C’est bientôt chose faite ! Les quatre grands tunnels de Bouzegza sont en voie d’achèvement et seront totalement livrés à la circulation dès novembre prochain.
PUBLIE LE : 07-09-2010 | 23:44
C’est bientôt chose faite ! Les quatre grands tunnels de Bouzegza sont en voie d’achèvement et seront totalement livrés à la circulation dès novembre prochain. Hier, la délégation ministérielle qui s’est rendue à Bouira via l’autoroute Est-Ouest n’a eu, à aucun moment, besoin de recourir aux routes de chantiers pour éviter un ouvrage non encore fini.
Tous les tunnels sont désormais praticables. Et même les immenses ponts qui culminent à hauteur de 30 mètres ont été parcourus par les véhicules de la délégation.
Les choses ont beaucoup évolué depuis le 5 juillet dernier, date de la dernière visite conduite par M. Ghoul.
C’est cette partie-là, entre Larbaâtach et Lakhdaria qui constitue le point critique du lot centre du chantier de l’autoroute Est-Ouest. M. Ghoul a exprimé ses craintes dès les premiers balbutiements de ce projet et a ouvertement rappelé la difficulté de ce chantier. Une difficulté due essentiellement à la nature géologique et topographique de cette région. Ajouté à un éloignement et une insécurité pour le moins entravants. La réalisation de ce tronçon n’a pas été une mince affaire mais c’est désormais chose faite. « Je remercie le groupement chinois et tous les acteurs ayant participé à la réussite de ce défi», martèle M. Ghoul à la fin de la visite. Des félicitations qui arrivent certes un peu tôt mais qui visent, surtout, au maintien de la cadence actuelle des travaux. «Le plus gros de ces travaux est certes terminé mais nous voulons que l’ensemble des équipements de ce tronçon soient prêts et installés au courant du mois de novembre prochain», souligne le ministre.
Fixée lors de la dernière visite à la fin de l’année 2010, la réception du tronçon Larbaâtach-Lakhdaria avec les deux tunnels rétrécira la distance entre Alger et Lakhdaria. Actuellement, tout automobiliste respectant le code de la route parcourt les 85 km en plus de deux heures, ça peut aller jusqu'à trois heures si l’on compte les embouteillages et les interminables barrages tout au long de la RN5. «Ce qui est certain, c’est que les usagers de la route ne mettront pas autant de temps dans leurs véhicules comme c’est le cas aujourd’hui où il faudrait trois heures pour regagner la capitale à partir de Lakhdaria», ajoute le ministre.
Le tronçon Larbaâtache-Lakhdaria comprend notamment 15 viaducs et 4 tunnels (2 tubes de 1,6 km et 4 km) pour un total de 13 millions de m3 de remblais utilisés dans ce grand chantier. M. Ghoul tient à ce propos à souligner la «complexité» de ce projet en raison des contraintes géologiques et hydrogéologiques rencontrées sur le terrain par l’entreprise chinoise à qui a échu cette réalisation ainsi que des reliefs de la région qui sont compliqués. Sol hétérogène, glissements de terrains, éboulements… Il faut reconnaître que la mission n’était pas une sinécure à telle enseigne qu’il a fallu dans certaines situations recourir aux explosifs. Les coûts des travaux sont quant à eux estimés à 25 milliards de dinars. « Pour vous donner une idée sur ces difficultés, sachez que ce qu’on a entrepris pour réaliser 20 km équivaut à faire 250 km dans d’autres circonstances et sur d’autres tronçons plus cléments », a expliqué le ministre des Travaux publics lors d’une récente sortie.
Actuellement, plusieurs travaux de finition sont engagés. « Nous procèderons au bitumage du tronçon durant le mois de septembre prochain ; en octobre nous achèverons les travaux d’aménagement des 4 tunnels et en novembre nous livrerons l’échangeur de Lakhdaria et réceptionnerons définitivement cette partie de l’autoroute, » a-t-il précisé dans un point de presse clôturant la visite.
Le responsable a par ailleurs appelé à une parfaite coordination avec les services de Sonelgaz pour l’alimentation des tunnels en électricité, à un renforcement des sites jugés délicat de par leur nature géologiques avec des plantations et des plans de reboisement, et la construction de locaux techniques dans chacun des quatre tunnels de Bouzegza.
A. Fadila
Nécessité d’un traitement double pour les glissements de terrain
Le ministre des Travaux publics, M. Amar Ghoul, a souligné, à Boumerdès, la nécessité d’appliquer un traitement double "mécanisé et naturel" au problème de fragilité du sol et des glissements sur les abords de l’axe de l’autoroute Est-Ouest, reliant Larbaatache (Boumerdès) à Lakhdaria (Bouira).
''Le traitement mécanisé du problème requiert des techniques et équipements de pointe'', alors que le traitement naturel se limite par une ''intensification des actions de boisement des abords de cet axe'', a expliqué M. Ghoul lors d’une halte qu’il a marquée avec les techniciens chargés de ce projet, au niveau de l'axe Larbaatache (Boumerdès), avant de se rendre vers les frontières administratives avec Bouira pour l’inauguration du second tunnel reliant les deux wilayas.
Pour M. Ghoul, ''c’est là le meilleur traitement possible pour ce problème épineux (fragilité du sol) caractérisant cette région, de par sa proximité avec les monts environnants et le barrage voisin de Keddara'', l'estimant encore comme étant ''le meilleur moyen pour un aplanissement durable de ce genre de problème.''
1.400 km mis en circulation sur un total de 1.720 km
Où en est exactement l’autoroute Est-Ouest ? La question intrigue certainement plus d’un. Les sorties médiatiques se succèdent mais n’arrivent toujours pas à donner une image sur ce qui était un rêve inaccessible.
«Nous avons ouvert à la circulation pas moins de 1.400 km de l’autoroute Est-Ouest», a annoncé hier M. Bellatrache, directeur du programme Neuf DPN, en marge de la visite du ministre des Travaux publics à Bouira et Boumerdès.
L’annonce soulève incontournablement moult questionnements sachant que l’autoroute, elle-même, s’étale sur un linéaire principal d’un peu plus de 1.200 km ! Cela dit, les 1.200 km sont joints à une multitude d’échangeurs et de voies de raccordements assurant l’accès vers les villes et 24 wilayas traversées par la ceinture autoroutière. Tout compte fait, l’autoroute est un maillage routier de 1.720 km avec 868 km d’Alger à Tlemcen (totalement achevé) et 852 km d’Alger à El Tarf dont 552 ont été ouvert à la circulation.
Avec un calcul bien simple, il est clair qu’il reste donc 320 km à parachever pour une mise en circulation totale de l’autoroute Est-Ouest. L’essentiel de ces 320 km se situe au niveau de la région est avec, précise M. Bellatrache, trois points critiques. Il s’agit des tunnels de Djebel El Wahch entre Constantine et Skikda, d’une zone inondée à El Tarf et d’une région connue par d’importants glissements de terrain à Guelma. «Nous visiterons dans trois semaines ces sites pour nous enquérir de l’avancement du chantier», annonce le ministre en assurant que tous les moyens à la fois humains et matériels seront mobilisés dans ces trois sites pour un achèvement rapide des travaux. «Hormis ces trois points, les choses avancent très bien sur l’ensemble du lot est», souligne M. Bellatrache. Rappelons que parallèlement aux travaux de réalisation de l’autoroute Est-Ouest un méga chantier d’équipement de cette ceinture autoroutière a récemment été engagé avec pour objectif l’implantation de 42 aires de services et 76 aires de repos tout au long du tronçon. Ce chantier comprend également la mise en place de 55 gares de péage, 12 centres d’entretien chargés de la gestion et de la maintenance de l’autoroute Est-Ouest et enfin l’implantation de 22 regroupements de la gendarmerie nationale et autant d’unités de la protection civile.
A. Fadila