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Après l’annonce des résultats : Un scrutin riche en enseignements

“Il n faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué», affirme le proverbe. Cette expression n’aura jamais autant convenu à une situation telle que celle que nous connaissons présentement en Algérie.

PUBLIE LE : 12-05-2012 | 23:00
D.R

“Il n faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué», affirme le proverbe.  Cette expression n’aura jamais autant convenu à une situation telle que celle que nous connaissons présentement en Algérie.  
En effet, à  la faveur des résultats préliminaires des élections législatives du 10 mai annoncés vendredi par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, toutes les prévisions, ou presque, faites par les chefs de parti, les analystes politiques et  les médias, se sont avérées infondées. Même le FLN, dont le SG n’a eu de cesse de déclarer qu’à l’issue de ce scrutin législatif, sa formation resterait la première force politique du pays, a été surpris par le score réalisé par son propre parti. Car, assurément, Belkhadem était loin de se douter que le FLN, traversé par une forte turbulence juste avant cette élection, allait remporter 220 sièges sur les 462 mis en jeu, frôlant ainsi de peu la majorité au sein du Parlement. «C’est un vote refuge», a commenté M. Daho Ould Kablia le résultat réalisé par le FLN. Nombreux sont ceux qui le pensent aussi, quand bien même ils ne manquent pas aussi d’ajouter que le discours de Sétif, lors duquel le Président  Bouteflika a appelé les Algériens à voter en masse tout en rappelant sa propre appartenance politique, n’aura pas été sans conséquence sur le résultat final. A telle enseigne que d’aucuns parmi les analystes estiment que le score du FLN à ces législatives est en fait un plébiscite en faveur du Président de la République. Nonobstant cet aspect, il n’en demeure pas moins que les résultats des uns et des autres, sous réserve de leur validation par le Conseil constitutionnel, donnent lieu à quelques enseignements qui mériteraient d’être médités. Tout d’abord, le bond du FLN confirme une nouvelle fois l’ancrage social de cette formation sur l’ensemble du territoire. On vote FLN car, quelque part, on s’y retrouve dans ce sigle à la symbolique forte. Le lien et la charge émotionnelle, du moins faut-il le croire, à l’intérieur du pays où l’on reste encore attaché aux valeurs anciennes, sont encore  importants, d’autant que la majorité des militants des partis activant sur la scène politique sont des transfuges du FLN. Cette réalité vaut aussi pour le RND qui n’aura jamais réussi à faire oublier ce frère aîné auprès des populations rurales de cette Algérie profonde. Dans ces régions, seuls les partis islamistes auraient pu constituer une menace pour le FLN dans la mesure où ils jouent sur la fibre religieuse des citoyens. Or, et depuis la décennie noire et l’expérience douloureuse imposée au peuple par un islamisme politique violent auquel l’Algérie et son peuple ont payé un lourd tribut de sang et de larmes, il est hors de question pour les citoyens de se laisser tenter à  revivre cette  période. Cette autre réalité fait que les islamistes algériens, qui ont cru, à la lumière de ce qui s’est passé en Tunisie, en Libye et en Egypte, où la vague verte s’est imposée, leur jour de gloire est arrivé, ont vite déchanté. Qu’au lendemain de l’annonce des résultats ils crient à la fraude où à la confiscation d’une victoire à laquelle ils ont fortement cru est de bonne guerre. Mais les Algériens  ne sont pas dupes. Ils savent que la sanction qu’ils leur ont infligée à travers les urnes est la leur et non pas celle d’une administration aux ordres. Les 59 sièges obtenus par les partis de la mouvance islamiste reflètent la recomposition des forces politiques qui s’est opérée au fil des ans. Autre enseignement qu’il est indispensable de tirer de cette élection est le score réalisé par le FFS. Le parti d’Aït Ahmed a recueilli 21 sièges. Pour son  retour sur la scène des législatives boycottées durant les dernières législatures, le FFS aurait pu prétendre à un meilleur score. Le parti semble déçu puisque, est-il affirmé dans un communiqué rendu public hier, le résultat «ne reflète pas la percée du parti au niveau national». Il n’en reste pas moins vrai que le FFS, qui affirme par ailleurs «avoir atteint les objectifs » en termes «de remobilisation politique des citoyens», est conscient qu’il ne pouvait faire mieux. En effet, on ne peut pas avoir opté pour une démarche politique pendant plusieurs années et revenir au bout de ce temps la changer et tenter de convaincre les militants de la pertinence de ce choix sans y laisser quelques plumes.  
Quant aux formations nouvellement agréées, à l’image du MPA d’Amara Benyounes, qui a obtenu 6 sièges, ou de Fadjr El Jadid de Tahar Benbaïbeche qui a obtenu 5 sièges, leurs résultats sont des plus honorables lorsqu’on sait qu’elles sont entrées dans l’arène avec au moins le handicap du temps.
Enfin, on relèvera que ce scrutin permettra de renforcer la présence de la gent féminine dans la prochaine APN, même si la majorité d’entre elles ne doivent leur statut de député qu’à la seule volonté du Chef de l’Etat à travers sa décision de promulguer la loi sur l’élargissement de la représentation de la femme aux assemblées élues.    
Nadia Kerraz

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