D.R
Le glaucome touche plus de 500.000 Algériens, il survient à partir de 40 ans et il évolue vers une cécité. Il est classé deuxième cause de cécité après la cataracte. La prévalence de cette maladie est estimée en Algérie à 4,6% au-delà de 40 ans, selon une étude menée en 2008 par le ministère de la Sante. C’est ce que viennent d’affirmer à Alger les spécialistes en la matière lors d’une rencontre scientifique sur le glaucome.
En Algérie, le glaucome à angle ouvert est le plus répandu avec 90% du total des personnes souffrant du glaucome. Le taux de propagation de cette maladie en Algérie avoisine celui des pays développés. La différence entre les deux taux s'explique par les mariages consanguins.
Evoquant le traitement du glaucome, le Pr Tiar Malika, chef de service ophtalmologie au Chu de Bab El-Oued et présidente de la Société algérienne du glaucome, a affirmé que toutes les études internationales attestent que la bithérapie fixe baisse efficacement et durablement la pression intraoculaire. Cette association fixe est bien observée et tolérée par les malades. Les médicaments disponibles en Algérie présentent plusieurs avantages, estiment les experts, dont la réduction significative et maintenue de la pression intraoculaire, ainsi qu'un contrôle constant. Les spécialistes se sont mis d’accord que l’objectif du traitement est d’abaisser la pression à l’intérieur de l’œil (PIO) afin d’empêcher la progression de la maladie. Pour cela, différentes solutions existent : le traitement médicamenteux (collyres) permettant soit d’augmenter l’élimination de l’humeur aqueuse, soit de réduire sa production, le traitement par laser et enfin le traitement chirurgical. Comme pour toute maladie chronique, le suivi et le respect du traitement jouent un rôle essentiel pour prévenir son évolution. Il est important de ne jamais interrompre le traitement sans l’avis de l’ophtalmologiste, car son arrêt favorise la remontée de la PIO et la progression du glaucome.
Le dépistage reste le meilleur moyen de prévention de cette pathologie, il est conseillé dès l’âge de 40 ans. Les examens réalisés par les ophtalmologistes sont simples, indolores et rapides : ils consistent en une mesure de la pression intra-oculaire, un examen du champ visuel et un examen du fond de l’œil. En fonction des résultats, l’ophtalmologiste pourra porter son diagnostic et adapter le traitement.
Wassila Benhamed
Le glaucome est une maladie oculaire fréquente qui évolue essentiellement à partir de 40 ans
Il est dû à une élévation de la pression intra-oculaire (PIO), qui entraîne une atteinte définitive du nerf optique et du champ visuel. Cette augmentation de la pression est la conséquence d’un écoulement difficile du liquide intra-oculaire (ou humeur aqueuse) au niveau du trabéculum, filtre d’évacuation du liquide. Ce filtre s’obstrue peu à peu, ne laisse plus correctement passer l’humeur aqueuse, qui, elle, continue à être produite à l’intérieur de l’œil. L’excès de pression qui en résulte (hypertonie oculaire) comprime l’arrière de l’œil entraînant une destruction des fibres du nerf optique ayant pour conséquence un rétrécissement progressif du champ visuel pouvant mener à une cécité totale.
W. B.
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