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Hommage à Paris à Mouloud Feraoun et ses compagnons tombés sous les balles de l’OAS : Emouvants témoignages

Un hommage a été rendu samedi soir à Paris, à l’écrivain algérien Mouloud Feraoun et à ses cinq compagnons algériens et français, dirigeants des centres sociaux éducatifs (CSE) d’Algérie, assassinés le 15 mars 1962 par l’Organisation de l’armée secrète (OAS) responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France.

PUBLIE LE : 13-02-2012 | 0:00
D.R

Un hommage a été rendu samedi soir à Paris, à l’écrivain algérien Mouloud Feraoun et à ses cinq compagnons algériens et français, dirigeants des centres sociaux éducatifs (CSE) d’Algérie, assassinés le 15 mars 1962 par l’Organisation de l’armée secrète (OAS) responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France.
 Cet hommage, qui s’est déroulé à la faveur de la 18e édition du Salon « Le Maghreb des livres », et du cinquantenaire de l’indépendance nationale s’est tenu avec la participation de deux descendants des victimes, Mme Safia Hammoutène, fille de Ali Hammoutène et Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de Salah Ould Aoudia, venus tous deux apporter leurs témoignages respectifs sur ce crime organisé comme une opération de guerre de grande envergure.
 A quatre jours du cessez-le-feu, les six dirigeants des CSE étaient réunis au centre social de Château-Royal dans la commune d'El-Biar. Un commando Delta de tueurs de l’OAS, pénètre dans la salle de réunion et fait sortir les six hommes du bâtiment. Ceux-ci sont alignés contre un mur de la cour et abattus à l'arme automatique. Les victimes n’étaient pas choisies au hasard. Cette lâche exécution dans l’esprit des tueurs avait valeur de symbole, tous sont inspecteurs des CSE, qui contribuaient à l’alphabétisation et à la formation professionnelle des jeunes et des adultes. Ils prenaient également en charge des problèmes sanitaires et sociaux. Très rapidement les autorités militaires ont accusé les centres sociaux d'être noyautés et annexés par le FLN. « A cette époque, Alger était devenue la capitale de la douleur. Je me souviens de cette journée car il y avait le couvre-feu et c’est la raison pour laquelle les tueurs commençaient leur travail très tôt », témoignera Jean-Philippe Ould Aoudia. « En cette journée du 15 mars 1962 et à partir de 6 heures du matin, on a eu 20 crimes, 611 attentats durant tout le mois de mars 1962 et 20 attentats par jour en moyenne », a-t-il dit.  « C’est dans ce climat de violence extrême que s’est déroulé l’assassinat des six dirigeants des CSE. Ils rêvaient d’une Algérie humaniste aux antipodes de l’idéologie de leurs agresseurs », a-t-il souligné.
Il dira également que cet attentat a été « mûrement réfléchi et planifié », relevant que « déjà durant la Bataille d’Alger, 13% du personnel des centres sociaux allaient faire l’objet d’arrestations et certains, de tortures ».
« Aucun service, aucune administration n’a subi de telles turpitudes de la part de l’armée prétorienne à cette époque et pendant le reste de la guerre d’Algérie », a affirmé M. Ould-Aoudia. « La machination contre les centres sociaux est le rôle du 5e bureau qui diffusait des informations pour manipuler l’opinion et ces centres devenaient suspects aux yeux de toutes les autorités françaises », a-t-il encore témoigné.
 Safia Hammoutène, qui contrôlant difficilement son émotion, au souvenir de l’assassinat de son père, a affirmé qu’à l’époque, elle était jeune, « mais a grandi avec cet attentat ». « Dans mon histoire, j’ai dû me construire avec, et aujourd’hui, il m’est très difficile d'en parler. Ce fut une catastrophe pour moi, et il m’est très douloureux d’exposer les faits », a-t-elle dit.
Jean-Philippe Ould Aoudia, a publié, une enquête sur l’assassinat de Château-Royal (éditions Tiresias) et mène une enquête minutieuse pour traquer les assassins de son père et de ses compagnons.
 L’écrivain Mouloud Feraoun né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel, était élève de l'école normale d'Instituteurs de Bouzaréah (Alger), où il enseigna durant plusieurs années comme instituteur, directeur d'école et de cours complémentaire, avant d'être nommé inspecteur des centres sociaux.

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