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Slimane Zeguidour dédicace son livre “L’Algérie en couleurs 1954-1962” : L’autre face documentaire de la Guerre de libération

Le rédacteur en chef de TV5, chaîne du 2e réseau international de diffusion télévisuel dans le monde après CNN dont on peut suivre certaines interventions sur les questions chaudes de l’actualité dans le monde depuis l’Amérique latine à la Russie ...

PUBLIE LE : 05-03-2012 | 23:00
Ph. : Nacera

Le rédacteur en chef de TV5, chaîne  du 2e réseau international de diffusion télévisuel dans le monde après CNN dont on peut suivre certaines interventions sur les questions chaudes de l’actualité dans le monde depuis l’Amérique latine à la Russie en passant par l’Europe et le Proche-Orient  et qui a à son actif plusieurs ouvrages sur l’essor spectaculaire du facteur religieux dans les affaires du monde, s’est déplacé samedi dernier à la librairie du Tiers-Monde où une foule d’admirateurs lui a réservé un accueil chaleureux.

Le célèbre grand reporter s’est dit d’emblée très touché par les nombreuses marques de sympathie que les lecteurs algériens lui ont témoigné et a promis de renouveler sa séance de dédicaces dans quelques mois face au succès de la vente de ce bel ouvrage sorti aux éditions françaises Renes. Le livre qui a été conçu par son auteur dans l’objectif personnel de faire ressusciter les traces de son enfance vécue dans un camp de regroupement dans la région kabyle des Babors,  au déclenchement de la guerre d’indépendance, se veut être un témoignage exceptionnel de photographies inédites agrémentées par un texte : «Ce n’est pas un livre qui montre les photos de la guerre, mais qui montre l’Algérie dans la guerre c’est-à-dire du côté des civils à savoir les femmes, les vieillards et les enfants. Ce sont des photos qui ont été prises par des appelés métropolitains donc tous ceux qui n’ont jamais vu l’Algérie et qui sont arrivés ici à l’âge de vingt ans et qui ont eu l’idée de photographier l’Algérie profonde après un bref passage dans la capitale puisqu’ils ont été jetés pour ainsi dire dans les campagnes de l’Ouarsenis jusqu’à l’Aurès», nous explique l’auteur. Ces soldats français qui découvraient pour la première fois de leur vie l’Algérie et ceux qu’on avait la fâcheuse coutume d’appeler  les indigènes ont voulu immortaliser  à travers l’objectif de leur appareil qu’ils avaient spécialement acheté avant d’embarquer dans les bateaux, toutes ces images inconnues en donnant à voir  non pas les photos de combats parce que ces dernières étaient soumises à la censure de l’armée française mais des images particulières et singulières des femmes, des enfants, des malades, des réfugiés et de tous les déplacés qui vivaient dans la misère, la maladie et le dénuement total sur les camps de regroupement. D’où cette aura d’authenticité et de véracité qui s’y dégage et ce côté documentaire qui montre l’autre visage d’une Algérie en guerre où quelques deux millions et demi de civils furent extirpés de leur villages d’origine. Et justement dans ces camps qui ont pratiquement disparus et ont été remplacés par un barrage hydro-électrique figurait le jeune Slimane Zeguidour à peine âgé de 6 ans qui grandira dans ces conditions difficiles avec toute sa famille sous des tentes de fortune : «L’idée d’écrire cet ouvrage m’est venue parce que j’ai passé toute mon enfance de 1956 à 1962 dans la période charnière de la guerre qui fut la plus pénible et dure et parce que j’étais né dans une région où il pleuvait beaucoup donc très forestière où la guerre était la plus féroce et impitoyable. J’ai donc passé toute mon enfance dans ce camp d’Izarragen à côté de Kherrata et quand la guerre fut terminée on a construit un barrage qui a tout recouvert et le paysage a complètement disparu. J’étais encore hier en déplacement et c’est devenu une Atlantide qui a été engloutie à jamais», déclare l’auteur. Ce dernier qui a rêvé toute sa vie de retrouver au moins une photo de cette époque avait publié il y a quelques années un article sur cette région illustrée par une photo actuelle de l’endroit où il a passé son enfance en lançant en France un véritable cri d’alarme à tous les appelés qui ont survécu  en vue de retrouver des images. En moins de quinze jours, il reçoit plus de 80 diapositifs en couleurs : «Tout mon passé m’étais offert en technicolor c’était absolument extraordinaire, un vrai miracle ! Cela m’a mis en appétit pour l’écriture de ce livre. J’avais parallèlement appris dans quelle compagnie française avait était construit ce barrage et je suis allé voir le service des archives qui m’a sorti 3 cartons de photos et j’ai pu voir toutes les images aériennes que les ingénieurs ont pu prendre montrant la baraque, l’école et le souk que j’avais connus tout petit. J’ai constitué une banque de données que je vais d’ailleurs mettre à la disposition de ceux qui sont intéressés sur internet. » Cet ouvrage qui tenait à cœur à notre auteur apparait comme une quête personnelle qui voudrait défricher le passé pour tout ce qu’il peut receler comme mémoire encore vivace à travers ces quelques  340 photographies qui semblent rattraper l’enfance de Slimane Zeguidour.
Lynda Graba
 

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