vendredi 22 novembre 2019 17:34:11

Séminaire national sur «la prévention de proximité et la lutte contre le crime en milieu juvénile» : 11.000 opérations de police en 2011

Vols, viols, homicides, immigration clandestine, violence sur ascendants, toxicomanie et autres délits sont le lot quotidien de jeunes âgés de moins de 30 ans.

PUBLIE LE : 17-04-2012 | 0:00
Ph. : Nesrine

Vols, viols, homicides, immigration clandestine, violence sur ascendants, toxicomanie et autres délits sont le lot quotidien de jeunes âgés de moins de 30 ans. Des jeunes qui, en perte de repères, versent dans le crime sous toutes ses facettes. Phénomène de société, la délinquance juvénile ne cesse de prendre une expansion inquiétante. Agés de moins de 18 ans, ils sortent à peine de l'âge de l'insouciance,  mais basculent pourtant rapidement dans la délinquance.

Le séminaire national portant sur «La prévention de proximité et la lutte contre le crime en milieu juvénile», organisé jeudi, à l'Ecole supérieure  de police  Ali-Tounsi, a traité des différents aspects de la criminalité. La rencontre s'inscrit dans le cadre des activités de proximité entreprises par différents services de la DGSN au profit des jeunes dans l'intention de permettre aux différents partenaires sociaux de présenter une évaluation des activités réalisées de concert avec les services de police. Des experts et des représentants de ministères, notamment de la Justice, de l'Education nationale et de la Jeunesse et des Sports, des instances en relation avec la jeunesse, tels l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie et l'Organisation nationale des associations de prise en charge des jeunes, ont assisté à cette rencontre.
L’allocution du général-major Abdelghani Hamel, lue par l'inspecteur général de la Sûreté nationale Mohamed Houalef, le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), situe la problématique de cette rencontre qui traduit l'intérêt d'étudier les moyens de complémentarité et de coordination des contributions de toutes les parties concernées par la prévention de proximité et «la lutte contre la criminalité de manière à profiter pleinement de l'expérience sécuritaire et de la consultation technique dans ce domaine». La criminalité sous toutes ses formes, explique-t-il, «constitue désormais un fléau qui sévit dans toutes les sociétés quels que soient leurs cultures ou leurs systèmes politiques et socio-économiques». Le DGSN  a exposé le programme de travail 2011 élaboré en coordination avec l'Organisation nationale des associations de prise en charge des jeunes, qui a déployé tous les moyens matériels, humains et techniques pour ce faire. Dans cette optique, il a indiqué que «les services compétents s'étaient chargés de 1.863 cas dont la plupart souffraient de problèmes psychologiques et de toxicomanie». Le premier responsable de la DGSN précise que cette réalité a encouragé la caravane de sensibilisation initiée par la DGSN, durant le deuxième trimestre 2012, à  se rendre dans douze communes où 536 cas ont été signalés par l'équipe médico-psychologique, précisant que 19.765 personnes avaient visité la caravane. Evoquant les mesures de prévention du crime et de la toxicomanie en milieu scolaire, le général-major Hamel a rappelé que 296 établissements éducatifs avaient bénéficié, l'année dernière, de campagnes de sensibilisation à raison de 120 élèves (âgés de 13 à 19 ans) pour chaque établissement. Selon le général-major, la sensibilisation sécuritaire et préventive contre la criminalité «doit être inscrite dans les activités des différents établissements, instances et associations dans le but de réduire les facteurs de délinquance, de déperdition et de désinsertion». Par ailleurs, les participants ont abordé plusieurs axes dont «la criminalité en milieu des jeunes», «les moyens de la combattre» et «la stratégie de lutte contre les autres fléaux sociaux».

77% des délinquants  sont des jeunes

Des chiffres communiqués par la Sûreté nationale témoignent de l'ampleur du phénomène de la violence qui gangrène notre société. Dans son intervention, le directeur de la Police judiciaire à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), le commissaire divisionnaire M. Abdelaziz Afani, a exposé le dernier rapport de la Sûreté nationale dénombre plus de 105.750 opérations de police en 2011 dans différents quartiers urbains qui ont permis de contrôler «715.895 personnes, dont plus de 22.000 impliquées dans plusieurs crimes de droit commun, notamment la détention de drogue», a-t-il déclaré. Selon les statistiques annuelles des services de sûreté, les coups et blessures, les crimes et délits liés au vol, les agressions sexuelles et le trafic de drogue viennent en tête avec «46.253 crimes, soit 42% de l'ensemble des crimes et délits enregistrés», souligne-t-il. Soulignant que 53.000 trafiquants débutants de drogue ont été évalués dont 23.485 âgés de 18 à 25 ans et 18.333  autres âgés de 26 à 35 ans, le directeur de la  Police judiciaire a précisé que 6.155 individus ont été arrêtés durant la même période de référence. Il précise que «ces statistiques montrent que 77% de ces personnes sont des jeunes». Evoquant les cas des récidivistes, le premier responsable de la Police judiciaire a comptabilisé 21.848 trafiquants de drogue âgés de 18 à 25 ans et 8.515 autres âgés entre 26 et 35 ans. L'orateur a assuré qu'«un taux de criminalité élevé est enregistré chez les jeunes de 18 à 25 ans», d'où la nécessité d'examens approfondis et de solutions thérapeutiques adéquates pour mettre fin à la progression de la criminalité, a-t-il dit. Le phénomène des bandes rivales à travers les cités d'Alger, qui constitue un «danger menaçant» la vie des citoyens et qui gagne d'autres wilayas ayant connu des opérations de relogement, a été aussi évoqué par le commissaire divisionnaire qui propose, pour faire face au phénomène de la criminalité parmi les jeunes, «la dynamisation du rôle de la société civile dans la protection contre plusieurs fléaux sociaux et une plus grande contribution du mouvement associatif pour être à l'écoute des préoccupations des jeunes». La création d'espaces publics au niveau des quartiers et l'organisation d'activités sportives et culturelles, en accordant de l'importance à l'accueil et au suivi des jeunes par les collectivités locales, peuvent contribuer à réduire le phénomène.

Création d'une instance nationale de prévention du crime

De son côté, le directeur général de l'administration pénitentiaire M. Mokhtar  Felioune a affirmé que «75% des personnes incarcérées n'ont pas atteint un niveau d'instruction moyen», tout en précisant que «77% d'entre eux sont issus des grandes  villes». Lors de son intervention baptisée «Stratégie de la direction de l'administration des prisons en matière de prévention et de réinsertion des jeunes», M. Felioune a affirmé que la commission interministérielle est chargée actuellement de la politique de la direction de l'administration des prisons en matière de «lutte contre la délinquance et l'organisation de la défense sociale, à l'effet de réaliser des activités de réinsertion des détenu », a-t-il expliqué. Précisant que cette instance sera  chargée de l'organisation des activités de tous les intervenants en matière de lutte contre la criminalité, le directeur général de l'administration pénitentiaire a souligné que cette commission, créée en 2005, a décidé «la création d'une instance nationale de prévention du crime, un dossier qui sera parachevé prochainement et soumis ensuite  au gouvernement».
Sihem Oubraham
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions