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Clôture de la Session ordinaire du Conseil national du FFS : Cap sur la restructuration du parti

Des cadres interpellent M. Aït Ahmed pour restituer le parti à ses militants

PUBLIE LE : 24-06-2012 | 0:00
D.R

Les priorités du plus vieux parti de l’opposition sont «les jeunes, les travailleurs, les femmes, et la feuille de route d’étape de restructuration du parti».

La session ordinaire du Conseil national du Front des forces socia-listes (FFS) a pris fin hier avec la présentation d’importantes résolutions finales portant notamment sur l’ancien secrétaire national. La haute instance du parti, lit-on sur le site officiel du parti, a «adopté une résolution exigeant de Karim Tabbou, élu député sur la liste du FFS de Tizi-Ouzou, de remettre son mandat pour comportement indigne et nuisible au parti».
Premier secrétaire depuis avril 2007, M. Tabbou a été remercié à travers un message par le président du parti. A sa place, c’est Ali Laskri qui est nommé pour «rassembler les énergies du parti.» «J’ai pleinement confiance dans son aptitude à mener à bien cette mission», a souligné Hocine Aït Ahmed. Avec Laskri, le FFS vit le retour de ses vieux cadres comme Samir Bouakouir, Ahmed Djeddai et Djoudi Mammeri.
Dans les résolutions à caractère disciplinaire, le FFS a décidé de traduire tout militant ayant un comportement jugé non conforme aux règles, «devant le Conseil national de médiation et de règlement des conflits». Ainsi, il y a lieu de signaler que la restructuration du vieux parti de l’opposition s’est taillé la part belle des résolutions dudit conseil.  Dans cette optique, le CC fait savoir que le FFS a quatre chantiers à ouvrir en priorité: « les jeunes, les travailleurs, les femmes, et la feuille de route d’étape de restructuration du parti». Sur le plan organique, le parti a procédé à «la mise en place des commissions admi-nistratives des fédérations et des zones, chargées de la gestion des affaires courantes et de la préparation des conditions et des moyens nécessaires à la tenue des échéances organiques locales».
Ainsi, le secrétariat national, lit-on dans le communiqué, propose l’installation, fin juin courant, des Commissions administratives fédérales (CAF) des fédérations de  Tizi Ouzou, Béjaïa, Alger, Boumerdès, Bouira, Sétif et Bordj Bou-Arréridj. Au mois de juillet, le FFS installera des CAF des fédérations de l’Est,  de l’Ouest et du Sud avant de tenir ses congrès fédéraux des fédérations de l’Est, de l’Ouest, du Sud et du Centre, entre le 24 aout et le 8 septembre.
Par ailleurs, il convient de rappeler qu’à l’ouverture des travaux de la session, Ali Laskri a souligné que l’appel du parti à la réhabilitation du politique et de l’éthique politique «trouve un écho réel au sein de la société». Le FFS, soutient-il,  est aujourd’hui «la pierre de touche de tout processus politique de réforme démocratique dans le pays.» Et d’ajouter : les valeurs et les principes du parti «sont plus que jamais d’actualité, et plus que jamais respectés» et que la stratégie des instances du parti «va dans la bonne direction».
Abordant dans le détail la stratégie du parti, le premier secrétaire national du FFS a indiqué que celle-ci vise, entre autres, à construire un consensus politique le plus large possible qui pourrait s’organiser autour du respect des pluralismes et des droits de la personne humaine.
Le FFS propose, entre autres, «le primat du droit, l’Assemblée constituante souveraine, un Etat constitutionnel avec limitation et séparation des pouvoirs, un Etat démocratique, et la réunion des conditions d’élaboration d’un consensus social  et économique.»  
Fouad Irnatène

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Des cadres interpellent M. Aït Ahmed pour restituer le parti à ses militants
Une vingtaine de cadres, membres du conseil national du Front des forces socialistes (FFS), ont interpellé hier à Alger le président  du parti, M. Hocine Aït Ahmed, pour prendre des mesures «concrètes» à même de  «restituer le parti à ses militants».    
Dans une déclaration signée par vingt membres du conseil national du parti,  adressée au conseil réuni durant deux jours en session ordinaire, il est  demandé «l'intervention politique» du président du parti pour la prise de mesures «concrètes» à même de restituer le parti à ses militants, «condition sine qua  non pour la sauvegarde du parti», estiment les signataires.          
Ces membres du conseil national du FFS disent s'être concertés sur la situation politique et organique du parti et avoir pris la décision d’adresser cette  déclaration au conseil national avant sa diffusion.   
Ils ont estimé que le FFS vivait «la crise la plus profonde de son histoire»  et qu'il était «victime d’un véritable complot visant le renversement de ses  structures et de sa ligne politique».          
Les concernés ont également dénoncé «toutes les pratiques d’exclusion» et exprimé leur «entière solidarité» avec leur camarades «victimes de sanctions  arbitraires et injustifiées».    
Deux cadres du parti ont été suspendus de toute activité au sein et au nom du parti pour s'être opposés à la participation du parti aux dernières législatives et avoir tenu publiquement (dans la presse) des propos dans ce sens, et considéré cette participation de «compromission avec les cercles du  régime».   Il s'agit de l'ancien premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), membre du conseil national et député élu sur la liste de Tizi-Ouzou aux dernières législatives, Karim Tabbou, qui fait partie des vingt signataires  de la déclaration, et de Samir Bouakouir, représentant du FFS à l'étranger.  La déclaration des contestataires a exigé l’ouverture d’un débat rassembleur de toutes les énergies pour renforcer le parti et préserver son autonomie de décision, tout en saluant «toutes les initiatives et les prises de position allant dans le sens de l’enrichissement du débat, de la consolidation des principes et valeurs du parti, de l’enracinement de la culture démocratique pour la préservation  de son capital politique et historique». Les contestataires pensent que ceux qu'ils ont appelé «les détenteurs de la décision» du parti, visent à «(...) briser l’espoir démocratique des militants et du même coup mettre fin à toute velléité de changement dans notre pays». Ils ont reproché à l'actuelle direction du FFS le «renoncement à sa ligne politique d’opposition au système», estimant que «son éloignement progressif des valeurs et de ses principes fondateurs atteste de ce changement  de cap et d’orientation politique». Pour eux, «au lieu de consulter la base militante, seule habilitée à  décider des options politiques du parti, dans un débat franc, libre et pluriel,  le secrétariat national concocte des deals et des accords dans l’opacité absolue».          
Ils estiment aussi que «face aux questionnements politiques pertinents  et légitimes des cadres, le secrétariat adopte une politique répressive faite  de menaces, de manœuvres et de sanctions et ce, au mépris de toutes les règles  éthiques».  Les contestataires trouvent que ce qu'ils considèrent comme «le silence arrogant affiché à l’égard de toutes les demandes de débats formulées par les  cadres et les militants, la poursuite de la politique clientéliste, le dénigrement relèvent de l’irresponsabilité assimilable à une volonté de liquidation  du parti».    
Ils ont également déploré ce qu'ils ont appelé «une consécration  pure et simple de la violence et la corruption comme mode de gestion des affaires  du parti».   
Pour finir, ils se sont dits «convaincus qu’à défaut d’un sursaut démocratique véritable et salvateur, le FFS perdra toute sa crédibilité».

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