D.R
Que reste-t-il des actions de volontariat observées naguère dans les quartiers d’Alger ? Peu ou carrément rien. Les scènes qui voyaient jeunes et moins jeunes retrousser leurs manches pour donner un énorme coup de balai et assainir l’environnement dans lequel ils vivaient, plus particulièrement en été, période propice à la prolifération de toutes sortes de moustiques et autres insalubrités, ont malheureusement disparu des mœurs des Algérois, et sans doute des Algériens aussi. Et dire que l’eau ne coulait pourtant pas régulièrement dans les robinets comme c’est le cas aujourd’hui. Mais l’on se débrouillait bon gré mal gré tant qu’il y avait une réelle volonté de bien faire. Et surtout l’envie d’améliorer le cadre de vie ô combien indispensable pour l’épanouissement d’une société. «En réalité, ces initiatives de volontariat étaient la marque du civisme dont nous faisions preuve à cette époque. Nous ne comptions pas sur les éboueurs uniquement pour nettoyer les quartiers et je me souviens par exemple que lors des rares fois où ces derniers se mettaient en grève, nous ne restions pas les bras croisés et pleurer sur notre sort, bien au contraire, nous nous empressions d’assurer l’hygiène», relève, avec nostalgie, Mourad, la quarantaine bien entamée, rencontré dans un quartier du centre de la capitale.
Week-end, fêtes de l’Aïd, ou autres circonstances, les quartiers offraient en effet belles allures grâce aux actions de nettoyage entreprises avec l’implication de l’ensemble des Ouled El Houma, chose qu’on ne retrouve malheureusement plus de nos jours, regrettent les citoyens. «Ça dénote de la dégradation de nos mœurs et ce, à tous les niveaux», analyse de son côté un ancien «volontair » de la rue Meissonnier (Ferhat- Boussâad), un quartier qui peine, à l’instar des autres endroits, à renouer avec les bonnes vieilles habitudes tel le volontariat. «Je crois qu’il suffit d’un déclic pour changer les mentalités et amener les jeunes d’aujourd’hui à suivre la voie de leurs aînés. Il est très important d’inculquer ce genre de culture dans l’esprit de notre jeunesse, à commencer par les enfants», ajoutera-t-il avec une note d’optimisme, suggérant à ce sujet une plus grande implication et de la famille et de l’école. «En ces temps où nos rues pullulent d’ordures, le volontariat pourrait contribuer à l’amélioration de notre cadre de vie», soutient-il avec conviction.
S.A.M.
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