mercredi 13 novembre 2019 01:48:28

Mali : Doucement mais sûrement

Entretien, Alain Giresse : "Rien à perdre et tout à gagner"

PUBLIE LE : 08-02-2012 | 0:00
D.R

"On connaît très bien nos fables de La Fontaine : “Rien ne sert de courir, il faut partir à point”", affirme Alain Giresse, le sélectionneur du Mali, qui a atteint le dernier carré de la CAN-2012, défiant tous les pronostics. Aujoud’hui, en demi-finale, il faudra encore déjouer les probabilités face au grand favori du tournoi, la Côte d'Ivoire, le rival historique du Mali (21 matches, 14 victoires pour la Côte d'Ivoire, 6 nuls et une seule victoire du   Mali).  Là encore, la Côte d'Ivoire, avec Didier Drogba, Gervinho et autres,  fait   figure de lièvre devant une tortue...   "En football, le passé ne compte pas", assure la vedette Seydou Keita, qui rappelle que les éliminatoires aussi ont été laborieuses, et que le Mali est allé à la CAN dans la peau, au mieux, d'outsider. "Après le tirage (des   groupes) tout le monde nous donnait éliminés, derrière même le Botswana...". "On n'était pas favori (contre le Gabon), mais on est là", souligne Alain Giresse.  
S'il est vrai que le Mali n'a pas encore signé une performance éclatante   pendant cette CAN, il a toutefois montré à la fois caractère et réalisme, deux qualités indispensables dans les grandes compétitions.
Le Mali a battu la Guinée (1-0) contre le cours du jeu en ouverture, a enchaîné avec une défaite (2-0) contre le Ghana, autre demi-finaliste, puis s'est qualifié grâce à une victoire au forceps contre le Botswana (2-1) après   avoir été mené au score. En quarts, contre le Gabon, il a été dominé pendant près d'une heure avant de se réveiller après avoir encaissé le but d'Eric Mouloungui. A partir du moment où on sait bien gérer notre match, tout va bien", explique Alain Giresse.
"Le groupe a un bon état d'esprit, a une belle force mentale et on le retrouve dans les moments comme ça (mené au score par le Gabon tel le Botswana).
On est assez fort mentalement pour ne pas accuser le coup à cause de situations dans un match", explique Gigi. Cédric Kanté, capitaine, est sur la même longueur d'onde : "On a beaucoup   de jeunes, mais l'état d'esprit est excellent dans le groupe.
C'est sur cet état d'esprit qu'il faut s'appuyer". Giresse a aussi su transformer certains faits de match en attitude positive. Ainsi, alors que la presse demandait systématiquement si le Mali n'allait pas subir la pression des 40.000 spectateurs acquis à la cause du Gabon, l'ancien vainqueur de l'Euro-1984 avec la France n'a lui cessé de   marteler : "C'est le propre de grandes compétitions, de jouer dans des stades pleins avec de l'ambiance." S'il n'a pas le palmarès de José Mourinho, "Gigi" est écouté par ses joueurs en raison de son passé de footballeur d'exception qui a tout connu. "Il apporte son expérience, celui d'un ancien grand joueur. Forcément, cela porte", souligne Kanté.
On n'est pas Barcelone ni le Brésil, mais on est en demi-finale et on va jouer avec nos atouts. La pression c'est pour eux (Côte   d'Ivoire). On n'a pas la pression, on n'a rien à perdre", ajoute Seydou Keita, pour qui il n'est pas question d'être la “grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf”.   

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Alain Giresse  :  "Rien à perdre et tout à gagner"
Le sélectionneur du Mali  Alain Giresse a qualifié lundi de "formidable challenge" la demi-finale de la CAN-2012 contre le grand favori ivoirien, mercredi à Libreville, expliquant que son équipe   n'avait "plus rien à perdre et tout à gagner" lors de ce match.          

Dans quel état d'esprit êtes-vous avant d'affronter la Côte d'Ivoire en demi-finales ?      
 "Il y a une seule chose que je ressens, c'est que c'est une demi-finale et que c'est une grande équipe. Il faut considérer ce match comme un formidable rendez-vous, un formidable challenge. On ne pensait pas qu'on pourrait arriver jusque-là. On y est, tant mieux."          

L'abordez-vous de façon plus libérée ?     
"Quand on est en quarts, on veut pousser encore loin la performance.   C'était la cerise sur le gâteau et l'appétit vient en mangeant.
Là, on est déjà dans le dernier carré et face à la Côte d'Ivoire on n'a plus rien à perdre et tout à gagner.
Il y aura une grande motivation, mais elle ne puisera pas ses sources aux mêmes endroits que pour le quart de finale."          

Votre contrat est-il déjà rempli ?     
"Le contrat était rempli à partir du moment où on était qualifié. Mais   on ne se limite pas à ce qu'il y a d'écrit dans un contrat. Je n'ai pas envie de m'arrêter à ça sinon je ne serai pas dans ma logique qui est d'avoir de l'ambition pour l'équipe."          

 Quelle sera la clé contre les stars ivoiriennes et comment les contrer ?    
"Avant toute chose, ce qui est important pour nous c'est la récupération.
On a joué un jour plus tard, 30 minutes de plus avec la tension   nerveuse des penalties. Après, face au talent, il n'y a pas beaucoup de remède. Malgré cela, il faudra mettre en place un dispositif collectif, une organisation pour faire face et éviter les désagréments de cette équipe."          

Il y aura un plan particulier ou votre idée est de jouer votre jeu ?     
"Il faudra quand même avoir un œil sur l'équipe adverse. On ne peut pas se détourner de cette équipe et ne pas en tenir compte. On ne peut pas   dénaturer notre jeu mais en même temps, il faut quand même savoir contrer leurs possibilités et contrarier leurs qualités."           

Avec 8 buts marqués et aucun encaissé, la Côte d'Ivoire semble être un très gros morceau...       
 "C'est un gros favori et ça parle. Dans cette coupe, certains se sont   cassés les dents, pas eux. Ils sont là et ils sont sûrs de leurs forces, de   leurs qualités, et c'est une belle équipe.
C'est une demi-finale qui fait rêver, et si on va en finale, on sera dans les nuages."           
 

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