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«Aurès, vivre la terre chaouie» : Un livre-reportage sur des hommes, des lieux et des métiers

«Aurès, vivre la terre chaouie», un livre publié récemment aux éditions Chihab, se présente comme un reportage approfondi sur les hommes, les lieux, les arts, les coutumes ou encore les métiers, nouveaux et anciens, de cette région d’Algérie, berceau de résistances millénaires.

PUBLIE LE : 18-02-2012 | 0:00
D.R

«Aurès, vivre la terre chaouie», un livre publié récemment aux éditions Chihab, se présente comme un reportage approfondi sur les hommes, les lieux, les arts, les coutumes ou encore les métiers, nouveaux et anciens, de cette région d’Algérie, berceau de résistances millénaires. Par cette quête, ce beau livre illustré constitue une tentative sans a priori de restitution d’un des multiples visages de l’Algérie éternelle. Suivant les méandres d’un guide élaboré par le père Philippe Thiriez, professeur de lettres ayant vécu dans la région de 1976 à 1985, les auteurs, deux journalistes et un photographe, s'immergent dans les profondeurs du pays chaoui à travers une démarche humble, de reporters de presse, parfois de linguistes et de musicologues ou simplement de décodeurs du vivant.  Lieu de multiples strates de résistance du peuple algérien, des rois berbères aux donatistes en lutte contre l’Eglise catholique romaine, des déploiements stratégiques de la Kahéna au premier coup de feu de Novembre 1954, les Aurès sont revisités dans leur complexité contemporaine à travers ce qui y survit, qui refuse de mourir, ce qui agonise, ce qui a disparu ou ce qui, déjà, à l’horizon se profile. Sur ces territoires d’une grande diversité où le terme semi-aride prend toute sa signification, le lecteur découvre un réservoir de compétences dans des domaines pointus, parfois futuristes, et de maîtrise artistique et artisanale atteignant l’excellence.  Il découvre des espaces immenses, ponctués de localités au nom de fleurs ou de bêtes féroces, des espaces que les hommes ont parcourus en cavaliers intrépides, ont couvert de vergers généreux et d’habitations à l’épreuve du temps. Ils y ont taillé la roche, travaillé l’or et l’argent, développé la danse, le chant, la poésie et créé une cuisine aux parfums raffinés.
Englobant tout cela, une manière d’être dépassant le caricatural, «Taghanant takhassart» (orgueil surdimensionné prêté aux Aurassiens) de la région démontre que, contrairement aux espèces en voie de disparition de la faune et de la flore, l’être chaoui d’aujourd’hui est pétri d’une modernité décomplexée, excellent augure pour l’avenir de l'Algérie. Ainsi, Chaâbane Hamouda, docteur en sciences de l’ingénieur, s’adonne à sa passion pour l’énergie solaire. Ali Zerrad, «boxeur aux mains vertes», rentre au pays après des années espagnoles pour y acclimater des méthodes ultramodernes d’arboriculture. Fouad Guerfi impose ses créations au club hyper fermé de la haute couture planétaire, Saléha Benbrahim y forge envers et contre les métiers du théâtre, pendant que Tayeb Miloudi, Moqeddem de la mosquée de Sidi Okba, considérée comme la plus ancienne d’Algérie (VIIe siècle), veille à la préservation des manuscrits anciens qui s’y accumulent.  De page en page et de découverte en découverte, le lecteur se familiarisera sûrement avec une terre mythique encore méconnue.

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