jeudi 15 novembre 2018 18:49:05

Il y a 50 ans, Incendie criminel de la bibliothèque de l’université d’Alger : L’ultime autodafé de la haine et du désespoir

C’était le dernier râle désespéré et mortifère d’une Organisation de l’armée secrète (OAS) de sinistre réminiscence.

PUBLIE LE : 09-06-2012 | 0:00
D.R

C’était le dernier râle désespéré et mortifère d’une Organisation de l’armée secrète (OAS) de sinistre réminiscence. L’incendie de la bibliothèque de la Faculté centrale d’Alger, commis le 7 juin 1962 est un autodafé que l’histoire a consigné pour la postérité. Un acte que l’on peut aisément qualifier de crime contre l’humanité.

En mettant le feu à la bibliothèque de l’université d’Alger, les sbires de l’OAS ont perpétré un  memoricide. Dernière  tentative vindicative, rancunière et indigne contre le savoir, la science et la culture. La politique de la terre brulée, l’usage bestial de la table rase, véritable apanage de hordes sauvages  ont fait leur œuvre. Il fallait mesurer l’étendue du sinistre, prendre conscience d’un honteux désastre.
Des  milliers d’ouvrages détruits, ravagés  en ce funeste 7 juin 1962, par l’explosion de trois bombes installées dans cet établissement.
   Un témoin de cet incendie a affirmé que «certains fonctionnaires de la bibliothèque étaient complices de cet acte gravissime.
M. Saad Khandek, ancien fonctionnaire de cet établissement a indiqué, jeudi en marge d’une conférence organisée par la bibliothèque  de l’Université d’Alger sur «les crimes culturels durant l’ère coloniale en  Algérie : 1830-1962», que «tout le monde à l’université savait que des complices collaboraient avec l’OAS et vouaient une haine à l’encontre de nos compatriotes. Preuve en est que la partie centrale de la BU, qui contenait des manuscrits, des ouvrages et des documents importants, avait été totalement incendiée.           
Il rajoute qu’à  l’époque,  la majorité des cinq fonctionnaires algériens au sein de la BU «avaient démissionné un jour avant la mise à feu de la bibliothèque car ils  avaient reçu des menaces de mort par l’organisation qui était présente à l’université». La majorité des étudiants français, qui ont servi l’OAS, «ne s’étaient  jamais opposés au terrorisme perpétré par cette organisation.              
L’orateur a précisé que la France ne voulait pas léguer à l’Algérie,  à la veille de son indépendance, une bibliothèque aussi riche.  400.000 documents et ouvrages sur les 600.000 que comptait  la BU ont été immolés par les feux. Les 200.000 livres ayant échappé à l’incendie, ont été transférés au Lycée Okba d’Alger pour être restitués à la bibliothèque deux années plus tard.  
La bibliothèque était, d’un avis unanime,  riche et amplement fournie en documents et autres matériaux d’études servant à la science et à la recherche universitaire. Bien évidemment, nos compatriotes étaient quasiment privés de ses ressources car l’accès a l’université fonctionnait à l’époque selon la règle de fer des deux poids, deux mesures. L’idéologie coloniale par nature ségrégationniste, sectaire à l’égard de notre population, écrasée sous le joug du régime de l’indigénat. La France ne s’exonérait pas d’une politique de déni de la nation algérienne, de son histoire, de sa personnalité et de sa culture.
 La destruction de la bibliothèque de l’Université d’Alger par l’OAS, répondait à un plan minutieusement préparé et prémédité qui consiste à démolir tout ce qui pouvait l’être, à plonger le pays dans le chaos et la désolation, à la veille d’une indépendance chèrement acquise à coup de sacrifices et de souffrances.
Cette logique infernale ne tombait pas du ciel. Elle est le propre de ceux qui ne peuvent se résoudre à obéir au sens de l’histoire.
Cet attentat odieux avait soulevé énormément d’indignation et de réprobation partout à travers le monde. Un mouvement de solidarité avait été crée pour  que cet établissement puisse renaître de ses cendres et fonctionnait de nouveau. La mission a été rempli et le défi relevé haut la main.
Au lendemain de l’indépendance, l’université d’Alger ne  pouvait  délivrer que quelques maigres diplômes mais que de progrès réalisés depuis,  grâce à la politique nationale de l’accès aux études supérieures.
Le réseau de l’enseignement supérieur se dote de quelque 90 institutions, soit 37 universités, des centres universitaires, des écoles supérieures, répandues dans toute l’étendue du territoire national. On ne peut trouver meilleure réponse à cet autodafé d’un autre âge.
M. Bouraib

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