Le directeur des recherches à l’Institut européen de la Méditerranée: “Une nouvelle carte géopolitique en Méditerranée”

«Les changements politiques en Méditerranée ; quelles nouvelles pistes pour le partenariat euro-méditerranéen», tel est le thème analysé par le directeur des recherches à l'Institut européen de la Méditerranée, M. Pol Morillas Bassedas, qui a animé lundi après-midi une conférence-débat à l’hôtel Hilton.
PUBLIE LE : 20-03-2012 | 23:00

«Les changements politiques en Méditerranée ; quelles nouvelles pistes pour le partenariat euro-méditerranéen», tel est le thème analysé par le directeur des recherches à l'Institut européen de la Méditerranée, M. Pol Morillas Bassedas, qui a animé lundi après-midi une conférence-débat à l’hôtel Hilton. Un sujet d’actualité qui a fait l’objet d’une conférence-débat organisée par l’Institut  national des études stratégiques globales (INESG), en présence de l’ambassadeur d’Espagne à Alger, du directeur générale de l’INESG, de hauts cadres de ministères et d’institutions, de chercheurs universitaires et d’étudiants.
La rencontre a permis à l’éminent spécialiste de faire un large constat de la situation dans laquelle se trouve actuellement le monde arabe, sans manquer de relever les voies et moyens lui permettant d'ouvrir des perspectives réelles à l’avenir, l’autorisant à jouer un rôle concret dans la région  méditerranéenne. Dans ce contexte, le conférencier a qualifié le sujet traité «d’extrêmement compliqué», avant de faire un bilan de la donne géopolitique dans la région. Il a fait remarquer que depuis pratiquement un an, la donne géopolitique est marquée par trois facteurs fondamentaux. Il s’agit de l’influence externe, des alliances infrarégionales et des fractures. «Les changements internes se répercutent sur la politique externe de ces États, tels que l’Egypte, la Syrie, la Libye», a-t-il notamment expliqué. «La politique interne va affecter la politique externe», selon cet analyste qui note des modifications dans la carte géopolitique du pourtour de la Méditerranée. «Les révoltes dans les pays sud-méditerranéens ont permis l’apparition de nouveaux acteurs politiquement influents», a-t-il notamment indiqué tout en soulignant le renforcement de l’Etat-Nation, en tant que base claire de référence pour ce qui est de la politique de la région.
S’appuyant sur les conclusions de l’enquête faite tout récemment par son institut sur l’avenir de la région, le conférencier cite la Turquie parmi les puissances qui sont apparues sur la scène politique durant cette dernière année et qui peut jouer un rôle positif dans la région, suivie de l’Union européenne qui reste le deuxième acteur qui aura une influence importante dans la région à l’avenir.
Par contre, les pays qui perdent de l’influence dans la région sont, selon l’enquête, l’Iran, la Chine et la Russie.
Ainsi, il classe comme pays «gagnants» par leur influence dans la région, le Qatar et la Turquie. Le premier, médiatiquement à travers la chaîne de télévision El Jazera, le second via sa stratégie consistant à avoir une politique extérieure indépendante de l’Europe. Selon le conférencier, le Qatar joue un rôle très actif par rapport à sa taille au niveau du Soudan, du Yémen, au Liban et en Palestine.
 Pour ce qui est du rôle de l’Arabie saoudite et la rivalité qui existe entre ce pays et l’Iran, le conférencier souligne que la priorité pour ce pays est que le Golfe n’entre pas dans cette phase d’instabilité et que la monarchie continue à avoir sa place dans le système.
La Turquie serait d’ailleurs un modèle pour plusieurs pays, selon le conférencier, qui prévient toutefois que certaines pierres angulaires de l’évolution de ce pays ne peuvent pas être appliquées partout ailleurs. 
Sarah SOFI
 


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