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Discours du Président Bouteflika à l’occasion de l’annonce des élections législatives de l’année 2012 : Garantir la transparence du scrutin

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a prononcé jeudi un discours télévisé à l’occasion de l’annonce des élections législatives de l’année 2012

PUBLIE LE : 11-02-2012 | 0:00
D.R

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a prononcé jeudi un discours télévisé à l’occasion de l’annonce des élections législatives de l’année 2012. Voici le texte intégral :

"Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
Dans mon discours du 15 avril 2011, je m’étais engagé à entreprendre l’approfondissement du processus démocratique et à asseoir les assises de l’Etat de droit en permettant à nos instances élues de disposer et de se prévaloir d’une entière légitimité et aux citoyens et citoyennes de participer, de la façon la plus large possible, à la prise des décisions engageant leur avenir et celui de leurs enfants. A cet effet, de nouveaux textes législatifs ont été promulgués, à savoir les lois relatives au code électoral, aux partis politiques, aux associations, à la représentation de la femme dans les assemblées élues et aux cas d’incompatibilité avec le mandat parlementaire ainsi que les codes de l’information, de la commune et de la wilaya. Cela étant à présent accompli, partant de l’expérience de notre peuple et de notre volonté nationale et à la lumière des avis et propositions exprimés par les partis politiques, les personnalités nationales et les représentants de la société civile à l’occasion des consultations menées sur les réformes politiques aux niveaux national et local, je pense que nous disposons désormais de l’assise législative nécessaire pour entamer une étape nouvelle dans la mise en pratique de la démocratie.

Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
A la grâce d’Allah, nous entamerons la nouvelle étape des réformes par la tenue des élections législatives qui auront lieu le 10 mai 2012, conformément au code électoral entré en vigueur. Ces élections législatives constituent une échéance décisive qui nous ouvre la voie vers le parachèvement de la reconstruction de l’Etat algérien, cinquante ans après le recouvrement de sa souveraineté, afin qu’il devienne un Etat où prévalent la bonne gouvernance et la citoyenneté lucide, dans le cadre de la justice sociale et la solidarité nationale. Toutes les dispositions ont été prises pour garantir la transparence des élections.
L’opération électorale et le dépouillement des résultats se dérouleront sous la surveillance directe des représentants des candidats dans tous les bureaux de vote. Les instances nationales de surveillance et de supervision auront à s’assurer du respect de la loi électorale.
Les partis et les listes indépendantes participant auront toute latitude de contrôler et de surveiller chacune des étapes du processus.
 Ils veilleront, eux aussi, à la régularité du processus électoral, à travers la commission indépendante de surveillance des élections qu’ils auront à constituer. Celle-ci aura, de plein droit et loin de toute tutelle ou ingérence, la responsabilité de réguler la campagne électorale officielle et de garantir l’équité entre les candidats.
Conformément aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral, une commission, exclusivement composée de magistrats, aura pour attribution de superviser les élections et de suivre le processus électoral, du début du dépôt des candidatures à la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel.
Cette commission est habilitée, sur saisine, ou de sa propre initiative, à prendre des décisions exécutoires afin de garantir la conformité aux dispositions de la loi électorale, de la part des partis en lice et des instances chargées de l’organisation des élections.
Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
Nous avons décidé de faire appel à des observateurs internationaux pour suivre ces élections. Le gouvernement a invité un certain nombre d’organisations internationales dont nous sommes membres ou partenaires, à dépêcher leurs observateurs. Pour la même fin, certaines organisations non-gouvernementales ont été également invitées.

Honorables citoyennes, Honorables citoyens,  

Les institutions administratives du pays ont la responsabilité de garantir l’impartialité totale de leurs agents, dans tout ce qui concerne les élections.
Elles devront s’assurer d’une totale coopération de l’administration locale avec les instances nationales de surveillance et de supervision des élections, ainsi qu’avec les observateurs internationaux, dans le respect de la loi.
Tout responsable, membre du gouvernement, haut fonctionnaire ou cadre dirigeant d’entreprises publiques qui se porterait candidat aux prochaines législatives doit s’abstenir de toute utilisation des moyens de l’Etat pour sa campagne électorale et s’interdire toute visite de travail dans la wilaya où il se présente.
Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
La démocratie que nous ambitionnons de construire passe par la libre participation citoyenne à la vie politique pluraliste, par le biais du concours à l’activité partisane, de la pratique de la liberté d’expression, du recours au verdict des urnes et la préservation des principes sacrés du peuple et des constantes de son identité de toute surenchère ou spéculation. J’attends des partis politiques, des syndicats et des organisations de la société civile qu’ils œuvrent ensemble à mobiliser les électeurs et les électrices, les jeunes en particulier, afin qu’ils s’acquittent de ce qu’implique la citoyenneté, loyale et sincère, de disponibilité à accomplir le devoir civique et politique, à choisir les programmes et juger les hommes et les femmes en fonction de leur probité et  compétence.
Les partis politiques seront incontournables lorsqu’il s’agit de la crédibilité, de l’efficience et du respect total des règles régissant les prochaines élections législatives. Leur rôle consistera à mettre au point des programmes viables et sérieux, à même de répondre concrètement aux préoccupations des citoyens, à trier et désigner des candidats et candidates capables d’assumer pleinement le mandat parlementaire, et à ouvrir largement la voie aux femmes et aux jeunes qualifiés de manière à enrichir la composante humaine de nos institutions constitutionnelles de femmes et de jeunes compétents. Nous attendons des électeurs et électrices qu’ils se mobilisent pour exprimer, librement et souverainement, leurs suffrages et traduire la volonté du peuple.
Il ne doit point leur échapper qu’ils assument la responsabilité de mandater les candidats et candidates choisis, pour décider du destin du pays et exercer le pouvoir au nom du peuple.

Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
Nous ne voulons pas que les prochaines élections législatives soient réduites à une simple compétition pour occuper des sièges. Nous voulons qu’elles soient une émulation entre les meilleurs programmes et la meilleure élite à même de représenter le peuple avec loyauté et compétence, et ce à travers l’application optimale des textes législatifs pertinents devant permettre d’installer une nouvelle assemblée populaire nationale, avant de passer aux étapes ultérieures de la réforme et leur assurer une réussite digne de notre pays et des sacrifices de son peuple.
J’attends que vous tous me donniez le motif d’être fier, plus et encore, du valeureux peuple algérien dans toute sa composante, ses partis, ses syndicats animés d’ardeur patriotique et sa jeunesse prête à servir sa société, car je suis convaincu que les institutions, les instances et tous les acteurs politiques assumeront pleinement leur rôle dans la préparation des conditions pour un bon exercice de la souveraineté populaire dans un climat où il n’y aura point de place ni pour les suspicions, ni pour la confusion.  Ces derniers sont tenus d’assumer leur responsabilité en se conformant aux règles qui régissent toute élection saine, à savoir une compétition libre et loyale et une lutte déterminée contre toute forme de manquement à ses règles.
Des jeunes épris de patriotisme, j’attends qu’ils mettent à profit ce rendez-vous électoral décisif pour se réaliser en tant qu’électeurs ou élus, afin de confirmer leur participation à l’édification du présent et de l’avenir de leur pays.  Ne faisant pas de différence entre le citoyen résidant à l’étranger et celui résidant dans le pays, je suis convaincu que notre communauté à l’étranger manifestera son attachement à sa patrie. Comme d’accoutumée, elle sera au rendez-vous avec une participation magistrale qui la mettra à l’unisson avec son peuple dans sa marche collective vers la construction d’un Etat à toute épreuve et la poursuite de son développement.

Honorables citoyennes, Honorables citoyens,
Après avoir rempli les engagements que j’ai pris devant vous quant au parachèvement de l’instauration de l’Etat de droit et l’approfondissement du processus démocratique à travers l’organisation d’une large consultation des formations politiques nationales et des acteurs de la société civile et la promulgation de l’arsenal législatif idoine, et la réunion des conditions appropriées, nous allons entamer la première étape, à savoir la mise en œuvre des prochaines élections législatives.
Il nous incombe, tous ensemble, d’être à la hauteur de cette échéance décisive en votant massivement et de nous doter d’une assemblée populaire nationale légitime et crédible, à même d’impulser une dynamique qualitative propice à la réussite des réformes y compris la révision constitutionnelle prévues dans le parcours de notre pays vers un lendemain meilleur.
Je vous remercie. Vive l’Algérie !
Gloire à nos valeureux martyrs."


A l’aube d’une ère nouvelle

Plus qu’un rendez-vous électoral traditionnel et classique dans la vie des institutions pour le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale, les prochaines élections législatives  représentent une étape qualitative supérieure dans ce processus toujours en cours de  “reconstruction” de l’Etat algérien, cinquante ans après le recouvrement de sa souveraineté afin qu’il devienne un “Etat où prévalent la bonne gouvernance et la citoyenneté éclairée dans le cadre de la justice sociale et de la solidarité nationale”. C’est un des messages clés du discours du Président de la République à la nation ce jeudi. En effet, ces élections clôturent en quelque sorte toute une série de réformes menées depuis de nombreuses années en commun par l’Etat et toutes les composantes de la société civile  qu’elles soient politiques, professionnelles, estudiantines, féminines…
L’engagement pris par le Chef de l’Etat devant la Nation et face à l’histoire le 15 avril de l’année dernière a été tenu. Tous les textes qui forment une assise solide pour édifier un Etat de droit ont été pris et promulgués, a-t-il rappelé : le code électoral, la loi sur les partis politiques, sur les associations, la question de la parité hommes/femmes dans les assemblées élues, la loi sur l’information, les codes sur la commune et sur la wilaya… autant de textes fondamentaux qui révolutionnent le rapport du citoyen à l’autorité qu’elle soit élue ou désignée... Il y a une force symbolique indéniable à cet évènement  qui intervient l’année du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.
En pleine «nuit coloniale», les Algériens ont vécu les différentes formes de confiscation de leur terre, de leur histoire et de leur bulletin de vote dans les simulacres de  consultation. Le tristement célèbre code de l’indigénat ou le statut de l’Algérie des années cinquante condense en textes et en pratiques toutes les lois scélérates depuis 1830 jusqu'à l’indépendance et n’avait pour seul but que de pérenniser une situation de non-droit et de spoliation permanente.
Aujourd’hui que les mémoires ont traduit à la barre de l’Histoire ces dénis dont certains avatars ont perduré après l’indépendance, aujourd’hui que l’Algérien fort de  nouvelles expériences dont certaines acquises dans la douleur (faut-il le rappeler ?), se prépare à tourner définitivement ces pages, une étape se termine, une seconde s’ouvre.
Celle qui se termine représente l’assise sur laquelle vient se construire cet Etat de droit et de justice qui fonde les  grandes nations. Un Etat de droit pisté sans relâche par les rêves de femmes et de hommes en des lendemains meilleurs même quand des pilotes déversaient du napalm sur les hameaux au moment où leur père et mère, leur frère et sœur fêtaient la fin de la Seconde Guerre mondiale jurant que jamais l’horreur ne reviendra. Un Etat de droit, de justice et protecteur du faible contre le puissant même quand les hordes sauvages s’acharnaient contre les populations sans défense au nom d’une lecture blasphématoire des versets coraniques.
Une étape se termine. Celle qui s’ouvre avec ces élections législatives est aussi cruciale, exaltante que celle qui l’a préparée… Aussi le citoyen, l’homme politique, la femme et le jeune, l’électeur, le candidat et le futur élu ont tous une responsabilité quasi égale et sûrement essentielle quant à  la réussite de cette nouvelle ère qui ne doit en aucun cas s’ouvrir sur une sorte de «péché originel» qui entacherait à jamais toutes les décisions prises à l’avenir. Les citoyens sont appelés, non seulement à utiliser en toute souveraineté leur bulletin de vote, mais aussi à s’impliquer totalement dans les différentes étapes du scrutin pour qu’aucune fraude ne soit commise. Le même appel est lancé à l’adresse des partis politiques et des candidats indépendants. «Ils seront incontournables lorsqu'il s'agit de la crédibilité, de l'efficacité et du respect total des règles régissant les prochaines élections législatives», a souligné le Président. La crédibilité des urnes passe par une participation massive au vote et une transparence totale dans les étapes du scrutin y compris celle déterminante et fondamentale du dépouillement et de l’annonce des résultats.  
Quand on prend la peine de visualiser les différentes étapes du processus électoral à venir, on réalise finalement que chaque moment, chaque opération, chaque étape a été conçue dans un cadre qui garantit une totale transparence en éliminant la moindre parcelle de zone d’ombre où pourrait se glisser un dysfonctionnement ou une fraude... A  la base de cette construction en verre, on trouve, bien évidemment,  le regard quasi permanent du simple citoyen, un échelon au dessus, le militant et sympathisant dont l’éveil sera, on l’espère, plus aigu. Des institutions internationales et des ONG seront de la partie et porteront à la face du monde leur observation. La loi organique relative au régime électoral a également (et il s’agit là d’une première) institué  «une commission exclusivement composée de magistrats, qui aura pour attribution de superviser les élections et de suivre le processus électoral, du début du dépôt des candidatures à la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel», a rappelé le Président de la République.
Mais la meilleure des lois, le code le plus parfait peuvent être dénaturés si la morale, l’éthique qui doivent guider tout le monde et en premier celui que la vie a doté d’une responsabilité sociale lui font défaut. «Tout candidat ne doit pas utiliser les moyens de l'Etat ou effectuer des visites officielles à des fins électorales. L’administration, colonne vertébrale de l’Etat, a, dans ce cas-là, une responsabilité entière pour assurer la neutralité et l’impartialité  de ses  agents», a rappelé le Président de la République.
M. Koursi


Pour la crédibilité du rendez-vous

Point de tergiversations ou d’hésitations, encore moins de surenchère face à la réalisation de conséquentes étapes dans l’approfondissement d’un concept démocratique au titre évidemment des réformes politiques engagées et traduites par l’adoption de tout un arsenal juridique ayant apposé le sceau de l’ouverture et insisté sur la promotion de la jeunesse et de la femme et leur représentativité dans les institutions du pays. Il est toujours permis de relever les éventuelles imperfections dans les nouveaux textes, mais on ne doit ignorer une volonté politique et une détermination du premier magistrat du pays à aller jusqu’au bout de l’effort pour matérialiser cette notion de renouveau national. Et autant d’indices assurément confortent une telle impression pour convier une classe politique si enrichie par le développement de ses tendances et de ses courants et un citoyen surtout par son implication et sa participation massive le jour du scrutin à prendre part à cette mutation démocratique et accompagner son élan de cette nouvelle dynamique. Des lois fraîchement approuvées sur les partis et les associations, sur les code de la commune, de la wilaya et de l’information, sur les élections, sur la représentation de la femme et autres mécanismes à même de favoriser la promotion de la jeunesse et l’émergence des compétences, une véritable plate-forme fut instaurée définissant ainsi les règles du jeu et suscitant quelque part exclusivement l’esprit de concurrence et de compétition. Une concurrence et une compétition où la projection de projets ou programmes d’action proposés, le sens de l’entreprise et la force de l’argumentation restent les paramètres d’évaluation et de jugement. Pas mal de lectures sont à faire de cette allocution prononcée jeudi dernier par le Président de la République au gré de cette convocation du corps électoral pour une échéance si singulière et dont le succès participe grandement à la consolidation de la paix rétablie et de la stabilité restaurée et milite incontestablement au ravinement de tous les espoirs. L’espoir notamment de percevoir une Algérie ouverte au progrès et à la modernité tout en préservant jalousement ses constantes et une nation guidée par l’esprit des valeurs de son authenticité. C’est dire toute la portée et l’importance de ce grand rendez-vous qui ne peut se limiter à la victoire d’une quelconque formation politique en se  permettant même le luxe d’arracher le maximum de sièges. La consultation est beaucoup plus au rassemblement pour engager un débat, confronter les idées et convaincre un électeur ou plus précisément un citoyen immanquablement le seul juge et le plus concerné par l’exercice de la souveraineté populaire.
Ce n’est d’ailleurs guère fortuit si le Chef de l’Etat, tout en assurant les acteurs politiques des différentes dispositions prises pour le bon déroulement du scrutin et sa transparence par l’institution d’une commission nationale chargée du suivi de la régularité et l’invitation d’observateurs étrangers à superviser l’opération, devait d’une certaine manière se focaliser sur la part de contribution du citoyen et son rôle dans la crédibilisation de ces élections. Par sa participation massive d’abord et son choix souverain et conforme à ses convictions, ce citoyen doit impérativement influer sur le cours des événements pour attribuer de la dimension et de la légitimité à cette consultation et accorder du poids à la future institution législative.
En clair, c’est de la notion de citoyenneté à faire valoir qu’il s’agit en cette phase cruciale de par les particularités d’un contexte international marqué à propos par des bouleversements dans le monde arabe et si décisive pour l’avenir du pays. Abstraction faite pour toutes les difficultés de son quotidien, le citoyen qui occupe une place de choix dans l’approche de ces réformes au vu de cet intérêt manifesté pour un mouvement associatif est tout bonnement interpellé à s’investir et à s’impliquer dans le processus pour imposer sa présence et consolider un tel acquis…
A. BELLAHA
 


Partis, syndicats et société civile mis devant leurs responsabilités

"J'attends des partis politiques, des syndicats et des organisations  de la société civile qu'ils œuvrent ensemble à mobiliser les électeurs et les  électrices, les jeunes en particulier, afin qu'ils s'acquittent de ce qu'implique  la citoyenneté, loyale et sincère, de disponibilité à accomplir le devoir civique et politique, à choisir les programmes et juger les hommes et les femmes en  fonction de leur probité et de compétence", a déclaré le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, jeudi. Cette attente exprimée dans le discours adressé à la Nation met ainsi ces acteurs face à leurs responsabilités  de maillons d’une chaîne, de laquelle cependant ne sont  pas exclus le gouvernement et son administration. Une chaîne d’acteurs dont la mission première est d’assurer la réussite organisationnelle et politique de ces élections législatives, première phase de la nouvelle page post-réformes politiques. D’où l’importance d’une forte participation de l’électorat. Mais depuis l’annonce de la tenue de ce scrutin, fixée au 10 mai 2012 par le Chef de l’Etat, la crainte, au regard de l’expérience du scrutin de 2007, d’une faible participation des électeurs n’a eu de cesse d’être soulignée. Parfois elle apparaissait en filigrane, dans toutes les déclarations des acteurs en charge d’une façon ou d’une autre de l’organisation de ce scrutin. Membres du gouvernement ou  chefs de partis ont ainsi indiqué à diverses occasions que la réussite de cette élection sera aussi mesurée à l’aune du taux de participation qu’elle enregistrera. En appelant jeudi soir la classe politique, les syndicats et la société civile à œuvrer ensemble pour mobiliser les électeurs et les électrices en prévision des élections législatives prévues le 10 mai prochain, le Président de la République, s’il a pleinement responsabilisé l’administration dans la réussite de cette opération, sans omettre de l’instruire quant  aux mesures à prendre de façon à rassurer sur sa stricte neutralité, n’oublie pas pour autant  d’impliquer les autres acteurs en leur rappelant le rôle qu’ils sont tenus d’assumer  dans le cadre de la mobilisation des électeurs. Et si syndicats et organisations de la société civile sont également interpellés par le Chef de l’Etat, il n’en reste pas moins vrai que M. Bouteflika fait endosser la plus grande part de responsabilité aux partis politiques qui seront, a-t-il déclaré, «incontournables lorsqu'il s'agit de la crédibilité, de l'efficience et du respect total des règles régissant les prochaines élections législatives». En effet, le Président de la République sait que la démobilisation dont font montre les Algériens  dès qu’il s’agit d’élections législatives est, en partie, à imputer aux partis qui n’ont pas su être à la hauteur des attentes des citoyens. Comment peut-il en être autrement lorsque certains partis se présentent aux élections législatives sans avoir le moindre programme ou encore avec des candidats qui ne répondent pas aux critères que devrait remplir tout candidat à un poste de députation ? Une réalité que le Chef de l’Etat ne veut plus voir se reproduire. C’est pourquoi, dans son discours de jeudi, il s’est adressé aux partis en leur disant ce qui est attendu d’eux en pareilles circonstances. Le rôle des partis, indique le Chef de l’Etat, "consistera à mettre au point des programmes viables et sérieux à même de répondre concrètement aux préoccupations des citoyens, à trier et désigner des candidats et candidates capables d'assumer pleinement le mandat parlementaire et à ouvrir largement la voie aux femmes et aux jeunes qualifiés de manière à enrichir la composante humaine de nos institutions constitutionnelles de femmes et de jeunes compétents». Et ce d’autant que les candidats choisis pour pourvoir les 462 sièges de l’APN sont ceux-là mêmes à qui échoira la responsabilité de «décider du destin du pays d’exercer le pouvoir au nom du peuple». C’est dire aussi que l’électorat, appelé à se rendre massivement aux urnes, doit aussi avoir conscience de la lourde responsabilité qu’il est appelé à assumer le 10 mai prochain. "La démocratie que nous ambitionnons de construire passe par la libre  participation citoyenne à la vie politique pluraliste, par le biais du concours à l'activité partisane, de la pratique de la liberté d'expression, du recours  au verdict des urnes et la préservation des principes sacrés du peuple et des  constantes de son identité de toute surenchère ou spéculation", a déclaré le Chef de l'Etat. Un engagement auquel les Algériens adhèrent pleinement.
    Nadia Kerraz


Partis politiques
L’exigence de programmes et de candidats crédibles


Les partis politiques ont aussi une responsabilité dans la réussite des prochaines élections et du point de vue de l’éthique politique on est en droit de s’attendre des acteurs qu’ils se montrent à la hauteur en présentant des programmes et des candidats de qualité. Un point sur lequel a mis l’accent le président de la république dans son discours à la nation jeudi soir. S’il est important que les électeurs soient convaincus d’aller exercer leur droit de vote dès lors que toutes les conditions garantissant la transparence et la régularité du scrutin sont réunies cela ne saurait suffire pour placer le pays dans un climat de saine démocratie. La confiance des citoyens vis-à-vis de la chose politique est quelque chose d’essentiel si on veut que les vertus de la démocratie se fassent sentir dans le réel. Une question qui interpelle directement les partis politiques et leurs candidats dont la vocation est d’aller à la conquête du pouvoir, d’exercer les responsabilités de gérer les affaires de la nation dans le sens de la défense des intérêts du pays et du bien être des citoyens. Le Chef de l’Etat a tenu à faire remarquer dans son message que l’enjeu des élections ne consiste pas à s’engager dans une course pour occuper des sièges mais que la compétition entre les différents acteurs permette de faire émerger les meilleurs programmes et une élite digne de représenter le peuple. La campagne électorale est un moment où les formations politiques et leurs candidats iront à la rencontre des électeurs pour présenter leur projet,  un exercice qui nécessite la mobilisation d’importants moyens (humains, financiers, matériels )comme cela se fait dans toutes les démocraties .La capacité à convaincre des acteurs ,à démontrer leur aptitude à être dignes de la confiance de leurs mandants est en jeu dans ce contexte. La qualité des programmes des partis, et le profil des candidats du point de vue des compétences, de la moralité, des motivations qui les animent en venant exercer  les responsabilités, autant de questions auxquelles les acteurs en présence se doivent d’apporter des réponses convaincantes. Les positions adoptées face aux événements, et les pratiques au sein des institutions en tant que majorité ou opposition, de même que la démocratie dans le fonctionnement des partis (critères de sélection des candidats etc. .) permettent aux électeurs d’avoir une appréciation. Réconcilier le citoyen avec la politique de sorte qu’il y ait une participation massive aux élections nécessite de convaincre que les attentes et préoccupations des citoyens ont de sérieuses chances d’être prises en charge.Ledéfi pour tous n’est il pas   d’améliorer le sort du pays et des citoyens ?
M. Brahim

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