dimanche 23 septembre 2018 16:15:30

Le dur et invraisemblable parcours d’un combattant : Hommage aux martyrs anonymes de la guerre

Un témoignage de première main qui révèle l’âpre, mais combien héroïque expérience des combattants dans les rangs de l’Armée de libération nationale.

PUBLIE LE : 04-07-2012 | 0:00
D.R

Un témoignage de première main qui révèle l’âpre, mais combien héroïque expérience des combattants dans les rangs de l’Armée de libération nationale.

Ces mémoires  posthumes qui formulent avec des expressions simples l’itinéraire d’Ait Mehdi Mohamed Amokrane dit Si Mokrane, un officier qui a déserté en France l’armée coloniale au mois de mars 1958 pour regagner la Tunisie et participer à la Bataille de Souk Ahras, essayent en ravivant le souvenir d’une lutte pénible d’apporter au lecteur de nouveaux éclaircissements selon des sources fiables et des documents à l’appui sur l’horreur de ce qui fut appelé communément « l’affaire de la bleuite » visant des intellectuels engagés dans l’ALN, un épisode historique du combat libérateur du peuple algérien et qui s’est produit pendant la révolution nationale en Kabylie. L’auteur qui met un point d’honneur à décrire ce que fut sa trajectoire, dans un récit où transparait encore la charge émotionnelle et le désir de dire la vérité en portant une parole plein de sincérité à l’adresse des générations futures, nous donne à lire un récit qui trouve toute sa valeur historique dans le déroulement chronologique des faits relatés comme lorsqu’il évoque dans un chapitre la traversée de la ligne Morice dans la nuit du 28 au 29 avril 1958 au cours de laquelle 620 moudjahidine trouvèrent la mort dont 120 sur 150 affectés à la Wilaya III. Le journaliste Mustapha  Ait Mouhoub qui a contribué à l’élaboration de ce récit paru il y a à peine un mois aux éditions Rafar, explique dans son prologue comment ce témoignage jette la lumière sur la période la plus dure de l’histoire de la glorieuse wilaya III et permet d’élucider d’importants détails de l’histoire de la guerre de libération nationale avec l’idée et le souci majeur du devoir de vérité dans cette version des événements : «  Homme de principe, le lieutenant Si Mokrane refuse de se complaire dans un récit idyllique de l’histoire de la wilaya III qui avait subit un déluge de feu, lors de ce qui est appelé le plan Jumelles, concocté par les généraux de Charles de Gaulle, qui croyaient, après les massacres perpétrés par les parachutistes de Massu à Alger, réduire la Révolution algérienne en embrasant la Kabylie. C’est ce qui l’avait amené à établir un constat de l’état de la wilaya, suite à la disparition du colonel Amirouche, aux retombées du rouleau compresseur du Plan Jumelles et la prise en main de la wilaya par le colonel Mohand Oulhadj. » Si Mokrane naquit le 23 mars 1931 à Draa El Mizan, c’est un homme instruit qui a fait des études au collège de Béni Yenni et au lycée Maison Carré où il avait obtenu le baccalauréat et qui a suivi une formation militaire à Cherchell puis à l’Ecole d’officiers de Saint Maixent. Il fut arrêté et incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes jusqu’à la fin janvier 1958. Engagé dans la wilaya III, il est remarqué par le colonel Amirouche qui l’avait chargé de former une compagnie qu’il dirigea pendant la guerre en qualité de chef de région. Après l’indépendance, il intègre les rangs de la gendarmerie nationale et sort en 1969 avec le grade de capitaine et part à la retraite. Il est décédé en juin 2011 et est enterré à Ain El Hammam.
Lynda Graba

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