatre coins du monde. Belle et souriante, le menton haut et le maintien digne, accompagnée des groupe des baroudeurs « Tifirassen » qui a donné un cachet  spécial au passage de Houria qui a su perpétuer de sa voix pure et puissante, devant un public respectueux et très attentif, cette tradition poétique et populaire chantée, héritée de ses ancêtres et à laquelle elle est profondément attachée. L’écho des chansons Ain Mlila qu’elle qualifie de très difficile, Chach khater chach, Lehoua ou dhrar, El ouali rakeb chehba… et autres, semblaient atteindre les monts majestueux des Aurès, dans une belle communion avec la nombreuse assistance qui avait investi, les travées du tout nouveau théâtre de verdure de Timgad. Une assistance qui n’est sûrement pas prête d’oublier cette artiste aux cheveux courts, à la silhouette frêle mais altière, élégamment vêtue d’une robe traditionnelle  blanche, elle faisait quelques pas de danse avec les rythmes pour faire plaisir au public, mais aussi pour bien montrer que sa vie en France ne l’a jamais déracinée  de ses origines eurasiennes. « Je suis une fille des Aurès. Je suis profondément pétrie par la culture de ma région. Toute mon enfance a été bercée par les éléments de notre patrimoine et j'en suis marquée à vie », nous déclare-t-elle tout en ajoutant : « Je chante en langue chaouie. C'est déjà une preuve de l'authenticité des titres de mes chants. Mes textes proviennent de la poésie populaire chantée. Leurs auteurs sont de célèbres personnalités culturelles qui, au cours des siècles, ont marqué de leur empreinte la vie en société dans les Aurès.»
Un public conquis, ravi par l’authenticité de l’interprétation, qui témoigna de son admiration par des applaudissements nourris à l’adresse de cette belle dame de l’Aurès. Chapeau bas aux deux dames de notre beau Maghreb.
K.A.A.

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