samedi 26 septembre 2020 17:30:29

Il y a 56 ans, les bancs étaient désertés : De l’amphi au maquis

Les jeunes doivent tirer les leçons de la date historique du 19 mai 1956, jour où les étudiants ont déserté les bancs de l’université pour rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), ont affirmé jeudi des professeurs d’histoire à la faculté d’Alger.

PUBLIE LE : 18-05-2012 | 23:00
D.R

Les jeunes doivent tirer les leçons de la date historique du 19 mai 1956, jour où les étudiants ont déserté les bancs de l’université pour rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), ont affirmé jeudi des professeurs d’histoire à la faculté d’Alger.
Lors d’une conférence organisée par le Centre culturel islamique à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’étudiant (19 mai), les conférenciers ont appelé «les jeunes à tirer les leçons de cette date historique». Dans une intervention, le Pr Allal Bitour a évoqué le rôle de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) dans la réussite de la grève, soulignant la position de l’ancien chef de gouvernement, M. Belaïd Abdesselam, qui a insisté pour l’ajout du mot «musulmans» à l’appellation de l’union. Il a relevé qu’à cette époque, outre les zaouïas et les lycées, il n’existait que la faculté d’Alger ou étaient enseignées deux spécialités seulement, à savoir le droit et la médecine. D’autres étudiants se rendaient au Maroc ou en Tunisie pour poursuivre leurs études, a-t-il ajouté. Pour sa part, le Pr Aïssa Hadj a indiqué que les jeunes étudiants qui avaient répondu à l’appel du 19 mai ont démontré que la révolution était bien une révolution populaire ayant mobilisé toutes les catégories, y compris les étudiants qui ont fait preuve d’une grande maturité vis-à-vis de la cause nationale.          
Le Pr Salah Eddine Chaabani a souligné que l’histoire n’est pas uniquement  un mécanisme d’édification de la société, mais également des civilisations. L’étudiant a prouvé, le 19 mai, qu’il était capable de définir des objectifs précis, mettant l’accent sur l’«union» qui était son point fort.          
M. Abdelkader Sayeh, chef du département d’action culturelle au Centre culturel islamique, a indiqué que le 19 mai constitue une référence pour  l’étudiant en termes de sacrifice pour atteindre des objectifs nationaux.
Wassila Benhamed


Lamine Khène : “La grève du 19 mai 56 a été décidée par les étudiants eux-mêmes”

La grève du 19 mai 1956 a été décidée par les étudiants eux-mêmes, et, après concertation, sans qu'ils n'aient reçu d'instruction ou de mot d'ordre de quelque partie que ce soit, a indiqué le Dr Lamine Khène, jeudi à Alger, dans une conférence débat animée à l'École nationale polytechnique d'El-Harrach. "Ce sont les étudiants eux-mêmes qui ont décidé, à la majorité et après concertation, de la grève, lors d'une réunion que j'ai présidée au cercle des Oulémas qui se trouvait à proximité de la mosquée Ketchoua", a précisé M. Khène devant un parterre d'étudiants. Il a ajouté que Allaoua Benbaatouche, qui était membre du comité directeur de l'Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA), devait présider cette réunion, "mais, sans doute, submergé par l'émotion, il n'a pu prononcer un mot devant l'assistance".
L'intervenant a expliqué qu'il avait essayé vainement d'appeler Belaïd Abdeslam (également membre de l'UGEMA) à Paris, pour lui communiquer la décision de la section d'Alger de l'union, avant que quelqu'un ne vienne le voir pour lui dire que Benyoucef Benkhedda lui demandait de déclencher la grève sans plus attendre.
"Je connaissais l'émissaire et, puis, Benkhedda était mon aîné, il était responsable au sein du Front de libération nationale, et je n'avais besoin ni d'écrits ni de notification", a-t-il poursuivi. Pour ce qui est de l'appel de la grève, M. Khène a indiqué que c'était une "lourde responsabilité" que de rédiger cet appel, un texte qui "recueillera quasiment tous les suffrages", a-t-il dit. "J'ai donné le texte à Salah Benkobbi, qui était un membre du bureau de section de l'UGEMA, qui l'a transmis pour sa part à Benkhedda", a-t-il signalé. Abderrahmane Khène, dit Lamine Khène, né en 1931 à Collo, a milité au sein du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Il effectuait des études de médecine à l'université d'Alger lorsqu'il cofonda l'UGEMA en 1955.
Partisan de la grève des étudiants en 1956, il a rejoint l'Armée de libération nationale où il a été promu capitaine chargé de la santé.
À l'indépendance, il a terminé ses études de médecine et présidé l'organisme de mise en valeur des richesses du sous-sol algérien, puis l'office de coopération industrielle en 1966, avant d'être nommé ministre des Travaux publics. Le Dr Khène a également occupé les fonctions de secrétaire général de l'OPEP, puis de président de l'ONUDI.


Les Universités algériennes dans le monde
Classement honorable


Sur les 100 universités africaines, 10 algériennes ont été classées dans les 25 premières, ainsi que dans les 100 meilleures universités arabes.
Afin d’améliorer le classement des établissements d’enseignement supérieur, le recteur de l’université d’Alger M. Tahar Hadjar propose d’axer les efforts sur les publications en langue anglaise pour se maintenir aux niveaux des meilleures universités.
Les universités algériennes occupent une place honorable dans les classements des meilleures universités du monde. C’est ce qu’a déclaré jeudi dernier, le recteur de l’université d’Alger, M. Tahar Hadjar, lors d’un point de presse organisé en marge de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale et du 56e anniversaire de la date historique du 19 Mai 1956, sur le thème «L’étudiant algérien, du sacrifice pour la patrie au devoir de développement». M. Hadjar a expliqué qu’«il y a plusieurs organismes qui procèdent à la classification des universités et ils se basent spécialement sur les recherches et  publications en langue anglaise, ce qui n’est pas à l’avantage de nos universités».
Selon M. Hadjar, «la majorité des enseignants en Algérie publient leurs recherches dans la langue arabe ou en la langue française. Néanmoins, ceci ne signifie pas que la contribution des universités algériennes dans la recherche scientifique est amoindrie. Nous occupons tout de même des meilleures places par rapport à des universités du tiers-monde et des pays arabes».
Et d’ajouter : «Dans le classement espagnol, sur les 100 universités africaines, nous avons 10 universités qui ont été classées dans les 25 premières, ainsi que dans les 100 meilleures universités arabes. On a de quoi en être fière.» Afin d’améliorer leur classement, M. Hadjar propose d’axer les efforts sur les publications en langue anglaise pour se maintenir aux niveaux des meilleures universités. «Quelque part, c’est notre faute aussi. Pour une raisons ou pour une autre, on ne publie pas tous nos travaux ni le nombre des professeurs et nos diplômés qu’il y a dans nos facultés sur nos sites web des universités», a-t-il estimé. Selon le recteur, «parfois, les enseignants de l’université d’Alger publient dans des revues mondialement connues et ils ne mentionnent même pas l’établissement où ils enseignent».
Dans ce sens, M. Hadjar a déclaré qu’«il a adressé une directive à l’ensemble des enseignants afin d’utiliser le nom officiel de l’université d’Alger et de regrouper toutes les publications dans le but de lui donner un meilleur classement dans le futur». Par ailleurs, le recteur a souligné que «cette journée est une occasion pour faire le bilan d’un demi-siècle de sacrifices, de courage et d’œuvres». Il a indiqué que «le nombre d’étudiants algériens qui ont pu accéder à l’université pendant l’occupation se comptait sur les doigts d’une main».
«Ils avaient de la chance, ils étaient considérés comme les notables algériens de cette époque. En dépit de cela, certains d’entres eux ont préféré joindre leurs frères au maquis», a-t-il conclu.
Wassila B.

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