D.R
Les plus chanceux d’entre nous ont dû connaître ce qu’on appelle communément un médecin de famille. Cette figure chargée de symboles, de souvenirs d’enfance et d’émotions intenses qui nous a vu naître et connaît le moindre de nos maux, n’hésitant pas à se déplacer chez nous pour le moindre petit bobo...
Ces médecins, qui soignent tous les membres de la famille du grand-père au tout dernier, qui savent soigner mais aussi écouter et avec lesquels les confidences se font facilement. «Les spécialistes n’ont que des contacts ponctuels avec le patient, il n y a que dans la médecine de famille que l’on peut accompagner quelqu’un pendant 10 ou 20 ans», nous dira ce médecin généraliste qui excerce depuis plus de 34 ans. En effet, le plus souvent, le médecin généraliste voit toujours les mêmes malades, ce qui permet de suivre rigoureusement leur état de santé. Il doit avoir le sens du contact humain, être à l’écoute de ses patients et être attentif à leurs problèmes de santé. Aujourd’hui ces médecins de famille sont devenus rares, convoités et très souvent introuvables.
De moins en moins de jeunes médecins aspirent à une carrière de médecin de famille. « Être médecin de famille, ou généraliste, a perdu de son lustre. C’est un métier dévalorisé qui n’attire plus», nous dira cette jeune médecin, son diplôme fraîchement décroché. Pourtant, le nouveau système de santé tel que voulu par les décideurs, repose essentiellement sur le médecin de famille ou le généraliste qui sera conventionné avec la sécurité sociale.
Ce dispositif de conventionnement du médecin traitant permet notamment une meilleure organisation du recours du système d’offre de soins, une amélioration du suivi médical des assurés sociaux et de leurs ayants droit, ainsi que le développement d’un partenariat médecins-sécurité sociale pour la promotion de la qualité des soins et de la prévention de la rationalisation des dépenses de santé. L’assuré social pourra choisir un mé- decin généraliste conventionné comme médecin traitant de famille. Pour ce qui est de la carte Chifa, elle est mise gratuitement à la disposition du médecin conventionné, une clé de professionnel de la santé et un logiciel d’exploitation (ChifaMed). Le médecin conventionné qui reçoit une formation gratuite de la Sécurité social pour l’utilisation de ce logiciel, bénéficie aussi de la maintenance gratuite assurée par la CNAS des instruments permettant l’utilisation du système Chifa. Ces mesures entrent dans le cadre de la poursuite du programme de développement du système de sécurité sociale dont l’un des axes majeurs est l’amélioration continue de la qualité des prestations des organismes de sécurité sociale et l’élargissement du système du tiers payant.
«Je crois personnellement que la seule façon d'augmenter rapidement l'offre de service dans le domaine de la médecine familliale est de permettre la pratique mixte. Ainsi le médecin pourra à la fois travailler en cabinet privé avec des conditions plus intéressantes et poursuire la pratique en milieu hospitalier. On réussira de cette manière à redorer le blason de cette médecine en perte rapide de vitesse», estime un médecin installé à son propre compte après avoir excercé durant des années dans les hopitaux.
Farida LARBI
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