mercredi 21 novembre 2018 22:07:31

Espaces verts : QUE LE VERT DURE...

Et si par exemple on adoptait comme slogan pour rendre à la nature ce qui lui appartient et donc en profiter au mieux dans ce nouvel environnement où le vert dominera et prédominera, « en vert et pour tous » ?

PUBLIE LE : 18-02-2012 | 0:00
D.R

Et si par exemple on adoptait comme slogan pour rendre à la nature ce qui lui appartient et donc en profiter au mieux dans ce nouvel environnement où le vert dominera et prédominera, « en vert et pour tous » ?

L’atmosphère dans la capitale devient de plus en plus irrespirable et pour cause. Au-delà d’une pollution dont les effets néfastes sont visibles à l’oeil nu, il y a tous ces agents polluants cachés certes à l’abri des regards indiscrets mais qui n’en sont pas moins vecteurs et sources de pollution spectaculaires.  Un mur de plusieurs dizaines de mètres a été édifié pour masquer une décharge ou plus exactement un cimetière de piéces détachées et autres débris de véhicules envoyés à la casse.
A priori cet endroit semble inconnu du grand public mais pas des autorités qui ont compétence pour le savoir et prendre, partant, toutes les dispositions qui s’imposent. Il y va de la santé même du citoyen. Et sans verser ici dans quelque alarmisme stérile et mal à propos force est pourtant d’admettre qu’au milieu des années quatre-vingt par exemple il existait un projet dit de « ceinture verte » autour de la capitale et qui ambitionnait donc, grosso modo, de prémunir Alger et ses habitants contre toutes les impuretés émanant autant des effets pervers de «l’industrie industrialisante» que des négligences imputables au manque de civisme des citoyens eux-mêmes...
C’est dire donc s’il convient de faire la part des choses dans la mesure où si les pouvoirs publics disposent d’un cahier des charges à remplir, en ce qui les concerne les citoyens doivent aussi y mettre du leur. Car balancer par le balcon toutes sortes d’objets hétéroclites quand ce n’est pas la poubelle elle-même relève, à l’évidence, d’une incivilié aux antipodes d’un smig de citadinité.
A cet égard et dans un ouvrage de référence feu Mostefa Lacheraf qui tentait alors quel-que explication un tant soit peu rationnelle de ce phénoméne étranger encore une fois à tout citadin normalement constitué et digne du statut, en parlant de       «rurbanité». En clair cela signifie dans son esprit que nous ne sommes ni tout à fait ruraux ni tout à fait citadins...Bien que l’exode rural massif de l’après- indépendance ne saurait à lui seul justifier l’injustifiable. Il semble pourtant que la société civile soit de plus en plus disposée et décidée à mettre la main à la pâte et s’évertuer à «élaguer l’environnement fût-il d’ailleurs de caractère micro ou macro ».
Dans cette veine un reportage diffusé avant-hier en soirée par l’une des chaînes nationales, mettait en exergue le dynamisme d’une jeune étudiante de Tébessa qui a pris l’heureuse initiative de lancer un appel sur la Toile à tous les habitants soucieux du bien- être collectif.
L’écho ne s’est pas fait attendre bien que timide au début puisque jeunes et moins jeunes qui ont trouvé l’idée «pas bête du tout» ont alors retroussé les manches et grossi les rangs des volontaires désireux de rendre à leur cité décrépite son lustre d’antan.
En tout cas ces images montrant l’enthousiasme des uns et des autres parmi les volontaires sinon leur formidable engouement mérite au moins d’être rapporté en attendant peut-être qu’il fasse tache d’huile et «contamine» de ce fait toutes les autres localités. Comme le souhaite ardemment la promotrice de cette fort louable initiative qui a secoué l’inertie et la torpeur ambiantes.
A tel point que le chef de l’éxécutif lui-même interrogé à ce propos n’a pas caché son «immense satisfaction» de voir à quel point les citoyens «se sont impliqués dans cette vaste campagne d’assainissement».
Il faut dire également que les autorités locales sensibles à cet esprit d’initiative ont manifesté «toute leur disponibilité» à l’égard de ces jeunes en leur fournissant «la logistique de base» faite de pelles, de pioches, de brouettes et autres outils de travail nécessaires.
Fasse le ciel donc qu’un tel exemple soit repris et suivi par d’autres wilayas de la République, histoire de se réapproprier les bonnes vieilles habi- tudes d’antan lorsque la fameuse «touiza» jouait pleinement son rôle de véritable «pôle d’excellence» par son caractére exemplaire qui renforçait la cohésion sociale.
Ce qui n’est pas peu de chose par les temps qui courent. Bravo donc à tous pour cette solidarité qui nous réconcilie avec nos vraies valeurs d’antan...
A. Z.

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Luxe ou nécessité ?
Le déséquilibre de la répartition démographique qui caractérise le territoire national, ajouté à la consommation  démesurée des terres agricoles pour les besoins du béton, font  peser, à moyen terme, un lourd danger sur le cadre général de vie des Algériens et sur l’environnement immédiat, déjà bien mis à mal par toutes sortes de pollution.
Les espaces verts sont considérés comme un luxe,  et la crise du logement   est là pour  reléguer au dernier plan l’aspect esthétique.  Face aux besoins pressants  en termes de  demandes de logements, le cadre de vie est souvent négligé et  les cités   manquent de commodités et d’équipements pourtant indis- pensables à leur bien-être et à leur confort. Les cités sont  impénétrables. Elles sont  envahies par des tonnes de boue en hiver, et de  poussières, en été. Ce n’est pas étonnant qu’elles subissent  aujourd’hui, au fil du temps, de multiples dégradations.  C’est que le cadre de vie, les valeurs de l’environnement  restent, en dépit de l’existence d’une batterie de loi relatives à la  protection de l’environnement, les parents pauvres dans la conception des cités. Si, de par le monde, de nouvelles au vu de nouvelles exigences du cadre de vie charriées par une urbanisation et une pollution ont  poussé les spécialistes en aménagement du territoire et les techniciens en urbanisme à fixer  une norme mondiale de 10 mètres carrés d’espace vert par habitant, ce n’est  malheureusement pas le cas  en Algérie où  ce chiffre se réduit au dixième de la norme mondiale, c’est-à-dire 1m2.  Le béton avance à grands pas et    rafle des centaines d’hectares de meilleures terres agricoles au niveau de la Mitidja. Le constat  est là pour prouver que  le souci de faire accompagner les nouvelles cités ou quartiers par des embellissements en espaces verts est plutôt    considéré comme un luxe  alors qu’ailleurs elle est une règle. Il n’est un secret pour personne que le patrimoine végétal  s’est réduit comme peau de chagrin ces dernières années. Le bouleversement vécu par les quartiers urbains, et les banlieues,  suite à l’exode rural massif, a valu au cadre de vie des revirements et des régressions tout à fait dommageables. Les arbres d’alignement, les arbustes d’ornement ont subi des coupes réglées au fur et à mesure que se construisaient les cités, s’édifiaient les bidonvilles et s’ouvraient les routes.  Alger la Blanche perd ses espaces verts, et c'est une véritable catastrophe. Une ville aussi, a besoin de poumons verts pour respirer. Les chiffres de la wilaya d’Alger font ressortir  que les prairies algéroises qui s’étendaient sur 200 ha en 1995, ne dépassent pas aujourd’hui les 50 ha. En d’autres termes, la superficie totale des prairies de la capitale a été réduite de dix fois, seulement entre 1995 et 1998, soit une réduction de 150 ha en deux ans. La disparition rapide de ces espaces est tout simplement inquiétante.  Le constat est tel que même  les jardins publics de la capitale encourent une  menace  sérieuse. Ces jardins subissent régulièrement des actes de vandalisme. Ressusciter le vert,  pour embellir notre cadre de vie, ne semble  pas  être pour de- main.``
Samia D.

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