D.R
Une source informée au ministère des Affaires étrangères (MAE) a tenu à apporter des précisions, hier, suite à la multiplication des déclarations et des commentaires attribués à des sources diplomatiques européennes faisant état des «réserves» dont ferait part la mission d’observation européenne sur certains aspects liés au processus d’organisation et de déroulement des élections législatives du 10 mai.
“Premièrement, s’agissant du refus qu’auraient notifié les autorités algériennes à la demande de la mission d’observation européenne d’avoir accès au fichier électoral national, un courrier officiel a été adressé au chef de la mission d’observation européenne par l’autorité compétente par lequel elle lui a réitéré la volonté de l’Etat de mettre en place toutes les conditions nécessaires au déroulement du scrutin selon les standards et critères internationalement admis en la matière», précise cette source. «C’est ainsi, souligne-t-elle, qu’outre le fait que cette présentation des faits est inexacte, elle omet de mentionner que les observateurs sont autorisés à accéder au fichier électoral de toutes les wilayas, étant entendu que le fichier national, outre des données électorales, renferme des données personnelles et confidentielles que la loi algérienne interdit de communiquer, à l’instar des législations en vigueur dans de nombreux pays à travers le monde.» «Deuxièmement, dans le souci de renforcer la transparence du processus électoral et de mettre en place toutes les garanties nécessaires au bon déroulement du scrutin, elle a fait part de l’autorisation accordée par les autorités algériennes aux observateurs internationaux d’assister aux travaux des commissions électorales de consolidation des résultats au niveau des wilayas», ajoute la même source. «Troisièmement, pour ce qui est du délai de recours fixé à 72 heures accordé aux partis politiques, il y a lieu de préciser qu’il s’agit là d’une disposition de la loi algérienne qui s’impose à tous les participants aux élections, y compris la mission des observateurs qui s’est engagée à mettre en œuvre son mandat conformément aux lois en vigueur en Algérie», explique-t-elle. «Quatrièmement, le jour du scrutin et à l’issue des opérations électorales, la copie des procès-verbaux de centralisation des résultats dressés par les commissions électorales de wilaya sera remise aux observateurs internationaux», indique encore la même source. «La mission d’observation européenne, comme les autres missions d’observation et comme cela est spécifiquement mentionné par les mémorandums d’entente conclus avec chacune d’entre elles, doit poursuivre sa tâche avec discernement, impartialité, objectivité et dans la discrétion loin de toute polémique ou surenchère qui peut porter préjudice à la crédibilité de sa mission», précise-t-elle également. Il faut rappeler, poursuit la même source, que la décision de faire appel aux observateurs internationaux a été prise de manière souveraine et indépendante par les autorités algériennes qui n’en attendent aucun «chèque en blanc».
200 observateurs de l’UA déployés à travers le pays
Une mission de 200 observateurs de l’Union africaine (UA) s’est déployée dans les 48 wilayas pour suivre, à l’invitation de l’Algérie, le déroulement des législatives de jeudi prochain, a-t-on appris mardi auprès de la mission. Cette délégation, arrivée vendredi à Alger, est dirigée par M. Joaquim Chissano, ancien président de la République du Mozambique, a indiqué un communiqué de la mission transmis à l’APS.
La mission est composée de parlementaires panafricains et nationaux, d’ambassadeurs africains auprès de l’UA à Addis Abeba, de responsables d’institutions électorales et des membres de la société civile, selon la même source. L’observation de la mission portera sur «la régularité, la transparence, l’équité et le bon déroulement du scrutin», a-t-on précisé.
Au terme du scrutin, la mission rendra publique, lors d’une conférence de presse, son opinion et «formulera éventuellement, dans un rapport qu’elle adressera aux autorités algériennes compétentes, ses observation et recommandations», a-t-elle précisé. Durant son séjour en Algérie, la délégation doit rencontrer les autorités politiques et judiciaires nationales, les acteurs du processus électoral, les partis politiques et la société civile algérienne, selon la même source.
Les observateurs africains, dépêchés par le président de la commission de l’UA, M. Jean Ping, effectuent leur mission conformément aux dispositions de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (de février 2012) et à la déclaration de l’OUA sur les principes régissant les élections démocratiques en Afrique (juillet 2002), a-t-on rappelé.
La mission cadre également avec les directives de l’UA pour les missions d’observation et de suivi des élection et la constitution et les lois algériennes évidemment, a-t-elle encore précisé. Avec 200 observateurs, la délégation de l’UA est la plus importante mission d’observation en termes de nombre.
Le scrutin prochain doit être suivi par quelque 500 observateurs étrangers, dont 140 de l’Union européenne (UE), 130 de la Ligue arabe, 7 de l’ONU, en plus des observateurs des ONG américaines NDI et Carter.
Le Chef de la mission de l’UE à Oran :
“Aucune manœuvre derrière la demande d’accès au fichier électoral national”
“La campagne électorale s’est déroulée d’une façon saine et pacifique, et n’a été marquée par aucun incident d’importance», a déclaré avant-hier, à Oran, le chef de la mission d’observateurs de l’UE, José Ignacio Salafranca. «Nous tenons également à exprimer notre satisfaction devant le travail de l’Administration qui nous a facilité notre travail sur le terrain», a-t-il encore ajouté. «Quatre observateurs seront déployés dans la wilaya d’Oran pour suivre le processus électoral», a-t-il précisé, ajoutant que «cette mission quittera la wilaya dimanche pour rejoindre Alger et finaliser son travail». Le chef de la mission d’observateurs de l’UE est revenu sur la demande formulée par sa mission pour accéder au fichier électoral national indiquant que «la proposition faite par les autorités pour mettre a la disposition des missions d’observateurs de l’UE les fichiers électoraux au niveau régional est satisfaisante, et il n y a pas lieu de voir là une quelconque manœuvre».
«La mission des observateurs que nous conduisons est à 100% indépendante. Financée par l’UE, elle est là non pas pour contrôler, comme il a été trop dit et écrit, mais pour accompagner et observer, à la demande des autorités algériennes, le processus des élections», a-t-il tenu à préciser. Et de poursuivre : «Son indépendance et son impartialité est totale, et se prolonge au-delà des partis politiques engagés dans cette échéance électorale puisque nous avons également eu des contacts avec les partis politiques et les personnalités qui ont pris la décision de ne pas participer à ces élections. Ces experts feront, le jour du scrutin, un travail de terrain au sens strict du terme, et fourniront la matière première et compléteront les rapports des observateurs dits de «longue durée», issus des Etats membres de l’UE, de la Norvège et de la Suisse, déployés en Algérie depuis un mois dans le but d’examiner attentivement tout le processus électoral, y compris le déroulement de la campagne électorale.» «Des membres du Parlement européen sont également arrivés hier à Alger», a indiqué José Ignacio Salafranca. Avec les neuf observateurs de l’UE (l’équipe cadre) présents en Algérie depuis le 30 mars et la vingtaine d’ambassadeurs des pays de l’UE à Alger, le total des observateurs européens devrait atteindre le nombre de 150. C’est la première fois que l’UE envoie une mission d’observation des législatives en Algérie, une démarche «entièrement prise en charge financièrement par l’Union». Pour rappel, le corps électoral d’Oran, estimé à plus de 1,4 million d’électeurs, est le troisième en ordre d’importance du pays après ceux d’Alger et de Sétif.
M. Koursi
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