samedi 17 novembre 2018 06:35:49

Jeux d’Alliances : Que pèse l’Alliance verte ?

Habitué des questions politiques, Mehdi Larbi, sociologue et enseignant à l’université d’Oran, contacté par nos soins, ne voit pas l’utilité de cette nouvelle coalition, si ce n’est, uniquement, «pour contrecarrer Djaballah et Menasra».

PUBLIE LE : 12-03-2012 | 0:00
D.R

Habitué des questions politiques, Mehdi Larbi, sociologue et enseignant à l’université d’Oran, contacté par nos soins, ne voit pas l’utilité de cette nouvelle coalition, si ce n’est, uniquement, «pour contrecarrer Djaballah et Menasra». Ce dernier  parle d’une coalition d’«opportunistes».
La démarche de ces trois formations, insiste l’universitaire, «est une stratégie individuelle qui ne peut en aucun cas régler le problème de la société». Au début, il était question d’une alliance plus large. Mais, les formations contactées, à l’image du PLJ (Parti pour la liberté et la justice) de Mohamed Said, ont décliné l’offre. Si les présidents des partis de l’AAV comptent conquérir l’électorat et même rafler la mise, la réalité politique est contraire, précise Aissaoui Yacine, politologue, à «ces aspirations».
«Les déclarations de Bouguerra Soltani, qui affirme remporter le scrutin de mai prochain ou, du moins, figurer en bonne place, sont subjectives», poursuit notre interlocuteur.
Pronostic fait, il souligne que les législatives «réservent une grande surprise aux trois partis.»
Mieux, il prévoit une «déroute» au MSP qui sera le grand perdant. Car, soutient-il, au sein de cette alliance, le parti «n’aura jamais le score auquel il est habitué». Même «réunis», les partis de l’AAV se présentent en rangs dispersés aux prochaines législatives.
Des centaines de militants ont changé de camp et rejoint d’autres partis comme, notamment, le Front du changement que préside Abdelmadjid Menasra. Les trois «alliés électoraux», poursuit M. Aissaoui, ne pourront pas éviter l' «émiettement» des voix islamistes.
Aussi, ce qui inquiète le plus chez cette alliance est «le discours archaïque», notamment de Fateh Rebiai et Halimi Akouchi. En fait, lors de la signature de la charte de l’AAV, ces deux responsables ont parlé de tout sauf de politique.
L’alliance s’avère comme une arme à double tranchant, dans la mesure où le parti de feu Nahnah s’appuie sur deux formations dont l’assise n’est pas aussi importante. En s’appuyant à leur tour sur le MSP, Nahda et El Islah comptent grappiller quelques sièges au Parlement. «Une bouffée d’oxygène», résume le sociologue Mehdi Larbi.
En somme, si le triumvirat islamiste part avec un avantage par rapport aux partis de Djaballah et Menasra, quant à l’implantation et la préparation matérielle, il n’a pas pour autant garanti l’adhésion de la population à son projet de société. D’autre part, il n’est pas certain que le discours musclé des années 1990 soit une éternelle recette miracle pour rafler les voix des électeurs. Et la bataille à venir risque d’avoir un effet boomerang sur les partis islamistes, qui risquent d’y laisser des plumes.
Fouad IRNATENE

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions