mercredi 28 juin 2017 04:43:26

Campagne en France-Nord : Les radios communautaires à la rescousse

Invoquant pour la plupart un manque de trésorerie, des candidats aux élections législatives de mai prochain dans la zone France-Nord privilégient les radios communautaires, supports médiatiques jugés «indiqués» pour mener campagne à «moindre frais».

PUBLIE LE : 29-04-2012 | 0:00
D.R

Invoquant pour la plupart un manque de trésorerie, des candidats aux élections législatives de mai prochain dans la zone France-Nord privilégient les radios communautaires, supports médiatiques jugés «indiqués» pour mener campagne à «moindre frais».

Dans un souci d’éclairer la communauté nationale établie en France sur les candidats et leurs programmes, ces radios, très écoutées du reste, ont concocté des grilles «spécial législatives». C’est le cas de Beur FM qui anime un forum-débat hebdomadaire de 18h30 à 20h avec l’ensemble des candidats. Régulièrement, la rédaction fait le compte-rendu des réunions organisées au consulat de Paris concernant les élections législatives tant à destination des partis politiques que de la communauté. L’autre émission hebdomadaire, «Face à l’Actu», invite une personnalité pour traiter de la situation politique en Algérie. Pour Nacer Kettane, directeur de la radio, l’objectif de celle-ci est de se faire l’écho des évolutions politiques de façon générale au Maghreb et, en particulier, en Algérie. Il reconnaît, cependant, la difficulté de faire dans l’équité dans les temps de parole des candidats. «A ce titre, pas d’équité particulière, on privilégie surtout les questions de fond», a-t-il confié à l’APS. Interrogé si la présidentielle en France n’aurait pas quelque peu «chahuté» le déroulement de cette campagne, M. Kettane a estimé que la conjonction de ces deux élections (présidentielle en France et législative en Algérie) doit au contraire permettre de «valoriser la notion de bi-nationalité qui est une richesse et non un fardeau». «D’autant plus que la pratique démocratique de la République française est un atout considérable pour les comportements électoraux de la communauté de France et, à ce titre, c’est l’Algérie démocratique qui s’en trouve renforcée», a-t-il soutenu. Pour le candidat du parti Ahd 54, Omar Aït Mokhtar, le temps est venu pour l’Algérie de «créer ses propres radios communautaires, celles existantes étant de droit français». «Il n’y a aucune stratégie de communication, aucune campagne de sensibilisation envers la communauté», a-t-il déploré. Selon ce candidat, l’Algérie en tant que pays riche «se devait de payer un spot publicitaire pour annoncer ces élections à la communauté nationale en France et la sensibiliser pour aller voter». «Heureusement que ces radios communautaires nous acceptent gratuitement. Mais, ce que nous demandons, c’est que l’Administration confectionne (en arabe, français et amazigh) et paye le prix de spots publicitaires à diffuser sur ces radios», a-t-il dit, au sortir d’une émission sur Beur FM. Aux yeux du représentant du parti El-Karama, Abdelhamid Kourichi, les radios communautaires demeurent le «seul moyen» qui permet de toucher l’ensemble de ses concitoyens. «Notre objectif est d’avoir accès aux électeurs algériens établis en France, et ces radios nous le permettent», a-t-il dit, au lendemain d’une émission électorale sur Radio Soleil.
Celle-ci a commencé ses émissions spécial élections le 16 avril dernier, soit le lendemain du lancement de la campagne électorale. Selon son directeur, Abdelmajid Daboussi, la rédaction prévoit d’inviter les 23 candidats en lice pour la zone France-Nord, en consacrant une heure de temps les mardi, jeudi et vendredi, à deux listes, à raison de 30 minutes par candidat avec une rediffusion le soir même. «Par ailleurs, nous avons un accord avec la Chaîne III en Algérie pour reprendre un certain nombre d’émissions de débat organisées entre les différents leaders en Algérie, et pour une soirée électorale», a-t-il confié. Le concours des radios communautaires au débat sur les législatives en Algérie participe d’une volonté de donner le «plus large» écho à ce scrutin, a indiqué, pour sa part, le président-directeur général du Groupe France Maghreb Communication (éditrice des radios France Maghreb — France Maghreb 2 et Urban Hits). Les ondes de ces radios sont captées en FM dans plusieurs villes de France et en numérique à Paris, Saint-Nazaire, Nantes, Lyon et Marseille. Grâce à une liaison satellitaire, elles sont reçues au Maghreb. Selon le même responsable, dans le cadre du partenariat d’échanges de programmes établi entre France Maghreb 2 la radio algérienne et principalement la Chaîne III, France Maghreb 2 ouvrira son antenne aux journaux algériens pendant la campagne officielle et réalisera plusieurs duplex le jour des élections et le lendemain. Même si elle n’a pas arrêté un programme spécifique en vue des législatives, Kabyle FM, qui vient de souffler sa troisième bougie, consacre une partie «non négligeable» du temps de son émission hebdomadaire «Inid Ad Inigh» (Sans tabous ni trompette) aux candidats aux législatives. «A ce jour, nous avons reçu les représentants de AHD54, du RCD et du FFS. Nous appelons tous les partis qui souhaitent défendre leurs idées sur notre antenne à venir le faire. Notre radio est ouverte à tous», a indiqué le directeur de Kabyle FM, Idir Djouder. Selon le code électoral, les dépenses de campagne pour chaque liste de candidats aux élections législatives sont plafonnées à un million de dinars. L’article 208 de ce code dispose que les listes des candidats aux élections législatives ayant recueilli au moins 20% des suffrages exprimés peuvent obtenir un remboursement de 25% des dépenses réellement engagées et dans la limite du plafond autorisé.
 

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