La réalisatrice Souheila Battou. Ph. : Billal
C’est pour le moins une idée originale que celle de la réalisatrice Souheila Battou qui signe avec «Bonjour le Caire», son premier documentaire tourné essentiellement au cœur des grandes villes qui ont connu le déclenchement de la révolution égyptienne, telles que El Maâdi, Masser el Jadida, El Mouhandissine, El Zamalek… et bien d’autres.
Ce film traite durant 52 minutes les événements de la révolution égyptienne du 25 janvier 2011. Souheila Battou s’est placée au centre de ces événements qui lui ont bien fait rappeler les événements du 5 octobre en Algérie. «Je fais partie de la génération qui a connu et vécu les événements du 5 octobre 1988 en Algérie, où j’ai perdu des amis proches ainsi que des membres de la famille. J’avais l’impression que j’ai raté quelque chose à ce moment-là, alors je ne voulais pas rater encore une fois de tels événements. Je me disais qu’il y a une chose à comprendre, donc je suis partie en Tunisie où j’ai contacté mon amie Farida Aït Kassi pour m’aider dans le tournage, et j’ai commencé à le faire en Tunisie. Entre temps, j’ai suivi les événements qui débutaient au Caire. J’ai vu une image sur facebook d’un jeune qui défiait un camion milliaire. La photo m’a vraiment marquée et j’ai compris que ce soulèvement populaire allait se poursuivre. J’ai contacté mon producteur et je lui ai dit qu’il fallait que je me déplace en Egypte. Je suis arrivée au Caire le 27 janvier. J’ai passé toute une journée à tourner, je passais d’une région à une autre. J’étais sous le choc avec les scènes des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre, les premiers martyrs de la révolution et les blessés. Tous étaient pour le changement du système et le départ de Moubarek.»
Lors du débat, la réalisatrice a insisté pour souligner à l’assistance que son regard était plutôt humanitaire.
«J’ai essayé de partager avec eux ces moments où ils ont décidé de surmonter leur peur. Je n’ai pas suivi les événements d’un regard politique, mais plus tôt humanitaire, vu ma relation avec cette ville et son peuple. J’ai vécu pendant quatre ans en Egypte où je me suis sentie chez moi. L’Egypte a soutenu et aidé la cause algérienne dans sa lutte pour la libération. Je crois que c’est le moindre qu’on puisse faire pour ce pays que de témoigner des événements politiques qui le secouent.»
«Bonjour le Caire» retrace une journée des événements du Caire qui rentre dans le cadre du printemps arabe. Il montre les affrontements qui ont eu lieu dans différentes places, tandis que le pouvoir se livrait à une véritable chasse aux citoyens. Il traduisait la colère, la résistance et la décision d’une dizaine de milliers de manifestants pour le départ de Moubarek et le changement du système. C’est un film des événements en Égypte, théâtre d'une contestation et de manifestations sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak.
Kafia Aït Allouache
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