mardi 10 dcembre 2019 07:39:55

Paix et sécurité en Afrique : M. Ouyahia souligne le rôle primordial du CISSA

M. Amara Essy, envoyé spécial du président de la République de Côte d'Ivoire : “Sans l'Algérie, il n'y aura pas de solution à la crise malienne”

PUBLIE LE : 27-06-2012 | 0:00
D.R

Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, a souligné hier à Alger le rôle «primordial» du Comité international des services
de renseignement et de sécurité africains (CISSA) dans la préservation de la paix et de la sécurité en Afrique. 

“La préservation de la souveraineté de nos pays et des acquis de nos indépendances demeure une quête permanente et une préoccupation de tous les  instants», a indiqué M. Ouyahia, ajoutant que le rôle du CISSA est «primordial  dans la préservation de la paix et de la sécurité en Afrique, eu égard à la  définition des menaces, leur anticipation et leur neutralisation» par ce comité.  
Intervenant à l'ouverture de la 9e session du CISSA, le Premier ministre a constaté que l'Afrique connaît aujourd'hui des menaces «variées», citant notamment la pauvreté, les catastrophes naturelles, la mauvaise gouvernance, les guerres, la situation incontrôlée des armes, le terrorisme et le crime transnational or- ganisé. Ces menaces se «superposent» et «s'autoalimentent» pour créer, a-t-il dit, un «contexte défavorable, voire hostile» à la poursuite des efforts visant  à assurer la paix, la sécurité et le développement durable. En ce sens, il a estimé qu'une «perception commune» des facteurs menaçant la paix et la sécurité en Afrique (un des objectifs du CISSA), est nécessaire à la formulation de politiques de sécurité et de défense et à l'élaboration, à terme, d'une «pensée stratégique africaine» à même de favoriser une démarche  de défense «commune».
“Le terrorisme et le crime transnational organisé sont une menace grave en Afrique, qu'il s'agit de combattre en permanence avec la détermination nécessaire et nos propres moyens, et en harmonie avec la communauté internationale dans le cadre d'une stratégie mondiale des Nations unies sur la prévention et la  lutte contre le terrorisme», a ajouté le Premier ministre. Il a rappelé, dans ce cadre, que l'Afrique a été une région «pionnière» dans la lutte internationale contre le terrorisme, relevant que, dès 1999, le continent s'était doté d'une convention sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, lors du sommet de l'Organisation de l'unité africaine  (UA actuellement) à Alger. Par ailleurs, M. Ouyahia a fait part du soutien de l'Algérie au  projet d'arrimage du CISSA à l'UA, considérant qu'il s'inscrit dans une «logique de complémentarité» entre les différents organes de l'Union.   
Le Premier ministre a également fait part de l'«encouragement» de l'Algérie au projet de création d'un établissement de haut niveau propre au CISSA, destiné  à l'amélioration des capacités des personnels et à la réalisation d'études et recherches stratégiques.  Cet établissement servira, a-t-il expliqué, d'«outil supplémentaire précieux» sur les sujets relatifs à la sécurité.
Le Premier ministre a évoqué aussi la réflexion menée en vue de parvenir à une charte commune comportant les principes et les bonnes pratiques devant  guider les services du CISSA dans l'accomplissement de leur mission. Cette charte, qui constitue une «initiative louable et pertinente», permettra  aux services africains de mieux s'imprégner des valeurs et du respect des droits  de l'homme, tout en apportant, a ajouté M. Ouyahia, une réponse aux tentatives  visant à discréditer les services de sécurité et de renseignement (africains) et à nuire à leur image.    
La neuvième session du CISSA se tient cette année à Alger sous le thème «Travaillons ensemble pour faire face aux défis sécuritaires nationaux, régionaux  et continentaux grâce à l'ancrage historique et à la solidarité».
Le président de la Commission de l'Union africaine, M. Jean Ping, le  commissaire de l'Union africaine pour la paix et la sécurité, M. Ramtane Lamamra, et le président sortant du CISSA, M. Mohamed Atta El Moula Abbès, ainsi que des membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie d'ouverture de cette conférence internationale qui enregistre une importante participation de pays africains.           
Les missions dévolues au CISSA consistent notamment à fournir au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) les données nécessaires à l'adoption, entre autres, d'une politique et d'une stratégie africaine pour le maintien  de la paix, la prévention, la gestion et la résolution des conflits, ont indiqué  les organisateurs. Les réunions du CISSA se tiennent régulièrement le mois de juin de chaque  année, avant le sommet de l'UA. Elles sont organisées par les membres du CISSA  sur une base tournante et par alternance entre les cinq régions du continent. Les travaux de la neuvième session du CISSA se poursuivent à huis clos.

Un thème pertinent à plus d’un titre
La neuvième session du CISSA se tient sous le thème «Travaillons ensemble  pour faire face aux défis sécuritaires nationaux, régionaux et continentaux  grâce à l'ancrage historique et à la solidarité».
M. Ouyahia a considéré dans son allocution d'ouverture que le thème retenu pour cette session est «pertinent à plus d'un titre» dans la mesure où  il fait référence à «la solidarité et la libération nationale en Afrique».         
 Pour le Premier ministre, le thème choisi consacre «la nécessaire référence à l'histoire et pose les actes du présent en les liant à la vertu de la solidarité». 

M. Ouyahia reçoit le président de la Commission de l'UA
Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, a reçu hier à Alger le président de la Commission de l'Union africaine (UA), M. Jean Ping,  a indiqué un communiqué des services du Premier ministre. L'entretien s'est déroulé en présence du ministre délégué chargé des  Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, précise la même  source. M. Ping est en Algérie dans le cadre de la tenue de la neuvième session du comité des services de renseignement et de sécurité africains.

-------------------------

M. Amara Essy, envoyé spécial du président de la République de Côte d'Ivoire
“Sans l'Algérie, il n'y aura pas de solution à la crise malienne”

Si la communauté internationale garde un œil vigilant sur l’évolution de la situation qui prévaut dans le Sahel en général et au Mali en particulier, preuve en est ce ballet  de responsables diplomatiques ou militaires à Alger ou encore la nomination par Paris d’un «représentant spécial pour le Sahel, chargé d’élaborer et de remettre au chef de la diplomatie française un plan d’action pour le Sahel, à l’issue de ses déplacements dans les  pays de la région», c’est parce qu’elle est consciente des retombées sécuritaires qui découleront et qui ne manqueront pas de se faire ressentir au-delà des frontières de cette région si jamais l’insécurité et l’instabilité du Sahel et de la sous-région venaient à s’enraciner. Pour avoir suffisamment mis en garde la communauté internationale contre les risques de  déstabilisation des pays du Sahel dans le sillage de la chute du régime el Gueddafi, l’Algérie s’en trouve aujourd’hui  confortée  dans ses analyses. Sans en tirer la moindre fierté d’avoir anticipé sur la situation qui prévaut présentement dans les pays de la région, notamment au Mali où le nord de ce pays est sous contrôle de groupes armés, les autorités algériennes de par leur connaissance du dossier, sont sollicitées pour aider à trouver une solution à la crise engendrée en amont par la révolution libyenne. M. Amara Essy, envoyé spécial du président de la République de Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, a souligné lundi au sortir de l’audience que lui a accordée le Président de la République, le rôle essentiel de l'Algérie dans la recherche d'une solution à la crise qui  secoue depuis plusieurs mois le Mali.          
«Ce qui se passe au Mali concerne aussi bien les pays de la Cedeao (Afrique de l'Ouest) que ceux du nord (de l'Afrique), et nous sommes persuadés que, sans l'Algérie, il n'y aura pas de solution à cette crise», a ainsi  déclaré l'émissaire  ivoirien. M. Ama-ra  Essy  a poursuivi en précisant que «l’Algérie connaît mieux que nous ce problème. Il y a eu déjà les accords d'Alger signés entre les Maliens, et c'est la raison pour laquelle nous avons  écouté avec une attention particulière les analyses faites par le président Bouteflika à ce sujet, et nous allons présenter un rapport au président Ouattara contenant tous ces éléments pour trouver une solution à cette crise».          
L'envoyé du président ivoirien a estimé que cette solution «doit prendre  en compte deux principes fondamentaux : l'intangibilité des frontières maliennes  et la condamnation de tout changement anticonstitutionnel». «C'est à partir de ces deux principes qu'on pourra élaborer toute une méthodologie devant aboutir à une solution définitive de ce problème», a-t-il suggéré. Et c’est justement la position de l’Algérie sur le dossier malien. Une position réitérée dimanche par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, lors d’une conférence de presse animée conjointement avec le  ministre britannique aux Affaires étrangères chargé des Affaires du  Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, Alistair Burt, en visite de travail  en Algérie.
M. Messahel a ainsi mis l’accent sur la préservation de l'intégrité territoriale du Mali, affirmant qu'elle «n'est pas négociable»,  dans la recherche de toute solution à la crise qui secoue ce pays voisin depuis plusieurs mois. Et le ministre délégué de rappeler qu’il avait dit que «notre approche se décline en six urgences, dont la  première porte sur la préservation de l'intégrité territoriale et la souveraineté  du Mali».    
 «Pour nous Algériens, comme pour le reste de la communauté internationale, l'intégrité territoriale (du Mali) n'est pas négociable», a-t-il souligné. M. Messahel a estimé, en outre, qu'une solution politique négociée est «possible» pour trouver une issue favorable à cette crise. «Nous avons toujours privilégié la solution politique. Nous croyons aux vertus du dialogue, et dans le dossier particulier de la situation au Mali, il y a toutes les indications qui font croire et penser que la solution politique  négociée est possible, et nous y travaillons», a-t-il ajouté. M. Essy a évoqué, par ailleurs, le rôle de l'Algérie en faveur de la décolonisation de l'Afrique et de la lutte contre l'apartheid. «C'est grâce au président Bouteflika que l'Afrique du Sud a été expulsée de l'Assemblée générale des Nations unies pour sa politique d'apartheid», a-t-il rappelé. L'émissaire ivoirien a indiqué avoir également abordé avec le chef de l'Etat la coopération bilatérale entre les deux pays, soulignant que les deux parties «sont disposées à œuvrer pour que cette coopération puisse s'élargir et se consolide encore davantage».         
Nadia K. et agence

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions