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«Cinquantenaire du 17 octobre 1961 à Paris », Essai de Mohammed Ghafir dit Moh Clichy : Un ultime devoir de mémoire

Raviver le souvenir des sacrifices de ceux qui ont donné leur vie au service d’une cause juste tel est l’enseignement utile pour les générations à venir qui manquent cruellement de repères historiques concernant la guerre de Libération nationale même s’il faut convenir que pour ces dernières années, il existe un certain regain d’intérêt pour la question.

PUBLIE LE : 31-01-2012 | 0:00
D.R

Raviver le souvenir des sacrifices de ceux qui ont donné leur vie au service d’une cause juste tel est l’enseignement utile pour les générations à venir qui manquent cruellement de repères historiques concernant la guerre de Libération nationale même s’il faut convenir que pour ces dernières années, il existe un certain regain d’intérêt pour la question.

C’est dans cette otique qu’un acteur qui fut un des organisateurs des manifestations sévèrement réprimées le 17 Octobre 1961, fait sortir dans une véritable bataille contre l’oubli, un ouvrage sous la forme d’un essai qui intervient en commémoration exceptionnelle du cinquantenaire de ces événements.
Le livre, qui se veut un hommage à tous les martyrs jetés et outrageusement noyés dans la Seine, froidement fusillés dans la cour même de la préfecture de la Seine ainsi que devant les arrêts de bus de plusieurs localités parisiennes, pendus dans le bois de Boulogne, brûlés vifs dans un terrain vague à Saint Denis, largués en mer Méditerranée lors de leur transfert en Algérie ou encore torturés à mort et ensevelis dans un charnier découvert à Créteil, est un témoignage, fort exhaustif, qui cumule près de 400 pages et est accompagné d’un ensemble de textes de tous les documents, discours, communiqués, citations, annonces officielles qui rendent compte de l’amère vérité des massacres perpétrés par le préfet de Paris, Maurice Papon, et de ses auxiliaires de police sur une foule de manifestants algériens pacifiques pour la plupart des femmes et des enfants froidement et sauvagement assassinés alors que la guerre d’Algérie était aux portes de la victoire et de la libération du joug colonial.  
Cette évocation pleine de dévotion et respectueuse de la mémoire de toutes ces victimes algériennes est parue sous la forme d’un ouvrage édité en 2011 aux éditions Encyclopédia et comportant des préfaces des professeur Jean Luc Einaudi et Boualem Aidoun. Ces deux personnes reviennent sur les circonstances de leur rencontre avec l’auteur dont la notoriété avantageuse et l’itinéraire du combat furent l’occasion d’une reconnaissance et un geste symbolique en faveur de la véritable amitié franco-algérienne qui se doit de rétablir l’histoire puisqu’il faudra rappeler que le 17 octobre 2007, Mohammed Ghafir dit Moh Clichy, fut décoré en présence des autorités consulaires algérienne par le maire Gilles Catoire de la médaille d’or du citoyen de la ville de Clichy.
Après un bref historique sur l’émigration et la Guerre d’Algérie où l’auteur revient sur la succession d’événements enregistrés depuis le retour du général de Gaulle au pouvoir, en juin 1958, sur le procès du réseau Jeanson et des réactions des intellectuels français à l’instar de la déclaration de Jean-Paul Sartre, l’auteur évoque la chronologie des événements de 1961 qu’il qualifie de crime contre l’humanité et s’approfondie sur le martyr de Fatima Bedar, une martyre de 15 ans, qui faisait partie des manifestant et que l’on a retrouvée noyée dans le canal de Saint-Denis en déclarant qu’elle s’était suicidée.
Le corps de la jeune fille a été exhumé de France pour être rapatrié et enterré au cimetière de Tichy, Bejaia, le 17 octobre 2006. L’ouvrage compte, également, des photographies de la cérémonie officielle ainsi que des coupures de presse. L’auteur qui fait œuvre d’écriture de l’histoire d’un pan important de la lutte de libération nationale avec ce que cela suppose comme impératifs revient dans cet essai sur le procès de M. Papon et l’actuelle proposition de loi formulée par le Sénat français tendant à la reconnaissance de la répression de la manifestation du 17 Octobre 1961. L’ouvrage qui se lit comme un droit d’évocation et de souvenance a été rédigé pour agrandir la chaîne d’information sur l’histoire de la Guerre d’Algérie : «De tout cela, il est, pour moi, d’une nécessité impérieuse de revoir les innombrables écrits et archives personnelles, de lire et de relire une masse importante de documentations diverses, parfois hétéroclites, de les ordonner méthodiquement, de confronter les idées déjà émises, les arguments avancés et dégager, enfin, de cet immense amas d’informations épurées, un simple, modeste et surtout honnête ouvrage qui constitue pour moi l’aboutissement d’un rêve de toute une vie», écrit l’auteur dans son prélude explicatif.
Il faut sans doute rappeler à l’attention des lecteurs que celui que beaucoup connaissent sous le sobriquet de Moh Clichy est né le 19 janvier 1934 à Guenzet dans la wilaya de Sétif où il a fait très tôt son apprentissage politique en découvrant le mouvement Scouts musulmans. Après l’obtention de son certificat d’études primaires, il s’installe à Alger et sera arrêté à 21 ans à Belcourt comme insoumis au service militaire et incorporé à la caserne de Bizot de Blida d’où il s’évade en 1955 pour rejoindre Paris. Là-bas, il intègre le FLN, puis est arrêté par la DST en 1958. Il est alors condamné à 3 ans de prison. Chef de la super zone de la wilaya 1 (Paris Sud), il est l’un des organisateur de la manifestation du 17 Octobre 1961. Retraité depuis 1988, il active aujourd’hui avec beaucoup d’énergie dans la Fondation «Slimane Amirat», dans celle du 8 Mai 1945 ainsi que dans l’association des Ith Yaala.
    Lynda Graba
 

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