mercredi 14 novembre 2018 21:36:37

Mariages en Algérie : La fête à quel prix ?

Le mariage c’est loin d’être seulement une histoire d’amour, c’est aussi surtout une histoire de dinars…

PUBLIE LE : 24-06-2012 | 0:00
D.R

Le mariage ce n’est pas seulement que du bonheur et de la joie, pour le couple, les familles et les proches. Salles des fêtes, cortèges, gâteaux, tenues de la mariée, sont autant de rituels  incontournables qui marquent au sens propre et au sens figuré les futurs mariés.   Convoler en justes noces est  un  heureux évènement, au goût  piquant. Les mariés en savent un bout sur les coûts  astronomiques et toute la gymnastique à laquelle s’adonnent les futurs époux ainsi que tout leur entourage pour préparer le jour « J ».  Il s’agit d’un jour exceptionnel. Aussi, il n’est pas question de le rater car ce serait carrément  passer à côté du…  bonheur, voire du rêve. Rompre le célibat est loin d’être une sinécure. L’adage algérien qui dit « le mariage : une nuit, mais ses préparatifs durent une année », illustre parfaitement cet état de fait.
Le mariage est devenu  un véritable gouffre financier qui donne des sueurs au dos rien qu’à l’idée d’y penser. Pour réussir un  mariage, il  est impératif de mettre de côté, sans exagération aucune, une petite fortune. C’est même le seul et unique garant pour  échapper  aux critiques acerbes, aux  traditionnels commérages des cousines et des voisines,  sur  les gâteaux, la toilette de la mariée, le cortège ou même le disc jockey qui laissent à désirer, pour ne pas dire horribles. Ce n’est pas étonnant aujourd’hui, si des couples n’hésitent pas à s’endetter, pour  éviter toute faille possible dans l’organisation de l’heureux évènement. Toutes les formules sont valables pour mieux   préparer le jour « J ». Les us et les  coutumes, mais aussi, le prestige se payent chers. La liste des dépenses est longue et surtout chère à assumer. Pourtant, très souvent, carrément injustifiées pour ne pas dire farfelues. La note est salée.
Ce n’est pas étonnant que certains parlent carrément de marché, soumis ainsi aux même fluctuations des autres marchés quand ils évoquent le mariage. Le coût des différentes phases qui constituent le rituel du mariage ; de la location de la salle des fêtes au fleuriste et la belle caisse pour le cortège, sans oublier le dîner offert en aparté à la famille et aux amis et la réservation à l’hôtel pour la nuit de noces, et toutes les autres fantaisies pour lesquelles il faut mettre le paquet, est à même de décourager les jeunes. Ce n’est pas étonnant que l’Algérie soit classée aujourd’hui, en tête de liste des pays touchés par le célibat avec près de 11 millions de célibataires, dont 5 millions environ âgées de plus de 35 ans.

Le mariage, entre hier et aujourd’hui

Les mutations de la société algérienne, en fait, n’ont pas épargné les fêtes de mariage qui se caractérisent désormais par la tendance à l’innovation quitte à accepter d’être écorchés pour être dans les «  normes ».  Si autrefois les familles de l’époux et de la mariée, optaient pour des cérémonies plus intimes et conviviales, organisées chez-soi, en présence des seules membres de la famille et quelques proches et amis, qui font la fête, ce n’est pas le cas  de nos jours, puisque  le mariage  est fêté avec faste, dans de grandes salles, décorées pour la circonstances, avec des orchestres, sans oublier la fameuse limousine qui   reste le rêve de toutes les filles !     L’évolution qui a tué les traditions et mis fin au charme des fêtes d’antan  lorsque les courettes, les terrasses  se transformaient  en  piste pour les danseuses qui se déchaînent sous les youyous de la mère de la mariée ou du marié, avec des « mssamiate », pour les femmes et « El Aali », pour les hommes qui chantent jusqu’au petit matin mettant en fête tout le quartier.
 L’on assiste désormais à une  prolifération de salles des fêtes dans chaque coin, même les caves et les rez-de-chaussées de villas  sont déviés de leur vocation initiale  pour servir de salles des fêtes après  quelques aménagements par-ci, et des retouches par-là. Nos fêtes ne sont plus ce qu’elles étaient il y a  vingt ans. Ce changement a  touché   au rituel du mariage, lui-même qui se voit écourté et réduit à sa plus simple expression. Si auparavant, l’odeur de la fête se faisait sentir, et perdurait des jours et des jours, ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisque, elle se résume à quelques heures au niveau de la salle des fêtes. Le temps c’est de l’argent et les heureux mariés tiennent absolument  à  ne pas se laisser prendre par des dépenses supplémentaires qui risqueraient de les ruiner davantage plus qu’ils ne le sont. Le mariage c’est loin d’être seulement une histoire d’amour, mais surtout de dinars…
Samia D.

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