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Gaz de schiste : L’urgence d’un débat

Le workshop international sur le gaz de schiste qui s’est déroulé la fin de la semaine dernière à Oran aura eu au moins le mérite de montrer que la question est loin d’être simple.

PUBLIE LE : 05-03-2012 | 23:00
D.R

Le workshop international sur le gaz de schiste qui s’est déroulé la fin de la semaine dernière à Oran aura eu au moins le mérite de montrer que la question est loin d’être simple.

Des difficultés technologiques à surmonter, des enjeux environnementaux à prendre en considération, des coûts financiers à maîtriser, une législation à adapter auront été durant les deux journées de ce workshop les grandes questions d’un débat, souvent animé, entre pro et anti-gaz de schiste. L’exploitation de ce type de gaz non conventionnel ne fait pas, comme on le sait, l’unanimité  ne serait-ce que par les risques de pollution sur l’environnement que fait peser  la technique utilisée pour faire « jaillir » ce gaz du sous-sol. Mais face à ces irréductibles, un autre groupe, brandit la perspective d’un essoufflement des gisements conventionnels d’ici quelques décennies. Une perspective « inquiétante » le jour où la population algérienne atteindra 50 millions d’habitants, où sa consommation énergétique sera multiplié par deux  et sera devenue importatrice de… pétrole ! Certes actuellement, les  réserves de gaz conventionnel d’Algérie, sont  de  l’ordre de 159 trillions de pieds cubes. C’est la dixième plus grande réserve du monde et deuxième en Afrique. Un volume «rassurant». En gaz non conventionnel, nos réserves sont aussi importantes que celles des Etats-Unis a indiqué le ministre. Un volume gigantesque puisque selon les données d’agences spécialisées, la Chine possèderait les plus grandes réserves mondiales de gaz de schistes (36.000 milliards de m3), devant l’Argentine… les Etats-Unis sont en troisième position avec 22.000 mds de m3.
26 communications technico-économiques et sept sessions ont caractérisé ce workshop qui a vu la participation de plus de 200 experts du monde entier, notamment, des pays et des entreprises qui ont une «expérience» dans l’industrie de ce type de gaz. Même si la planète industrielle a poussé un «ouf» de soulagement devant le formidable potentiel en gaz de schiste que recèle le sous-sol de la planète  en cas d’essoufflement de gaz conventionnel, la technique, les financements, les prix de revient, donc de vente, sont loin de faire l’unanimité,  aussi on ne peut que prendre la mesure d’un avis aussi « autorisé » que celui de Abdelmadjid Attar, vice-président de l’association algérienne de l’industrie du gaz. L’investissement dans le gaz de schiste en Algérie sera impératif à long terme. Les coûts de production du gaz de schiste sont actuellement plus grands que sa valeur commerciale.
Nous vient à l’esprit cette expression qui s’applique parfaitement aux Américains : la terre appartient aux premiers occupants. Les Etats-Unis ont pris une avance dans ce type d’industrie au moment où les  prix du gaz conventionnel dans les marchés mondiaux étaient élevés.  Des précurseurs qui n’ont pas eu, dès le début, à faire face à une levée de boucliers devants les risques de catastrophes majeures que fait peser la technique de fracturation utilisée pour l’extraction de ce gaz emprisonné dans de la roche. Mais aujourd’hui, l’opinion est avertie, elle le sait. De nombreux pays ont interdit l’exploitation du gaz de schiste à cause des problèmes non maîtrisés que pose une technique très décriée.
 La technique de fracturation hydraulique, consiste à injecter 99% d’eau mélangée à du sable et 1% de produits chimiques sous une pression très forte (allant jusqu’à 100 bars) pour briser la roche et libérer le gaz.
Chaque «frack» absorbe  15.000 mètres cubes d'eau, un puits pouvant être fracturé une douzaine de fois, soit environ 200.000 m3 pour chaque puits tous les 500 mètres ! Il est nécessaire donc d’associer l’Agence nationale des ressources en eau à ce projet a souligné le directeur général de l’Agence nationale des ressources en eau, Rachid Taïbi.Une présence dans toutes les opérations de forage et d’exploitation du gaz de schiste. Par ailleurs, les coûts de réalisation d’un forage pour l’exploitation de gaz de schiste en Algérie varient entre 10 et 15 millions de dollars, selon le chef de département d’analyse des bassins du groupe Sonatrach, M. Mohamed Kassed.
Perdre du temps ou hypothéquer l’avenir ? Hussein Abdallah, ancien cadre de Sonatrach  actuellement salariée  chez le groupe espagnol Repsol conseille de commencer le plus tôt possible. Une fièvre de l’or noir qu’un autre intervenant tempère  Ramin Lakani, General Manager chez Gafney Cline et Associates-Baker Hughes, qui lui répond  que  «la filière du gaz de schiste est porteuse de risques sur les investissements». Hussein Abdallah un consultant apparemment minimisant l’importance de la nappe albienne et sa fonction écologique millénaire estime que le risque n’est pas important puisque contrairement à l’Europe, en Algérie, les zones de forage pour extraire le gaz de schiste sont  désertiques !!!
M. Koursi

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